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Nationale

19 Mars 1962 : Les accords d’Evian et «le paradis algérien»

19 Mars 1962 : Les accords d’Evian et «le paradis algérien»

Fin d’un long processus politico-militaire, les accords d’Evian constituent l’étincelle « officielle » qui va marquer le début de l’histoire de l’Algérie indépendante. Une Algérie censée sortir du joug colonial d’un Etat qui 132 ans durant a usé de tous les moyens dans le seul but de se maintenir en haut de l’échelle des puissances mondiales.

Mais, usée par la résistance décidée plus que jamais, après sept longues années de révoltes, à l’affaiblir à l’intérieur des territoires occupés et même en métropole, la France critiquée aussi par les Nations unies, allait finir par faire des concessions non sans contre partie.

Parmi les points essentiels sur lesquels la partie algérienne devait faire des concessions figurait en premier le statut de la minorité européenne, essentiellement des pieds noirs dont beaucoup défendaient bec et ongle le statut d’une Algérie française. L’avenir du large territoire du Sahara avec tout ce qu’il y avait comme richesses « exploitables ».

Et, enfin, le maintien du programme étalé sur cinq ans des essais nucléaires terrestres notamment au nombre de 13 et ce au moins jusqu’à 1966, ce qui allait permettre à la France de jouir du statut de puissance nucléaire. Ceci en sus du maintien du contrôle de bases militaires à l’image de Mers El-Kébir à l’ouest du pays, un port à la portée stratégique pour toute la Méditerranée.

En l’absence d’un réel débat autour de certaines questions liées à l’histoire du mouvement émancipateur algérien, d’aucuns s’interrogent sur les sorties médiatiques notamment de personnalités politiques aux velléités inavouées ou encore d’acteurs ayant survécu aux événements. Un débat que devraient susciter des historiens, au seul service de la nation et non aux commandes de faiseurs de décision au nord comme au sud de la Méditerranée.

La récente sortie de l’ancien ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia en sa qualité de président de l’Association nationale des anciens du ministère de l’Armement et des liaisons générales (MALG) remet justement sur le tapis le sujet. Ould Kablia a pris la défense de feu Krim Belkacem accusé par certaines parties d’avoir accordé des concessions secrètes lors des discussions, le 18 mars 1962 dans la ville d’Evian, qui allait déboucher sur les accords du même nom.

Bien que Rédha Malek un des 22 acteurs présents dans la ville française, et non moins porte-parole de la délégation algérienne avait moult fois réitéré qu’aucun point n’a été conclu avec l’ex-colonisateur hormis ceux publiés sur les pages d’El Moudjahid du 19 mars 1962.

Il faut toutefois reconnaître que les accords restent d’actualité dans la mesure où l’on tente de part et d’autre leur évocation dans le but d’alimenter des discours politiciens ou de remettre au gout du jour -l’occasion s’y prête- des tiraillements politiques.

Si du côté algérien, des « révélations » épisodiques accusant les acteurs de ce pan de l’histoire postindépendance d’avoir obtenu non sans concessions le droit d’autodétermination laissent sceptique en l’absence d’une écriture fondée de l’histoire, de l’autre côté l’on tente de raviver les « blessures » toujours béantes d’une communauté qui a préféré suivre le bourreau.

Qualifiée de date de la honte par le FN, le 19 mars en France fait toujours mal. Et, ce n’est certainement pas Robert Menard, le maire FN de la ville de Beziers qui mal inspiré dira le contraire. Ménard a osé « déclamer » en rebaptisant en début de semaine une rue portant la date du 19 mars 1961 au nom d’un des criminel de la guerre contre le peuple algérien, le commandant Hélie-de-Saint-Marc, que « l’Algérie est notre paradis ». Un concept encore d’actualité…
 

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