181 ans après le massacre : Mostaganem honore les martyrs de la Dahra
La wilaya de Mostaganem a commémoré le 181e anniversaire de l’asphyxie de la tribu des Ouled Riah dans la grotte d’El Frachih par les troupes coloniales françaises. Entre recueillement et devoir de transmission, cette journée a été marquée par l’inauguration d’une école coranique et le lancement de projets d’aménagement pour faire de ce site historique un haut lieu de la mémoire nationale.
Les 18 et 19 juin 1845, fuyant les assassinats de l’armée coloniale française, des centaines de civils innocents de la tribu des Ouled Riah s’étaient réfugiés dans la grotte d’El Frachih, où ils périrent asphyxiés dans les enfumades des soldats du génocidaire Maréchal Pélissier.
Empreinte d’une profonde solennité, la cérémonie de recueillement s’est déroulée en présence des autorités locales, de la famille révolutionnaire et de représentants de la société civile. L’événement a débuté par la levée du drapeau national et la récitation de la Fatiha, avant que le wali de Mostaganem ne dépose une gerbe de fleurs au pied du monument, en hommage aux martyrs.
Un investissement pour l’histoire et le savoir
Au-delà du protocole, cette journée a été marquée par des actions concrètes visant à revitaliser ce haut lieu de mémoire. Les autorités ont ainsi inauguré une école coranique érigée sur le site même du drame. Conçue comme un espace de savoir et de spiritualité, cette structure a nécessité une enveloppe budgétaire de 6,5 milliards de centimes pour sa construction et son équipement. Sa mission : transmettre les valeurs religieuses et nationales aux générations futures.
Afin de transformer la grotte d’El Frachih en un véritable pôle d’attraction historique et culturel, le chef de l’exécutif de la wilaya a ordonné le lancement immédiat d’une étude technique. Celle-ci prévoit la réalisation d’infrastructures d’accueil complémentaires, notamment un restaurant, des logements de fonction, une structure d’hébergement pour les visiteurs ainsi que des locaux commerciaux.
Le premier responsable de la wilaya a insisté sur l’urgence de donner un nouveau souffle à cette zone historique. Il a appelé à la relance de programmes d’activités régulières — culturelles, religieuses et pédagogiques — pour sortir le site de l’isolement.
L’objectif affiché est clair : faire d’El Frachih un espace vivant capable de sensibiliser la jeunesse à la réalité des crimes coloniaux, tout en ancrant la culture de la fidélité envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour la liberté de l’Algérie.