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Nationale

17 octobre 1961 : Une horreur que les Algériens ont vécue dans leur chair

17 octobre 1961 : Une horreur que les Algériens ont vécue dans leur chair

Le moudjahid et chercheur en histoire sur le mouvement national algérien et la guerre de libération nationale, Ahmed Arrad, a apporté, encore une fois, un éclairage très important sur cette funeste journée du mardi 17 octobre 1961 à Paris. Tout le monde sait que des milliers d’Algériennes et d’Algériens ont vécu dans leur chair et dans leur âme l’horreur.

En effet, en ce début de soirée automnale et sous la bruine, des centaines de milliers d’Algériens, sur instruction de la Fédération FLN de France, basée en Allemagne, sont sortis dans les grandes artères de Paris pour dire non au respect du couvre-feu ordonné par Maurice Papon, préfet de police.

La réponse fut sanglante. Des centaines d’hommes furent jetés dans la Seine. Des centaines d’autres furent massacrés à coups de fusils et autres outils meurtriers. Les passages à tabac et l’internement dans des camps dressés à cet effet furent impossibles à dénombrer avec exactitude.

Dans sa conférence, animée avant-hier à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, Ahmed Arrad est revenu sur ces faits événementiels, tout en apportant des données chiffrées. Il a également apporté des éclaircissements quant aux raisons de cette tragédie. « Le budget du GPRA, a-t-il dit, était alimenté par la communauté émigrée à raison de 80%. Cette ressource financière provenait surtout des cotisations.

Maurice Papon, exécutant des ordres venus d’en haut, était chargé d’anéantir les forces du FLN en France, principales responsables du financement de leur gouvernement, c’est-à-dire le GPRA. Le préfet de police de Paris, qui savait que les travailleurs algériens se rendaient aux réunions du FLN après leurs horaires de travail et se regroupaient surtout dans des cafés, a décidé alors de leur interdire de sortir de 20h30 à 5h30. Les cafés et débits de boissons exploités par des Algériens devaient être fermés à 19 heures.

Selon ce schéma, pas de rencontres entre les gens du FLN et pas moyen non plus de faire de quête d’argent. Les responsables du FLN, sentant l’éminence du danger que faisait peser les mesures de Maurice Papon sur la Révolution, ont décidé de réagir.

La réaction du FLN devait être en même temps urgente et porteuse de fruits. Ce fut alors l’organisation d’une grandiose marche pacifique à Paris pour dénoncer « officiellement « l’iniquité de la mesure prise par Maurice Papon.

Le rendez-vous fut donné pour cette journée du mardi 17 octobre 1961. La marée humaine qui a déferlé sur les grandes places et les avenues de Paris suscita une grande panique chez les autorités, lesquelles ont décrété le couvre-feu, d’où l’extrême violence de leur réaction.

Bon nombre de policiers trouvèrent là une belle occasion de réprimer les Algériens. Il y eut aussi des policiers qui voulurent agir dans le strict respect des lois de la République régissant leurs fonctions.

D’ailleurs, ce sont des policiers qui ont alerté la presse sur les crimes commis à grande échelle contre les Algériens. Lors des débats, dont la teneur a été sublime, le conférencier a été saisi quant à ses soupçons concernant les véritables commanditaires de ces massacres. Ahmed Arrad a répondu alors : « Bien entendu, Maurice Papon n’était qu’un simple exécutant.

Ce qui est certain, c’est que l’Etat français était responsable de cette tragédie. « Le conférencier a lancé un appel aux historiens algériens pour mener davantage de recherches sur les événements du 17 octobre 1961, car « beaucoup de choses demeurent encore cachées. « Notons enfin qu’une riche exposition sur ces événements et sur la guerre d’Algérie a été abritée par les espaces de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri.

Ce sont ses propres documents d’archives qui étaient exposés au public. Les curiosités intellectuelles ont pu ainsi découvrir tous les écrits établis lors du Congrès de la Soummam, dont l’adoption et l’uniformisation des grades concernant les éléments de l’ALN ainsi que les dix recommandations adressées aux hauts responsables de l’ALN quant à la façon de mener cette guerre.

La note, comportant les dix recommandations, évoquait la discipline dans les rangs de l’ALN. Le 10e article de la même note précisait que l’ALN devait agir en conformité avec les principes de l’islam et les lois internationales. Il y a eu aussi des articles de presse rédigés par Abane Ramdane, Krim Belkacem, Lakhdar Bentobal, Larbi Ben M’hidi et tant d’autres hauts responsables du FLN parus dans El Moudjahid dans ses éditions n° 1, 2 et 3.

Dans un autre espace, ce sont les coupures de journaux portant sur les faits ayant marqué la guerre, aussi bien en Algérie que sur le sol de la France, qui étaient exposées.

A vrai dire, il faudrait plusieurs heures pour lire toute la documentation ayant fait l’objet de l’exposition. Des photos montrant la laideur des bidonvilles de Nanterre (France), lieu de vie des travailleurs algériens, ont également été exposées.

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