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Nationale

16e marche des étudiants : Une mobilisation intacte

16e marche des étudiants : Une mobilisation intacte

C’est toujours la même mobilisation et la même détermination. Les étudiants ont répondu présent au mot d’ordre devenu une tradition. Ils ont manifesté hier pour le 16e mardi consécutif, préservant le même état d’esprit à Alger et dans plusieurs wilayas du pays. Une mobilisation intacte et une détermination inégalée en vue de revendiquer pour la énième fois le départ du système et exprimer leur refus de tout dialogue avec les symboles du pouvoir en place.

Hier, des milliers d’étudiants se sont donné rendez-vous, cette fois à la Place des Martyrs pour entamer leur marche hebdomadaire, brandissant leurs écriteaux et banderoles. A défaut de pouvoir passer par le boulevard Che- Guevara pour aller à l’Assemblée populaire nationale à Zighout-Youcef, ou encore par la rue Abane-Ramdane, les marcheurs ont emprunté la rue Larbi-Ben M’hidi pour rejoindre Alger-Centre. Comme il est d’usage, la communauté universitaire n’a pas manqué d’exprimer son point de vue sur les dernières évolutions du discours politique. Les foules scandaient à gorge déployée : « makanche intikhabet ya el3issabet », (pas d’élection avec la bande mafieuse), « makanche hiwar me3a serakine » (pas de dialogue avec les voleurs), ou encore « Ya hna ya ntouma, maranach habssine » (Soit nous, soit vous, nous n’allons pas nous arrêter).

Sur l’offre faite récemment par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, Mustapha, étudiant en droit, nous a indiqué qu’il est impossible de rentrer dans un dialogue avec les personnes issues du régime contesté. « Ils parlent de dialogue ! nous savons quel type de dialogue ils veulent. Nous refusons de nous mettre autour de la même table avec l’actuel gouvernement. » « À mon sens, il s’agit d’une tentative de reproduire le même système avec une nouvelle équipe, pour eux le sort du pays importe peu », regrette-t-il.

De son côté Isma, étudiante à Bab Ezzouar, reste résolue à poursuivre la contestation jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. « Ils ont essayé tous les moyens pour dissuader la corporation universitaire qui arrive, contre vents et marées, à maintenir la pression », nous dit-elle. « Maintenant, ils veulent à tout prix nous mener à des négociations. Nous refusons de négocier avec un pouvoir discrédité », dit-elle avec détermination. « Nous continuons sans relâche notre combat, car c’est notre avenir et celui des générations futures qui est en jeu », martèle-t-elle.

Sur les différentes pancartes arborées, certains étudiants affichent un penchant vers l’option du dialogue proposé jeudi dernier par Bensalah, mais, paraît-il, ils refusent d’être représentés par les organisations estudiantines classiques. D’autres ont préféré focaliser sur l’unité du mouvement populaire et sa volonté de construire une Algérie unie et forte.

Evoquant le rôle des magistrats sur leurs écriteaux, les étudiants les ont appelés à jouer convenablement leur rôle dans les dossiers de corruption et l’organisation des élections « ya koudat iftahou elmilafet, awkifou el3issabet, nadimou elntikhabet » (magistrats, ouvrez les dossiers, arrêtez les bandes mafieuses, organisez les élections)

Par ailleurs, les manifestants fidèles au rendez-vous du mardi ont veillé à préserver le caractère pacifique de leur marche. Effectivement, ils ont évité tout contact direct avec les forces de l’ordre public fortement présentes dans les grandes artères de la capitale. Somme toute, la disparité des slogans et des revendications est de plus en plus visible, notamment en ce qui concerne le modèle du régime politique à adopter et dont on peine à rédiger et définir les contours dans des plateformes bien claires. Tandis que la situation se complique davantage et les possibilités d’arriver à des solutions consensuelles s’amenuisent au fil du temps, l’impasse pointe le bout de son nez.

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