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Nationale

Sur les traces de saint Augustin : Léon XIV à la rencontre de l’histoire et de la foi

Sur les traces de saint Augustin : Léon XIV à la rencontre de l’histoire et de la foi
Le Pape puise ses armes spirituelles. 

Au deuxième jour de sa visite officielle en Algérie, le pape Léon XIV a été accueilli, ce mardi, avec les honneurs dus à son rang, à l’aéroport international Rabah-Bitat d’Annaba, dans une atmosphère empreinte de solennité et de ferveur populaire. Invité par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le souverain pontife a été reçu par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, entouré des autorités civiles et militaires de la wilaya.

Dès les premiers instants, le ton de cette étape annabi s’est voulu chaleureux et profondément symbolique. Dans le salon d’honneur de l’aéroport, des enfants de la ville ont réservé un accueil vibrant à l’hôte de l’Algérie, en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda. À travers les rues du centre-ville, l’ancienne Bône a, elle aussi, salué la venue du chef de l’Église catholique, venu fouler une terre chargée d’histoire et de spiritualité.

Au contact direct de la population, Léon XIV a multiplié les gestes de proximité, serrant des mains et échangeant quelques mots, dans une scène où se mêlent ferveur populaire et portée universelle. Une séquence forte, illustrant une rencontre assumée entre cultures, héritages et mémoires.

La visite s’est ensuite poursuivie vers le site archéologique d’Hippone, haut lieu de la chrétienté antique. Au cœur de cet espace chargé de mémoire, le pape s’est recueilli à la basilique de la paix, avant de déposer une gerbe de fleurs et de planter un rameau d’olivier issu de l’arbre de saint Augustin, geste hautement symbolique en faveur de la paix universelle. Sur place, il a suivi des explications détaillées sur l’histoire du site, tout en découvrant des expressions du patrimoine musical algérien, porteuses de messages de coexistence et d’harmonie.

Mais c’est sans doute sa visite à la maison d’accueil pour personnes âgées, gérée par les Petites Sœurs des Pauvres, qui a donné à cette journée sa dimension la plus humaine. Accueilli par un chaleureux « As-salamu alaykum », le souverain pontife a immédiatement inscrit son discours dans une proximité sincère avec les résidents et le personnel.

« En vous écoutant et en voyant votre présence ici, parmi les frères et sœurs âgés, il me vient spontanément de louer Dieu et de le remercier », a-t-il déclaré, saluant l’engagement des religieuses et des employés.

Touché par les témoignages, notamment celui d’un résident musulman, le pape a constaté de près une réalité concrète du vivre-ensemble. « Ici, chacun est libre de pratiquer sa religion […] cette différence ne nous sépare pas, elle nous aide à vivre ensemble dans le respect et la paix », a rapporté ce dernier, dans un propos que le souverain pontife a qualifié de « si beau et si réconfortant ».

Un message d’espérance face aux guerres et aux injustices

Dans une réflexion plus large, Léon XIV a livré une lecture spirituelle du monde contemporain en soulignant que « le Seigneur, depuis le Ciel, en voyant une maison comme celle-ci (…) peut se dire : alors, il y a de l’espérance ». Il a poursuivi en dénonçant « les guerres, les violences, les injustices et les mensonges », opposant à ces dérives « le cœur de Dieu (…) avec les petits et les humbles ».

Point d’orgue de cette étape dans l’antique Hippone, l’homélie prononcée à la basilique d’Annaba a ancré la visite dans une profondeur historique et doctrinale. Évoquant saint Augustin, évêque d’Hippone de 396 à 430, le pape a rappelé l’héritage intellectuel et spirituel de cette figure majeure du christianisme, déclarant avec beaucoup d’émotion : « C’est ici que saint Augustin a aimé son troupeau en cherchant la vérité avec passion ».

S’inscrivant dans cette filiation, Léon XIV a appelé à « témoigner dans la charité fraternelle », affirmant que « face à la misère et à l’oppression, les chrétiens ont pour critère fondamental la charité ». Il a également évoqué en filigrane la pensée augustinienne sur la guerre juste, qui, selon saint Augustin, « ne peut être envisagée que pour se défendre contre une agression ou protéger les innocents, avec pour seule finalité le rétablissement de la paix ».

En conclusion de cette journée intense en émotion, le souverain pontife a tenu à exprimer sa gratitude « à chacun pour l’accueil qui m’a été réservé ces jours-ci ». Il a adressé des remerciements particuliers aux autorités pour la prévenante hospitalité dont il a bénéficié et pour l’attention avec laquelle elles ont veillé au bon déroulement de sa visite en Algérie, ajoutant que « ce voyage est pour moi un don particulier de la providence de Dieu ». Il a résumé le sens profond de sa visite en une formule simple et universelle : « Dieu est amour. Il est le Père de tous les hommes et de toutes les femmes ».

Dans un monde qu’il décrit comme entraîner dans « une spirale négative » nourrie par « l’égoïsme », Léon XIV a appelé à un retour à l’essentiel : « Seulement en Lui le cœur humain trouve la paix ». Un message qui, au-delà des mots, trouve à Annaba un écho particulier, entre héritage augustinien, mémoire méditerranéenne et aspiration contemporaine au vivre-ensemble.



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