14e Festival arabe de théâtre à Bagdad: « Thawra » du Théâtre de Sidi Bel Abbès en lice
La pièce de théâtre « Thawra » (Révolution), produite par le Théâtre régional de Sidi Bel Abbès, est en compétition officielle au 14e Festival arabe de théâtre qui se déroulera du 10 au 18 janvier prochain à Bagdad, en Irak. Cette nouvelle création audacieuse, puise son inspiration dans les œuvres de Kateb Yacine (1937-1989), notamment « Cadavre encerclé » et « Les ancêtres redoublent de férocité ».
Sous la direction artistique de Abdelkader Djeriou et une mise en scène de Abdel Ilah Merbouh, « Thawra » s’inscrit dans une démarche de réinterprétation et d’actualisation des textes de Kateb Yacine par Youcef Milat et Hichem Bousehla. Cette tragédie épique s’annonce comme un témoignage poignant des réalités socio-politiques inhérentes à toute révolte contre l’oppression coloniale.
D’une durée de 65 minutes, « Thawra » explore les similitudes entre les différentes révolutions, mettant en lumière les tactiques récurrentes du colonialisme : déculturalisation, déshumanisation, et oppression des peuples colonisés. La pièce dépeint un tableau saisissant de la résilience des populations face à la terreur, la torture, et les représailles.
Le peuple, ainsi colonisé finira par se résoudre à la résilience, en s’organisant pour combattre les abjections et les injustices de l’occupant, non sans avoir à se défaire des contraintes internes qui parfois entravent les mécanismes de résistance et de lutte contre l’ennemi.
La mise en scène, sobre et efficace, utilise un grand portail en bronze comme unique élément scénographique, symbolisant l’histoire à travers différentes époques. Les comédiens, dont Souad Janati, Nawel Benaïssa, Abdel Ilah Merbouh, Aboubakar Esseddik Benaïssa, Ahmed Sehli, Ahmed Benkhal, Benabdellah Djellab, occupent avec maîtrise l’espace scénique, portant avec intensité la richesse du texte.
La scénographie, signée Youcef Abdi, symbolisant l’histoire, occupe tous les espaces de la scène dans des échanges ascendants et soutenus, les comédiens ont su porter la densité du texte. La chorégraphie élaborée par Riadh Beroual contribue à enrichir la dimension visuelle du spectacle, tandis que la bande son et la musique d’Abdelkader Sofi joue un rôle prépondérant dans la création d’atmosphères tragiques empreintes d’émotions fortes.
« Thawra » se veut ainsi une exploration profonde des mécanismes de résistance face à l’occupant, dévoilant les luttes internes et les sacrifices nécessaires pour atteindre la liberté. La pièce algérienne concourra aux côtés de 19 autres œuvres à la quatorzième édition du Festival de théâtre arabe, une manifestation annuelle organisée chaque année dans un pays arabe différent.
Ce festival, organisé par l’Institut arabe du théâtre, réunit des productions théâtrales de qualité venant de divers horizons arabes, offrant une plateforme d’échange culturel et artistique. Le Festival du théâtre arabe est une initiative de l’Institut du théâtre arabe créé en 2007 par Cheikh Sultan Ben Hamad, gouverneur de Sharjah, Emirats arabes unis.