Campagne nationale contre la poliomyélite : Le troisième round lancé le 25 février
Après le succès qu’ont connu les deux premières phases, Dr Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, a annoncé le lancement d’une nouvelle campagne nationale de vaccination supplémentaire contre la poliomyélite. Prévue du 25 au 31 janvier, cette étape vise à consolider l’immunité collective et protéger les générations futures contre un virus qui continue de menacer certaines régions du monde.
Fruit d’un déploiement de terrain sans précédent et d’une coordination intersectorielle, le deuxième passage a permis d’enregistrer une hausse significative du taux de vaccination. Pour Dr Djamel Fourar, intervenant lors d’une journée d’étude et d’évaluation, « l’heure est à la consolidation ». Après avoir salué les résultats encourageants des phases précédentes, le directeur de la prévention a exposé les défis de ce troisième round imminent, pilier de la stratégie nationale de santé publique.
Dr Fourar a estimé que l’Algérie, à travers l’organisation de ces campagnes, réaffirme sa détermination à éradiquer définitivement la poliomyélite. Il a souligné l’importance capitale de cette nouvelle phase. « Le ministère de la Santé veille à mettre à disposition tous les moyens nécessaires afin d’assurer le succès du Programme élargi de vaccination (PEV), en s’appuyant sur les données les plus récentes », a-t-il déclaré, rappelant l’objectif d’atteindre une couverture vaccinale optimale sur l’ensemble du territoire.
Pour le responsable, la réussite de cette mission repose sur une organisation millimétrée. Un plan rigoureux a été déployé dans toutes les wilayas du pays pour garantir un déroulement fluide, tant sur le plan logistique que sur celui de l’information. « Nous comptons fortement sur les médias pour relayer les messages de santé publique. Votre rôle est essentiel pour sensibiliser les citoyens dans un contexte mondial marqué par des risques sanitaires accrus », a-t-il lancé à l’adresse des journalistes.
Malgré la régression de la maladie à l’échelle mondiale, le virus circule toujours dans certaines zones géographiques, rendant le risque de réintroduction réel. Dr Faiza Mahiout, chef de service de médecine préventive et responsable du centre de vaccination à l’Institut Pasteur d’Algérie, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de ce troisième passage. Si la maladie a régressé mondialement, elle reste une menace tant que l’éradication n’est pas totale. La poliomyélite, virus hautement contagieux, peut entraîner des paralysies irréversibles, voire le décès.
« Cette vaccination supplémentaire a pour objectif de renforcer l’immunité individuelle de chaque enfant et de garantir une protection durable contre les formes graves », explique Dr Mahiout. Elle a également tenu à rassurer sur la sécurité du vaccin injectable utilisé en Algérie depuis 2015. « Il s’agit d’un vaccin inactivé, non vivant. Il ne peut en aucun cas provoquer la maladie. Son profil de sécurité est excellent et les effets secondaires restent extrêmement rares et légers », a-t-elle souligné.
Rappelant la dangerosité de la poliomyélite, Dr Mahiout a souligné que cette maladie virale, hautement contagieuse, s’attaque principalement aux enfants de moins de cinq ans. « La poliomyélite peut circuler silencieusement. Si la majorité des cas sont asymptomatiques, l’infection peut mener à une paralysie irréversible ou au décès en cas d’atteinte respiratoire », a-t-elle averti. En l’absence de traitement curatif, la vaccination reste l’unique arme pour prévenir le handicap.
Dr Mahiout a salué les « chiffres extraordinaires » obtenus lors des rounds précédents, avec un taux de couverture atteignant 95 % au premier passage et 96 % au second. Ce sont ainsi plus de 3,8 millions d’enfants qui ont été protégés grâce à une mobilisation sans précédent.
Ce succès n’est pas seulement celui du secteur de la santé. La conférencière a tenu à remercier l’implication des secteurs de l’Intérieur, des Affaires religieuses et des médias, tout en rendant un hommage particulier aux parents. « Nous avons vu une réelle prise de conscience des familles qui se sont déplacées en masse pour assurer l’avenir sanitaire de leurs enfants », a-t-elle précisé.
« Vacciner aujourd’hui, c’est protéger durablement les générations futures », a conclu Dr Mahiout, appelant à une mobilisation générale pour faire de cette semaine une étape définitive vers l’éradication totale de la maladie.