10 ans de guerre en Syrie: Echec d’une mise à mort programmée – Le Jeune Indépendant
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MENASahel

10 ans de guerre en Syrie: Echec d’une mise à mort programmée

10 ans de guerre en Syrie: Echec d’une mise à mort programmée
Une reconquête en dépit de l'isolement occidental

Il y a dix ans jour pour jour éclatait la plus féroce et la plus barbare des guerres du XXIème siècle, la guerre contre la Syrie. Les manifestations de Deraa, le 15 mars 2011, dans le sillage des révoltes qui ont embrasé la région arabe, faisant vaciller les régimes tunisien, égyptien, libyen, yéménite, allaient débouché sur la pire des guerres, celle d’une multinationale du crime contre l’Etat et la société de Syrie. Dix ans plus tard, que reste-t-il de ce pays martyr ? Une société déstructurée, mais résiliente, un Etat résistant et le projet obscurantiste de DAECH, créé et sponsorisé par des états-majors arabes et occidentaux, en voie de retour vers ses géniteurs.

Ce n’est pas un hasard si la Syrie et l’un des rares pays qui a su et pu, grâce à ses soutiens historiques et stratégiques (Iran et Russie essentiellement), résisté à l’attaque combinée de la multinationale du crime commis au nom de la religion pour régler son compte à un système politique laïc, moderne, panarabe et surtout anti-impérialiste. Les considérations géoéconomiques mises à part, l’expérience millénariste de DAECH, à grand renfort de pétrodollars et de conseillers très spéciaux des services américain, français, britannique, saoudien, émirati, qatari, pour ne citer que ceux-là, a démontré l’acharnement extrême de ces sponsors prêt à créer des monstres et d’effacer des Etats-nations (l’Irak et la Syrie).

Les chiffres sont éloquents pour dresser le tableau de l’œuvre de Sarkozy-Hollande, Cameron-May, Obama-Trump, Erdogan et autres Cheikh Hamad ou le roi Abdallah. Près de 400.000 morts, 12 millions de déplacés et 5.6 millions de réfugiés au Liban, en Jordanie, en Turquie et dans d’autres pays arabes et européens, s’est dire que la société syrienne est complétement anéantie pour ne pas dire détruite. Pire, actuellement, quelque 9,3 millions de Syriens se couche en ayant faim, tandis que plus de 2 millions supplémentaires risquent de connaître le même sort, selon des chiffres d’ONGONG Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales rendus public en juin 2020.

Sur le plan infrastructure, c’est un pays complétement en ruine. Un tiers des écoles ont été détruites ou réquisitionnées par des combattants, seuls la moitié des hôpitaux sont totalement opérationnelles, selon l’Onu. Environ 70 % du personnel médical a été tué ou a fui.
Concernant les combattants étrangers, selon un rapport de l’organisation The Soufan Group, qui réunit universitaires et anciens du renseignement ou de l’anti-terrorisme, américains et britanniques et qui date de 2015, entre 27.000 et 31.000 combattants djihadistes venus de 86 pays auraient rejoint les rangs d’organisations en Syrie et en Irak depuis le début de la guerre contre la République arabe syrienne en 2011.

La grande majorité de ces combattants étrangers (de l’ordre de 60%) proviennent des pays du Maghreb et du Moyen-Orient avec très largement en tête la Tunisie : 6000 combattants, suivie de l’Arabie Saoudite, de la Turquie, du Caucase russe et de la Jordanie avec chacun entre 2000 et 2500 djihadistes. Pour le seul Maroc, les chiffres arrêtés le 3 mars 2021 révèlent que 1.645 djihadistes marocains ont rejoint la Syrie et l’Irak depuis 2012, ainsi que 288 femmes et 391 mineurs. 745 sont présumés morts. Sur 270 revenants, 137 ont été poursuivis.
Viennent ensuite les contingents en provenance des pays européens : en 2015-2016, soit au pic de l’agression internationale, il y avait en Syrie et en Irak, dans les rangs de DAECH mais aussi dans ceux d’autres groupes terroristes comme Jabhat al-Nosra, au moins 5000 Européens, provenant essentiellement de quatre pays : la France d’abord, qui fournissait le plus important contingent, au moins 1700 terroristes ; suivie de la Grande Bretagne et de l’Allemagne : 760 combattants pour chacun de ces pays, et de la Belgique avec 470 Belges partis faire le djihad, euphémisme religieux pour désigner les mercenaires dont la feuille de route n’était autre que la destruction de la Syrie.

Le désastre promis aux syriens et au monde par Daech

Il faut dire que les phalanges recrutées par le chef des services saoudiens et ancien ambassadeur du royaume à Washington de 1983 à 2004, Bandar ben Sultan, ont failli réussir leur coup si ce n’était l’entrée en jeu de la Russie en 2015. L’intervention énergique de Vladimir Poutine a permis en effet au président Bachar Al-Assad de renverser la vapeur et de défaire petit à petit l’étau dans lequel DAECH et ses sponsors avaient voulu le coincer. L’entrée en lice de la machine militaire russe en septembre 2015, sous couvert des résolutions 2247 et 2254 de l’ONU a fini par changer la donne sur le terrain et surtout démasquer les appuis occidentaux aux groupes terroristes.

Dans ce combat implacable contre le terrorisme, l’Algérie, de par son expérience, avait mis en garde contre les ingérences étrangères en Syrie stigmatisant les appuis fournis par les européens à ce qu’ils ont baptisé  » les djihadistes modérés » . Les attaques terroristes perpétrés en France à partir de  2012  par des djihadistes de retour de Syrie avaient mis a nu les conséquences de l’implication européenne dans un conflit qui allait forcement provoquer un retour de flammes.

La défaite de l’hydre terroriste a non seulement sauver la Syrie d’une disparition certaine, mais surtout a provoqué un retour de flamme en Europe avec les attentats de Paris, Bruxelles, Nice et Londres ainsi que l’émergence de groupuscules terroristes et des «loups solitaires» aux Etats-Unis.

Comble de l’ironie, les destructeurs refusent de payer les dégâts qu’ils ont causés. Américains, Arabes et Européens ont décidé de ne pas participer à la reconstruction de la Syrie. Les Russes, les Iraniens et les Chinois ne sont pas du même avis. Certes, il s’agit de marchés prometteurs pour leurs entreprises respectives, reste que l’essentiel est dans le principe, celui de reconstruire les infrastructures d’un pays allié qui a subi une guerre mondiale pour le détruire. Les ennemis de la Syrie ont oublié qu’ils avaient affaire à une des plus vieilles civilisations, et que Damas est la plus ancienne capitale du monde.

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