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Nationale

Reprise de la omra avec des conditions draconiennes

Reprise de la omra avec des conditions draconiennes

A partir du  lundi 9 août 2021, les Algériens désirant effectuer la omra peuvent déposer leurs demandes de visas d’entrée en Arabie saoudite pour motif de pèlerinage, interdit aux étrangers depuis dix-huit mois suite à la propagation mondiale du nouveau coronavirus. C’est une demi-bonne nouvelle si l’on considère que les autorités saoudiennes conditionnent l’accès aux Lieux saints par une vaccination anti-Covid, avec un «vaccin reconnu par le royaume».

En effet, seule une marque de vaccin utilisée en Algérie figure sur la liste établie.

L’Arabie saoudite, qui a annoncé la réouverture de ses frontières aux touristes étrangers vaccinés à partir du 1er août dernier, a exigé des futurs pèlerins d’être vaccinés avec l’un des vaccins reconnus dans le pays, à savoir Pfizer, AstraZeneca, Moderna et Johnson&Johnson, ainsi que de se soumettre aux règles de quarantaine.

La limitation de marques de vaccin à une liste restreinte «reconnue» par les Saoudiens pose un sérieux problème pour les Algériens. L’Algérie n’a en effet utilisé parmi ses vaccins exigés que le vaccin suédo-britannique AstraZeneca, avec une quantité limitée et sur une courte durée.

Faute de données officielles sur le nombre de personnes vaccinées et de chiffres sur les quantités et les marques de vaccins administrées, il est impossible de déterminer le nombre d’Algériens vaccinés par l’AstraZeneca, néanmoins? il est possible d’affirmer qu’il est indisponible depuis un moment dans les structures de santé dédiées à la vaccination.

La fermeture des frontières algériennes et la nécessité d’une autorisation pour quitter l’Algérie sont d’autres obstacles que doivent gérer ceux désirant se rendre à la Mecque. En attendant les nouvelles mesures devant être prises par les autorités algériennes pour faciliter les procédures titanesques imposées aux citoyens voulant effectuer un voyage à l’étranger, les pèlerins devront justifier leurs déplacements à l’étranger par «un motif impérieux».

Les autorités saoudiennes sont actuellement en train d’établir une liste des pays autorisés et de se pencher sur des mesures à mettre en place? pays par pays? pour le bon déroulement du rite de la omra, fortement perturbé par l’épidémie de la Covid-19, selon l’agence de presse saoudienne officielle SPA.

En dépit de ses mesures contraignantes pour beaucoup d’Algériens, cette annonce de la reprise de la omra a suscité la joie des personnes qui l’attendaient avec impatience, mais aussi le soulagement des propriétaires des agences de voyage, frappées de plein fouet par les répercussions de la pandémie.

«Je suis très contente de la reprise de la omra. J’attendais ce moment avec impatience depuis plus d’une année», a déclaré au Jeune Indépendant Salima Benfarah, retraitée de l’enseignement, inscrite ainsi que son époux sur une longue liste d’attente d’une agence de voyage spécialisée dans le hadj et la omra.

Elle s’est toutefois dite inquiète par les restrictions de voyage à l’étranger imposées par le gouvernement algérien, qui ne semblent pas prêtes à être levées en raison de la situation épidémiologique critique actuelle dans le pays.

Quant à Amine, gérant d’une agence de voyage située à Aïn Naâdja (Alger), qui a dû licencier cinq employés en raison de la crise causée par la Covid-19, il s’est dit soulagé et affirme recevoir des dizaines d’appels de clients voulant se rendre aux Lieux saints de l’islam.

«Même si nous ne savons pas encore comment vont se dérouler les choses, ni le temps que cela va prendre, en raison de la suspension des vols directs entre l’Algérie et l’Arabie saoudite ainsi que la fermeture de nos frontières, cette nouvelle reste un bon signe et signifie une reprise certaine de notre activité», s’est-il réjoui.

Il convient de souligner qu’en 2020, seulement 5,8 millions de personnes ont effectué la omra, soit une baisse de 69% par rapport à 2019, selon les chiffres officiels. Et lors du hadj de cette année, marqué par un protocole sanitaire strict, seulement 60 000 Saoudiens et étrangers résidents vaccinés ont pu l’effectuer, représentant une baisse de plus de 97% par rapport à 2019.

Pour rappel, les deux rituels religieux sont une source importante de revenus pour l’Arabie saoudite, rapportant, en temps normal, plus de 12 milliards de dollars par an.



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