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Jeudi 24/07/2008

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Débat politico-militaire sur les effectifs américains
Les Etats-Unis s’embourbent en Afghanistan
 


S’il y a un point commun entre les candidats à la présidentielle américaine et le président sortant, c’est bien le sombre diagnostic à propos de la situation qui prévaut en Afghanistan. Barack Obama, John McCain et George Bush sont tous d’accord : il faudrait plus de soldats américains en Afghanistan. Mais feraient-ils vraiment la différence ? Cette question lancinante taraude les stratèges du Pentagone, tellement la situation sur le terrain est dégradée. Est-ce la répétition du cas de figure soviétique entre 1979 et 1990 ? Tout porte à le croire !
Pour beaucoup d’experts, des troupes de combat supplémentaires pourraient contribuer à endiguer un conflit en pleine expansion mais les problèmes du pays exigent bien plus que cette seule solution militaire. Une forte hausse des effectifs de la police et de l’armée afghanes, ainsi que de leurs instructeurs étrangers, des progrès dans la lutte contre la corruption et le trafic d’opium, ce sont les autres pistes régulièrement évoquées par les analystes pour stabiliser le pays. Barack Obama, le candidat démocrate à la Maison-Blanche, a promis de concentrer les efforts militaires américains sur l’Afghanistan,
au détriment de l’Irak, et l’envoi rapide d’au moins deux brigades, soit 7 000 hommes. John McCain, son adversaire républicain, estime que les commandants sur le terrain devraient pouvoir obtenir les trois brigades qu’ils réclament.
Mais il soutient la politique de George Bush qui maintient l’Irak comme priorité et occupe l’armée américaine sur deux fronts, retardant l’arrivée de troupes en renfort. Le président américain s’est engagé à envoyer d’autres militaires en Afghanistan mais peu s’attendent à les voir arriver avant son départ de la Maison-Blanche en janvier. Robert Gates, le secrétaire à la Défense, a indiqué mercredi dernier que les services du Pentagone planchaient sur la possibilité de déployer de nouvelles troupes «au plus tôt», mais aucune recommandation n’a encore été fixée. Les Etats-Unis disposent actuellement de 36 000 soldats en Afghanistan. Quelque 17 500 d’entre eux sont intégrés à l’Isaf (la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’Otan); les autres participent à l’opération Liberté immuable (Enduring Freedom, sous commandement américain). Au total, l’Isaf compte 53 000 hommes, un chiffre nettement insuffisant aux yeux de Sean Kay, expert de l’Otan à l’Université Wesleyan, dans l’Ohio.
Les taliban, chassés du pouvoir à la fin 2001, et d’autres combattants sont parvenus à reprendre le contrôle des régions qu’ils avaient abandonnées dans le sud et l’est du pays, le cœur de l’insurrection, parce que les troupes n’y étaient pas assez nombreuses pour assurer la sécurité, souligne-t-on.
Aux militaires de l’Otan et de l’opération Liberté immuable s’ajoutent 63 000 soldats afghans et 79 000 policiers, ce qui fait un total de 214.000 hommes, selon les responsables américains. En Irak, les Etats-Unis ont 147 000 hommes et le pays compte quelque 170 000 militaires et 365 000 policiers.
Le nombre d’hommes en renfort qu’il faudrait déployer en Afghanistan fait débat. Seth Jones, spécialiste du pays pour le groupe d’études Rand Corporation, n’est pas certain que les chiffres cités çà et là soient fondés sur une analyse très rigoureuse. Le général Dan McNeill, ancien commandant de l’Isaf, a affirmé qu’il fallait plus de 300 000 hommes pour combattre une insurrection dans un pays avec une superficie et une population comme celles de l’Afghanistan, si l’on se réfère aux formules appliquées par les manuels de tactique de l’armée américaine. R. I.

 



   

 

 

 

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