Quotidien national d'information fondé le 28 mars 1990
Mercredi 14/05/2008
Cadre de vie et environnement
Où sont passés les jets d’eau de Constantine ?
 
 

 

Au moment où des universitaires et autres spécialistes de la question environnementale de l’université Mentouri se penchent sur la problématique de l’eau et des conditions climatiques en Algérie, certains animateurs de la société civile et d’associations de quartier posent avec insistance le problème des espaces verts et des jets d’eau qui, autrefois, ornaient superbement la ville des Ponts.

Selon eux, la disparition énigmatique des jets d’eau et l’absence d’espaces verts renseignent sur la place qu semble occuper cette question au niveau des pouvoirs locaux. Dans la foulée, ils ne manquent pas de citer le jet d’eau du centre-ville, réduit presque à néant, celui de Nahas-Nabil qui, à quelques nuances près, a subi le même sort, sans oublier celui de la cité Daksi-Abdeslem complètement dénaturé par les diverses opérations maladroites de lifting et même ceux des anciens squares. «Aujourd’hui, tout Constantine ne compte malheureusement qu’un seul jet d’eau, celui de Sakiet Sidi Youcef en l’occurrence et pour lequel ses artisans, membres de l’Association de la mosquée Amer-Ben Abdelaziz, ont reçu, l’an dernier, un prix à titre de reconnaissance décerné par les premiers responsables de la wilaya», ajoutent nos interlocuteurs.
Dans ce contexte toujours, les animateurs du mouvement associatif s’interrogent aussi à propos du vaste programme lancé il y a quelques années dans le cadre de la réhabilitation des différents quartiers de la ville et de l’aménagement des espaces verts, notamment au niveau des deux nouvelles villes nouvelles d’Ali-Mendjeli et de Massinissa. Ils estiment que les quelques milliards octroyés par la wilaya chaque année ne suffisent même pas à entretenir ce qui existe déjà. Que dire alors des nouveaux projets verts ?
Certains de nos interlocuteurs ont évoqué le cas d’une entreprise privée spécialisée dans l’aménagement d’espaces verts et de jets d’eau qui a offert ses services aux anciens locataires de l’hôtel de ville de Constantine, en vain. Les représentants des comités et des associations de quartier sont inquiets et revendiquent tout un programme. Ils demandent plus pour mettre en œuvre le projet de Constantine la Blanche et le rendre plus crédible.
Les associations donnent l’exemple des wilayas voisines, comme celles de Jijel et de Sétif, toujours, selon elles, plus belles et plus coquettes avec leurs squares et autres jets d’eau bien entretenus. «Alors pourquoi ne pas leur emboîter le pas et faire de Constantine une ville leader en matière d’environnement ? », soulignent-t-elles.
Pour répondre à cette question, des élus de la troisième municipalité du pays ont indiqué que la commission de l’environnement, en collaboration avec la Direction de l’environnement de la wilaya de Constantine, s’attelle actuellement à finaliser tout un dossier et comptent passer à l’action dès cette année, avec la réhabilitation et la réalisation de nouveaux projets verts. La mise en service du barrage de Beni Haroun, la réhabilitation des réseaux AEP et d’assainissement, en plus de la nouvelle stratégie des pouvoirs publics et du département de Cherif Rahmani, ne sont en réalité que des atouts entre les mains des élus et des officiels de Constantine pour l’avènement d’une ville environnementale forte, avant même la fin de l’année 2009. A. L.




   
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