Quotidien national d'information fondé le 28 mars 1990

Dimanche 09/05/2010

 

L’OLP cède aux pressions américaines

Feu vert pour la reprise des pourparlers avec Israël

 

 

C’est désormais officiel : l’OLP a donné son feu vert pour la reprise des pourparlers indirects avec Israël. Le retour des Palestiniens à la table des négociations était prévisible, d’autant plus que la secrétaire d’Etat américaine a déclaré, il y a une semaine, que les Arabes devraient renouer le dialogue, fut-il indirect, avec Tel-Aviv. La présence de l’émissaire américain George Mitchell dans la région depuis quelques jours a contribué à cette prise de décision palestinienne.

«La direction palestinienne a approuvé les pourparlers de proximité», a déclaré Jibril Rajoub à la presse. Le responsable du Fatah est intervenu après une réunion de trois heures à Ramallah entre les dirigeants de l’OLP et du Fatah. Cette décision était attendue depuis que Mahmoud Abbas s’était dit intéressé par l’ouverture de telles négociations.
Elle intervient surtout dans un contexte marqué par de fortes pressions américaines sur les deux parties afin qu’elles reprennent langue. En effet, l’émissaire américain George Mitchell est dans la région depuis le début de la semaine pour préparer le lancement «formel» des négociations indirectes, dites de «proximité», entre les deux camps sous l’égide des Etats-Unis. Selon un haut responsable palestinien, le médiateur américain pourrait, après d’ultimes navettes entre les Israéliens et les Palestiniens, annoncer formellement aujourd’hui le lancement des discussions indirectes avant de quitter la région.
Le processus, avant même d’être enclenché, suscite toutefois un grand scepticisme, voire de l’indifférence chez les Palestiniens et les Israéliens.
Des divergences fondamentales persistent sur les dossiers-clés : tracé des frontières du futur Etat palestinien, statut d’El-Qods Est occupée, avenir des colonies juives de Cisjordanie et droit au retour des réfugiés palestiniens. C’est dire que les divergences de fond pèsent de tout leur poids sur la reprise du dialogue.
Maintenant, quelles sont les garanties données aux uns et aux autres pour la reprise des négociations indirectes ? Côté israélien, il semblerait que les pressions américaines soient «amicales» et «soft». Hillary Clinton l’a exprimé devant un «think thank» pro-israélien à Washington il y a dix jours. Le discours américain en direction d’Israël est un discours fait à l’adresse d’un allié stratégique. Le vice-président Joe Biden l’a rappelé il y a deux jours en mettant l’accent sur la volonté américaine de protéger Israël du «danger» iranien !
En direction des Palestiniens maintenant, le discours est autre. L’invitation à la reprise du dialogue est assortie de menaces à peine voilées. Soit les Palestiniens retournent à la table des négociations soit l’aide américaine risque d’être remise en cause. Quid du droit du peuple palestinien à un Etat viable, souverain avec El-Qods Est comme capitale ? Cela dépendra des négociations, rétorquent les Américains ; donc du bon vouloir d’Israël.
Ainsi la boucle est bouclée, et les Palestiniens reviennent à chaque fois à la case départ.
Jusqu’à quand ? L’avenir le dira.
Par M’hamed Khodja




   
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