Quelques jours après le sommet de l’Union africaine, le continent s’embrase de nouveau par un conflit intercommunautaire en Guinée et cette autre guerre fratricide en Somalie. Encore des morts sur une terre qui banalise l’assassinat au nom de luttes idéologiques postindépendances douteuses ! Mais les conflits en Afrique sont-ils aussi africains qu’on veut bien nous le faire croire ?
Au moins neuf civils somaliens ont trouvé la mort ces dernières heures dans le nord de Mogadiscio, au cours d’un échange de tirs de mortier entre les forces gouvernementales et les rebelles, a déclaré le groupe Elman pour la paix et les droits de l’homme. Les affrontements ont débuté dimanche et se poursuivaient hier matin. Il y a également 14 blessés, a ajouté l’organisation somalienne. D’après des habitants, les forces gouvernementales ont bombardé des maisons occupées par des islamistes d’Elchabab. «Nous avons vu les Chabab transporter leurs morts et blessés dans un minibus», a déclaré un témoin à Reuters. «Les obus gouvernementaux ont pratiquement rasé les maisons qui abritaient des combattants locaux et étrangers d’Echabab», a-t-il ajouté. La Somalie est privée de gouvernement central efficace depuis près de vingt ans, et la communauté internationale s’inquiète de la menace posée par les insurgés d’Echabab, qui ont récemment fait allégeance au réseau El-Qaïda. Les combats dans le pays, quasi quotidiens, ont fait au moins 21 000 morts au cours des trois dernières années. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement, qui ne contrôle guère que quelques quartiers de Mogadiscio, promet de lancer une vaste offensive contre Echabab et un autre groupe rebelle, Hizbul Islam.
Un responsable du gouvernement, souhaitant rester anonyme, a fait état de discussions en cours entre son administration et la milice progouvernementale Ahlu Sunna Waljamaca à Addis-Abeba.
«Nous discutons de la meilleure manière de les intégrer sur un plan à la fois politique et militaire», a-t-il expliqué. «Si tout se passe bien dans cette première étape, nous nous concentrerons sur la réunion de nos forces en vue de la guerre.» La situation en Somalie semble désespérée, tandis que les chefs d’Etat réunis il y a quelques jours, justement dans la capitale éthiopienne, promettaient de nouveau plus de cohésion continentale et une sortie de conflits nécessaire pour le développement qui se fait attendre depuis des décennies. Pendant ce temps, le golfe d’Aden est curieusement pillé par des pêcheurs venus d’ailleurs sans que les médias s’en préoccupent. On préfère évoquer des «actes de piraterie» sans s’interroger davantage sur ce qui se trame dans les eaux somaliennes, une ignorance entretenue qui rappelle celle réservée à la spoliation des ressources halieutiques du Sahara occidental. C’est le sort des pays en guerre ou occupés de subir l’injustice silencieuse profitant aux nations sans scrupules. Jusqu’au jour où les organisations telles l’UA ou l’ONU seront capables d’arbitrer et de protéger les plus faibles des griffes des dominants. Pas demain la veille, à voir l’actualité africaine notamment !
Nordine Mzalla et agence |