Quotidien national d'information fondé le 28 mars 1990
Jeudi 15/05/2008
Des exportateurs de dattes tirent la sonnette d’alarme
Deglet Nour contre des cacahuètes avariées !
 
Par Safia Berkouk

 

Alors que l’heure est au débat autour de l’encouragement des exportations hors hydrocarbures, la datte Deglet Nour, déjà exportée mais en deçà des potentialités existantes, se trouve aujourd’hui complètement dévalorisée. Pis encore, elle fait, dans les régions du sud du pays, l’objet de troc contre des marchandises de moindre valeur et de moindre qualité.

Un des exportateurs nationaux de ce produit, M. Malik Kheireddine, a tiré hier la sonnette d’alarme lors d’une rencontre débat organisée par le Forum des chefs d’entreprise (FCE) et le ministère du Commerce. «Le phénomène du troc dans les wilayas du Sud a saigné notre matière première», a-t-il lancé en direction du secrétaire général du ministère du Commerce, M. Amar Boulaârak. «En contrepartie de Deglet nour, nous recevons des cacahuètes avariées», a-t-il encore ajouté.
Pour minimiser l’ampleur du phénomène, M. Boulaârak a affirmé qu’»il y a des variétés de datte qui ne sont pas consommées en Algérie et qui sont de ce fait orientées vers les pays du Sud». Toute la question est de savoir si le troc «concerne d’autres variétés qui sont commercialisées chez nous», a-t-il dit, ajoutant qu’il est nécessaire «d’œuvrer pour que les transactions qui touchent la datte soient légales».
Le problème relevé par cet exportateur n’est qu’une contrainte parmi tant d’autres à l’exportation. D’ailleurs, plusieurs opérateurs ont avoué avoir abandonné les exportations car n’étant plus en mesure d’affronter les difficultés.
Outre les lenteurs administratives et les frais de transport élevés, ils mettent en avant deux contraintes majeures. D’abord, les difficultés d’accéder au soutien dans le cadre de la politique d’encouragement des exportations hors hydrocarbures, puisque les remboursements des frais liés à l’exportation ne leur sont jamais versés en raison de procédures trop longue.
Ensuite, la discrimination dont ils sont victimes à l’entrée des marchés voisins. Les pays comme la Tunisie et le Maroc appliquent des tarifs douaniers maximums sur les produits algériens alors que leurs produits rentrent en Algérie à des tarifs moindres. Le représentant du ministère a répondu que «les pays qui sont membres de l’OMC ont cette flexibilité de pouvoir manipuler leurs droits de douane», ce qui n’a pas semblé convaincre les exportateurs nationaux qui ont réclamé l’application d’un «système de réciprocité» avec les pays en question.
«Les opérateurs doivent disposer de l’intégralité des recettes d’exportation» Face aux nombreux griefs des exportateurs, M. Boulaârak a indiqué que les aides du fonds de soutien à la promotion des exportations vont être élargies à 8 points. Ces derniers concerneront le remboursement de 50 % des études de marchés extérieurs et des actions d’amélioration de la qualité, la création de cellules d’export ou encore la prospection de marchés extérieurs avec une aide de 25 % pour toute implantation à l’étranger. Jugeant ces actions insuffisantes, le président du FCE, M. Réda Hamiani, a proposé, pour encourager les exportateurs, que les recettes en devises engrangées par les exportations soient laissées «intégralement à l’usage des opérateurs». Il a également plaidé pour la mise en place de mécanismes qui permettent aux exportateurs de rétribuer légalement, à hauteur de 3 ou de 5 % des recettes, leurs représentants locaux (dépositaires, distributeurs, grossistes dans les pays où ils exportent). S. B.




   
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