Au plus fort de ses années parisiennes (1994-2001), El-Hachemi Guerouabi a inscrit, en très bonne place, son nom dans le registre d’or de l’Institut du monde arabe. Invité à maintes reprises au gré des programmations thématiques, il s’était fait un plaisir d’enrichir de son talent l’offre musicale de la maison.
Le «lieu le plus arabe» du Paris culturel n’est pas près de l’oublier. Reconnaissant au maître d’avoir compté parmi ses artistes à succès, l’IMA le lui rend bien. Les responsables en charge de l’animation musicale ont choisi de lui rendre un hommage à la hauteur de sa notoriété. Prévue mercredi 18 juin, la soirée a été adossée au 9e festival de musique de l’Institut du monde arabe. L’un des temps forts de l’agenda artistique de la maison du Quai Saint-Bernard. Laquelle se rappellera, pour l’occasion, au souvenir d’une sommité musicale : la diva de la chanson orientale Oum Kalsoum.
L’hommage aux deux artistes se veut «appuyé», selon les propos des chargés du département musical au niveau de l’Institut du monde arabe. Hasard de la programmation, la soirée en hommage à Guerouabi coïncide, à un mois près, avec le second anniversaire de sa disparition. Elle sera animée par Sid-Ali Driss, neveu du défunt, et Chaou Abdelkader, dont la qualité d’interprétation lui vaut de figurer parmi les voix les plus prisées du chaâbi. Les deux chanteurs seront accompagnés de musiciens qui, des années durant, ont composé l’orchestre du maître et rythmé ses soirées. Au-delà de l’IMA, c’est le tout-Paris culturel qui rend hommage
au cheikh. Le meilleur interprète
d’El-Harraz est monté sur scène dans les lieux de spectacle les plus emblématiques de la ville des lumières. Artiste encore en herbe, il s’était produit dans la mythique Olympia. Ses années de ghorba – El-Hachemi s’irritait à la prononciation du mot exil – lui ont ouvert les portes d’autres lieux tout aussi réputés. C’est ainsi qu’il a chanté à la Maison des musiques du monde, au grand auditorium de l’Unesco, au théâtre de la ville (Châtelet), au Casino de Paris (théâtre du Mogador), à la salle des concerts de la maison de la Radio, au Zénith de Paris. Autant de lieux de la mémoire musicale grâce auxquels El-Hachemi Guerouabi a conféré une notariété internationale à un art longtemps confiné dans le quartier de Barbès et les faubourgs des quartiers communautaires.
«El-Hachemi Guerouabi est tenu pour l’un des plus brillants novateurs du chaâbi et l’un des chanteurs les plus adulés par les jeunes d’Algérie», argumente les mêmes responsables. Ces derniers rappellent le précieux concours du défunt au service du chaâbi grâce à son «style alerte» et une interprétation d’une «plus grande clarté». Excellent dans l’art de la qasida, la forme poético-musicale la plus classique du chaâbi, El-Hachemi Guerouabi en a élargi l’audience au moyen de chansonnettes. C’était les années Mahboub, une décennie au cours de laquelle l’artiste a interprété une multitude de textes de Mahboub Bati. F. M.
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