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Samedi 31/07/2010

 

Malversations à l’Institut Pasteur d’Algérie

Des cadres ce mercredi à la barre

 

 

Le président du pôle judiciaire du tribunal d’Alger, qui regroupe près de dix wilayas du centre du pays, statuera probablement mercredi prochain dans l’affaire de malversations ayant secoué l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) en novembre 2009.

Les mis en cause, au nombre de 10, à leur tête l’ex-directeur général, sont poursuivis pour notamment les chefs d’inculpation de dilapidation de deniers publics, passation de marchés non réglementaires et faux et usage de faux dans des documents administratifs et comptables. L’ex-directeur général, en état de fuite, fait l’objet d’un mandat d’arrêt lancé à son encontre par le juge d’instruction.
Sitôt informé, l’ancien premier responsable du secteur de la santé a désigné une commission ministérielle d’enquête. Cette dernière a relevé plusieurs dépassements dans la passation de certains marchés, notamment en ce qui concerne l’importation d’un important lot de vaccins de l’étranger, plus précisément d’Inde et d’Indonésie, causant des pertes considérables à la production locale.
La commission a, par ailleurs, constaté que la conclusion des marchés s’était faite de manière illégale, sans passer par le conseil d’administration. Ce dernier ne s’était pas réuni pour donner son avis sur l’importation de vaccins destinés aux sinistrés du séisme ayant secoué les wilayas d’Alger et de Boumerdès en mai 2003. L’expertise financière a conclu que les préjudices causés au Trésor public et à l’Institut Pasteur suite à ces opérations étaient énormes. Ils ont été estimés à plus de 550 millions de dollars.
Les enquêteurs ont, en outre, constaté que le lot de vaccins destiné aux enfants atteints de tuberculose était resté en stock au niveau du port d’Alger jusqu’à sa date de péremption. Le lot en question avait été importé pour un montant de plus de 2 millions de dollars. L’enquête préliminaire avait été menée par les éléments de la police judiciaire de la Sûreté d’Alger, suite à une plainte déposée par l’ancien ministre de la Santé, de la Réforme hospitalière et de la Population.
Ce dernier avait, par ailleurs, ordonné l’annulation de toutes les conventions signées par un des professeurs, estimant que la conclusion de ces marchés, notamment en ce qui concerne l’importation de vaccins, avait été effectuée de manière illégale, sans respect aucun des clauses des cahiers des charges. Parmi les cadres incriminés figurent l’ex-directeur général adjoint, l’ex-directeur des finances et son adjoint, l’ex-directrice de la concurrence et de la qualité et le chargé de la conclusion des marchés. Au cours de leur audition par le juge d’instruction chargé de l’enquête judiciaire, les mis en cause ont nié tous les faits qui leur étaient reprochés, arguant qu’ils n’avaient fait qu’appliquer à la lettre les directives de l’ex-directeur général.
Redouane Hannachi

 



   
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