D’un regard torve, le voleur à la tire scrute ses victimes avant de passer à l’action. En en un tour de main, il accomplit sa lucrative besogne. Une vieille dame, un peu éveillée, a failli être lynchée pour l’avoir pris la main dans son sac. Elle n’a dû son salut qu’à l’intervention d’un citoyen dont la carrure a visiblement dissuadé le malfaiteur. Cette scène s’est déroulée à la station de bus privés située à proximité de la maison de la Presse. Elle pullule de pickpockets venus de différents quartiers de la capitale sévir dans cet endroit en toute impunité. Le comble c’est que le maraudeur en question n’a pas pris la poudre d’escampette lorsqu’il a été surpris en flagrant délit. Il a quitté les lieux en toute quiétude en proférant quelques grossièretés et en jurant à haute voix qu’il reviendrait sur les lieux autant de fois qu’il le désire. Il n’avait pas à le faire puisque les lieux du crime sont toujours revisités par les malfaiteurs. Hormis quelques redondants commentaires à la longue lassants, les usagers de cette station, dont plusieurs ont été victimes de ces voleurs, se contentent d’assister au spectacle, de peur de représailles. Ce qui ouvre la voie à ces malfaiteurs qui écument régulièrement ces lieux généralement fréquentés par des gens de condition modeste. Mais c’est là qu’ils trouvent leur compte puisqu’ils n’oseraient jamais s’aventurer dans les lieux huppés autrement plus sécurisés. La vigilance à elle seule ne suffit pas si les usagers ne réagissent pas devant ces voleurs qui ne reculent devant rien pour accomplir leur sale besogne, aidés en cela par cette inertie ambiante et cet égoïsme qui veulent que chacun veille sur ses propres poches tout en fermant l’œil sur tout ce qui ce passe alentour. Z. K.
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