Le nombre des toxicomanes en Algérie se multiplie d’année en année, alors que les centres de prévention et de psychothérapie existants ne sont pas en mesure de les prendre en charge. Pour M. Abidat, président de la Coordination des associations de la sauvegarde de la jeunesse, les «inadaptés sociaux» doivent être pris en charge dans des centres spécialisés, loin des hôpitaux, ces derniers n’étant pas équipés en accessoires éducatifs nécessaires au traitement des effets de la drogue.
M. Abidat indique que l’usage de la drogue est malheureusement une réalité en Algérie. La gravité de la situation n’a certes pas atteint un degré très élevé, mais elle risque de le devenir si la prise en charge de la jeunesse n’est pas assurée convenablement.
Le danger est donc présent, il se développe chez les jeunes comme facteur psychosocial se traduisant, entre autres, par la démission parentale, la déperdition de la cellule familiale et l’exclusion sociale, le tout étant exacerbé par une explosion démographique.
Le temps de libre qu’il ne savent pas gérer devient un temps vide et engendre, pour les jeunes, le désœuvrement, l’ennui et le sentiment d’inutilité, accompagnés d’une forte angoisse, poussant les jeunes vers la rue, dernier espace à les accueillir.
«On doit agir pour sauver notre jeunesse en détresse. Chaque année, des enfants quittent l’école pour rejoindre ainsi la rue qui leur ouvre le chemin de la toxicomanie», explique M. Abidat qui préconise la mise en place d’une stratégie nationale à même de permettre aux psychologues et sociologues de traiter ce phénomène. Des propositions contenues dans un ouvrage qu’il a publié dernièrement, traitant de ce fléau qui gangrène notre société.
Pourquoi un ouvrage sur la toxicomanie ? M. Abidat explique que sa démarche vise plusieurs objectifs. Il informe d’abord sur les drogues et ses effets, mais surtout sur les principales causes qui poussent les jeunes à consommer de la drogue. Ainsi, le président de l’Association pour la sauvegarde de la jeunesse interpelle l’Office national de la drogue et de la toxicomanie sur la nécessité de créer des centres de prévention et de psychothérapie en dehors des hôpitaux. «Les enfants en difficulté fuient les hôpitaux et cela est tout à fait normal. Les toxicomanes n’acceptent pas ce genre de structure parce qu’ils savent que leur remède se trouve ailleurs. Lorsque nos psychologues se rapprochent d’eux pour les convaincre d’aller à l’hôpital, ils en refusent l’idée. Mais si nous avions des structures d’accueil où nous pouvions les prendre en charge, je vous assure que nos équipes de psychologues, sociologues et médecins pourraient effectivement les aider à se débarrasser de ce poison», a-t-il ajouté.
Sur les principales causes qui poussent les jeunes à s’adonner à la drogue, M. Abidat cite un certain nombre de facteurs dont le manque de structures éducatives, la famille et l’environnement social, ainsi que l’école, qui, di-t-il, ne font plus face à ce phénomène. A ce titre, il ne manque pas d’évoquer l’«infiltration de la drogue dans le milieu scolaire». Pour y faire face, M. Abidat a tenté d’apporter quelques éléments de réponse. Il préconise le lancement d’une stratégie nationale à mettre en branle prochainement. Ainsi, quelque 1 000 «éducateurs» ayant subi une formation adaptée à ce genre de mission sillonneront la quasi-totalité des établissements scolaires et les quartiers.
La même initiative se veut, en outre, une réponse idoine à ces constats alarmants établis dans un passé récent et traitant de l’ampleur de la consommation de drogue au sein même des établissements scolaires.
Les enfants scolarisés, censés acquérir le savoir au sein des écoles, se retrouvent face à l’une des menaces pouvant le plus nuire à leur devenir. «Il faut donc agir, et vite», avertit M. Abidat. A. A.
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