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Samedi 31/07/2010

 

Sport

L’ambassadeur algérien retourne à Bamako

Accélérer la coopération sécuritaire régionale

 

 

Le retour à Bamako de l’ambassadeur algérien est important à plusieurs égards parce qu’il intervient dans un contexte plus délicat qui a présidé son rappel à Alger pour consultations en février dernier. Le retour dans la capitale malienne de l’ambassadeur Nourredine Ayadi est une volonté algérienne d’accélérer la normalisation des relations algéro-maliennes après l’épisode de Pierre Camatte. Les deux pays font partie depuis mars dernier d’un dispositif régional de coopération sécuritaire contre le terrorisme au Sahel.
L’information a été donnée avant-hier : l’ambassadeur algérien à Bamako aurait regagné son poste dans la capitale malienne. Nourredine Ayadi a été rappelé à Alger pour consultations le 23 février dernier suite à la libération par le Mali de deux terroristes algériens membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en échange de la libération par cette dernière d’un otage français, l’agent Pierre Camatte, enlevé le 26 novembre 2009.
A l’époque, le gouvernement algérien avait jugé que la décision du Mali de libérer «des terroristes recherchés par des pays voisins est un développement dangereux pour la sécurité et la stabilité dans la région sahélo-saharienne et sert, objectivement, les intérêts du groupe terroriste agissant dans la région sous la bannière d’Al-Qaïda».
Le retour à Bamako du diplomate algérien il y a un mois, selon une information publiée hier par un journal algérien, intervient dans un contexte très particulier. En effet, Nourredine Ayadi a regagné son poste quelques jours avant l’attaque par l’AQMI contre une patrouille de la Gendarmerie nationale qui a coûté la vie à onze gendarmes. Bamako aurait accordé à l’Algérie un droit de poursuite des terroristes sur son sol, «partout au Mali», ce qui sous-entend un approfondissement de la coopération antiterroriste entre les deux pays.
En effet, depuis mars dernier, sous l’impulsion de l’Algérie, les pays de la région du Sahel ont multiplié les rencontres à haut niveau pour mettre en place des mécanismes de coordination dans la lutte antiterroriste. Un comité d’état-major opérationnel a été installé à Tamanrasset et concerne l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger.
Le retour du diplomate algérien à Bamako survient également dans une conjoncture tragique et décisive. Tragique parce qu’il y a eu mort d’homme, un otage français, Michel Germaneau, exécuté samedi dernier par l’AQMI en réponse au raid franco-mauritanien, deux jours auparavant, contre des campements du groupe terroriste dans l’ouest du Mali. Décisif, enfin, parce que cette opération remet sur la table la problématique de la régionalisation de la lutte antiterroriste au Sahel ou de son internationalisation.
Pour rappel, le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci, avait déclaré depuis Kampala (Ouganda) en réaction aux évènements survenus au Mali que ces derniers «renforcent les pays de la région dans leur position de continuer à travailler ensemble». Le ministre algérien a également souligné qu’»il n’y a aucune raison pour qu’un événement puisse mettre en péril la volonté politique au plus haut niveau des pays du Sahel, qui sont directement concernés par leur devenir en termes de sécurité et de développement».
Autrement dit, l’épisode Germaneau ne saurait mettre à mal la volonté des pays de la région de renforcer leur coopération sur le terrain.
Mourad Medelci a précisé que, «pour le moment, ce sont les pays de la région eux-mêmes qui prennent en charge la sécurité» du Sahel, sans que cela interdise «la coopération avec d’autres pays quand celle-ci s’avère nécessaire».
Même la France a reconnu l’importance de la coopération régionale «pilotée» par l’Algérie. A Bamako, le ministre français des Affaires étrangères a déclaré mardi dernier que «le président Amadou Toumani Touré pense que les opérations militaires doivent être coordonnées, que ce soit des opérations de plus grande ampleur contre AQMI (ou) contre le terrorisme». «Pour cela, il y a un état-major mixte composé de Maliens, d’Algériens, de Nigériens et de Mauritaniens à Tamanrasset», a conclu Bernard Kouchner.
M’hamed Khodja

 



   

 

 

 

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