La communauté algérienne fortement présente en France est l’objet de toutes les surenchères à l’occasion des élections régionales françaises qui devraient avoir lieu les 14 et 21 mars.
Ce fait n’est pas inhabituel, du moment que les émigrés algériens constituent la plus forte communauté étrangère en France, mais aussi en raison du statut «particulier» qu’elle détient dans ce pays en vertu des accords bilatéraux de 1968 qui régissent la situation de milliers d’Algériens qui ont émigré en France pour des raisons de travail.
Cependant, dans le contexte de froid qui caractérise actuellement les relations entre l’Algérie et la France, sur fond du refus de la France de la repentance par rapport à son passé colonial peu glorieux, les va-t-en-guerre, tel le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, connu pour ses positions anti-émigration qui a récemment utilisé l’emblème national algérien dans une affiche dans le cadre de ces élections, qualifiée à juste titre de raciste et d’antisémite, ont pris le dessus.
L’autorisation donnée par le tribunal de Marseille en faveur de la continuité de l’utilisation de cette affiche n’est pas faite pour aider la majorité présidentielle actuelle à redorer son blason vis-à-vis de l’électorat algérien.
La gauche française semble partie pour rafler la mise auprès de la communauté algérienne dans ces élections.
La majorité présidentielle ne semble pas, selon les derniers sondages, grande favorite pour ces élections, avec 60 % d’opinions opposées. Elle est aussi mise à mal après le débat lancé sur l’identité nationale par le gouvernement français et qui a ouvert la voie à une série de dérapages racistes.
Ces affaires ainsi que d’autres ont participé à la chute de la cote de popularité de Sarkozy. Selon les observateurs de la scène politique française, Sarkozy a mené à fond des pressions sur le Mali pour obtenir la libération de l’ex-otage du GSPC, Pierre Camatte, en contrepartie de la libération de quatre membres du GSPC détenus dans ce pays, pour satisfaire l’opinion française. Mais vis-à-vis de la communauté algérienne, il n’y a aucune avancée. Le refus de présenter des excuses pour la colonisation de l’Algérie et de réparer les dégâts causés par les essais nucléaires effectués à Reggane est un autre facteur de tension. A côté de tout ce qui ne va pas, la France de Nicolas Sarkozy ne désespère pas d’appliquer la mesure de l’émigration choisie aux Algériens et l’expulsion de quelques 30 000 d’entre eux considérés comme des indésirables.
En outre, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a finalement dit tout haut ce que pensaient tout bas nombre de cercles français à l’égard de la génération de Novembre. Et ce ne sera pas l’envoi à Alger du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui changera quelque chose à la donne.
M. Abi
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