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Samedi 06/03/2010

Sport

53e anniversaire de la mort de Larbi Ben M’hidi

Evocation et revendications

 

 

«Je préfère mourir avant l’indépendance pour ne pas assister à vos déchirements pour le pouvoir !» disait à ses compagnons d’armes le glorieux martyr de la révolution algérienne Mohamed Larbi Ben M’hidi.
Un vœu prémonitoire qui sera, au grand dam de la nation algérienne, exaucé dans la nuit du 3 au 4 mars 1957, avec «l’aide» de son bourreau, le général Aussaresses qui l’assassina alors en compagnie de l’autre valeureux martyr, l’avocat Ali Boumendjel. Dire donc que Si Larbi se serait «suicidé», comme soutenu par certains jusqu’après l’indépendance, est catégoriquement faux. C’est la thèse réitérée, non sans grande émotion, hier, par la sœur du défunt, Mme Drifa Ben M’hidi Hassani, et son époux, également ancien moudjahid, M. Hassani, au cours d’une conférence de presse qu’ils ont conjointement animée à la salle de conférences de la maison de la presse Tahar-Djaout, à l’occasion du 53e anniversaire de la mort de Si Larbi. Partant, Mme Drifa Ben M’hidi tout comme M. Hassani persistent à revendiquer le repentir de l’Etat français pour ses crimes contre l’humanité commis en Algérie avant et durant la guerre de libération. Mme Drifa Ben M’hidi soutient le projet de loi criminalisant le colonialisme qui alimente l’actualité nationale ces derniers temps.
La sœur et le compagnon d’armes de l’architecte de la révolution algérienne n’ont pas manqué l’occasion pour revenir sur leur rencontre, en 2002 à Paris, avec le général Bigeard, lors de laquelle ce dernier reconnaîtra indirectement l’exécution de Larbi Ben M’hidi. «Ce n’est pas Larbi Ben M’hidi qui se suicide. C’est un grand homme (…) il a réussi sa mort !» Ce sont les propos tenus par Bigeard lors de sa rencontre avec Mme Drifa Ben M’hidi, laquelle rappelle que cette rencontre avait fait alors l’objet de vives critiques en Algérie, y compris de certains anciens Malgaches. A son tour, M. Hassani s’en défend : «Moi, je n’ai pas combattu Bigeard à la 25e heures. Si nous avons accepté de le rencontrer, c’est tout simplement parce que nous tenons crânement à élucider la vérité sur la mort de Si Larbi.» Et d’enchaîner sans ambages : «L’écriture de notre histoire échoit avant tout à ses acteurs, à nous (…).» C’est ainsi qu’il a remis en cause la nouvelle orientation de l’Etat algérien qui se veut le «seul garant» de l’écriture de l’histoire nationale. Dans leur évocation du parcours honorable du valeureux martyr, Mme Drifa Ben M’hidi et M. Hassani ont mis l’accent sur la vision prévisionniste dont se distinguait Si Larbi. «Jetez la révolution dans la rue et le peuple s’en emparera», avait-il en effet déclaré, ou encore : «Je vais m’armer pour contraindre la France à reconnaître nos droits.» Dans sa conclusion, M. Hassani a reconnu que Si Larbi nous avait inculqué non seulement le sens du devoir, mais aussi le droit de vivre».
Farid Abdeladim




   

 

 

 

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