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Mardi 09/02/2010

Sport

La tension sur ce matériau persiste

Le ciment à 850 DA le sac

 

 

Le marché national du ciment connaît, depuis quelques semaines, une flambée inexplicable des prix. Le prix du quintal a atteint 1 700 DA, alors que celui d’un sac de 50 kg a grimpé à 850 DA. Du coup, les utilisateurs de ce matériau, indispensable dans la construction, sont mis sous pression. Le recours à la vente au kilo par les détaillants est la solution d’urgence pour satisfaire les besoins des citoyens. Les entrepreneurs sont nombreux à se plaindre de cette flambée du prix du ciment. Ils s’interrogent sur les raisons d’une telle surenchère. A Alger, le sac de ciment est vendu à 850 DA. Il y a un manque flagrant de ce matériau dans cette wilaya, avons-nous constaté hier lors d’une virée au niveau de quelques quartiers de la capitale.
Les détaillants de la région du Centre étaient unanimes à reconnaître que la flambée des prix des matériaux de construction due aux manœuvres spéculatives des intermédiaires et de certains revendeurs. Mais d’autres facteurs sont également à l’origine de cette inflation démesurée. Il s’agit notamment de la baisse de l’offre conjuguée à une hausse de la demande, ce qui a influé négativement sur la dynamique de relance du secteur du bâtiment.
Plusieurs chantiers ouverts dans la région tournent au ralenti, non pas par manque de ciment, mais en raison de son prix élevé qui ne cesse d’augmenter, comme l’a souligné un entrepreneur de Boumerdès contacté hier. «Le prix d’un sac de ciment est actuellement de 850 DA, alors que son prix à la sortie de l’usine ne dépasse pas les 260 DA», explique-t-il, en précisant qu’à l’origine de cette situation, il y a toujours des «spéculateurs». «Les vrais entrepreneurs s’occupent uniquement de leurs chantiers. Ils n’ont pas le temps de se lancer dans la spéculation et ils ne peuvent pas abandonner des milliards pour gagner quelques centimes en revendant du ciment au marché noir», rétorque-t-il sans doute à ceux qui les accusent de verser dans cette pratique frauduleuse. Notre interlocuteur relève, dans ce sens, la défaillance des mécanismes de contrôle du marché de ce matériau mis en place par le gouvernement. Il invite ainsi les commissions de contrôle et les responsables du ministère du Commerce «à faire preuve de rigueur dans leur travail pour mettre un terme à cette pratique». En attendant, après l’euphorie footballistique, le prix du ciment est redevenu le sujet récurrent de beaucoup d’Algériens.
Une virée effectuée, hier, au niveau de quelques magasins de vente de matériaux de construction dans la capitale, renseigne sur le manque de disponibilité de ce matériau.
Selon les détaillants, cette situation est due particulièrement à l’absence d’approvisionnement et aux échéances qui ne sont pas respectées. Le recours à des astuces d’épiciers qui consistent à vendre le kilo du ciment à 20 DA est une solution qui arrange les consommateurs, mais pour des petites quantités seulement. Quant aux grosses quantités, la hausse spectaculaire du prix et l’insuffisance d’approvisionnement due à une baisse remarquée de la production ne font qu’aggraver la tension sur les circuits de distribution au niveau de la capitale.
Selon nos interlocuteurs, la solution réside dans l’augmentation de la production des entreprises publiques. Les commerçants estiment que «l’augmentation du niveau de production entraînera un rééquilibrage du marché et un alignement des prix entre producteurs publics et privés». Ils soulignent également la nécessité de «la lutte sans relâche contre le commerce informel».

Impact négatif sur la réalisation des projets
Il est à noter cependant que la production du ciment dans certains sites a atteint des seuils appréciables. L’exemple est illustré par la Société des ciments d’Aïn Touta, dans la wilaya de Batna, qui a franchi le million de tonnes (1,2 million de tonnes en 2010), selon la déclaration de son directeur général faite le 7 février dernier.
Quant au retard enregistré dans la réception des unités de production de ciment, il est dû à plusieurs facteurs, dont les problèmes liés au foncier au niveau de certaines communes, en plus de difficultés dans l’approvisionnement des chantiers de réalisation en matériaux de construction, notamment le ciment.
Par ailleurs, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme Noureddine Moussa a déclaré, il y a quelques jours seulement à M’sila à propos de la hausse des prix du ciment, que cette question est «consommée» et «ne doit plus servir de prétexte ou d’alibi pour masquer les insuffisances» des entrepreneurs chargés de la réalisation de logements.
De son côté, le président de l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), M. Mouloud Kheloufi, a souligné, le 16 janvier dernier, que «plusieurs entreprises de réalisation n’ont pas perçu, à ce jour, le différentiel découlant des surcoûts de réalisation induits par l’augmentation du prix du ciment durant les trois dernières années».
Mohammed Zerrouki




   

 

 

 

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