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législatives 2017 : Guerre des mots entre chefs de parti

15 avril 2017 | 21:33
Hocine Adryen

Le FFS a peut-être joué sa dernière carte dès la première semaine de cette campagne électorale. La cause : des affiches de campagne amputées des photos de ses trois candidates qui, dans la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj, ont fait le buzz sur les réseaux sociaux et attiré l’attention des médias.

Comment un parti démocrate qui fait de la promotion et de l’égalité de la femme un axe très fort de son programme est-il allé jusqu’à masquer les visages de ses candidates ?

Même s’il a rectifié le tir en retirant les affiches de campagne pour « incompatibilité avec les principes et les valeurs du parti », le parti de feu Hocine Aït Ahmed a commis un acte gravissime.

Les justifications énoncées dans le communiqué du parti, rendu public, qui attribue cette faute à l’équipe de communication chargée de l’élaboration de l’affiche électorale coupable d’après eux d’avoir « escamoté » les photos des candidates ne tiennent pas la route. Les responsables du parti à Bordj-Bou-Arreridj n’ont pas agi ainsi sans avoir obtenu le quitus de la direction nationale. 

Pourquoi dès lors les blâmer publiquement et pourquoi le FFS n’a-t-il pas endossé cette faute ? A moins qu’en haut lieu de l’appareil, une guerre des clans ne se soit déclenchée entre modernistes et conservateurs. Le SG du FLN, Djamel Ould Abbès, a passé son week-end à Béjaïa et Tizi Ouzou.

Dans les deux villes, il s’est volontairement démarqué du discours traditionnel en affirmant d’abord à Béjaïa que « pas de Kabylie sans Algérie et pas d’Algérie sans Kabylie » et évoquant les « sacrifices consentis » dans la région qui « a eu le mérite d’avoir abrité le premier congrès du FLN, celui de la Soummam », qui a tracé la voie à l’indépendance nationale et Tizi Ouzou, où il a voulu surtout titiller le nationalisme des habitants, très durs à convaincre, en affirmant que cette localité a donné à la Révolution 11 colonels de la wilaya III historique.

« La proclamation du premier novembre tirée au village Ighil Imoula et la signature des accords d’Evian par un enfant de cette même région, Krim Belkacem », dira-t-il. Il a fallu attendre une semaine pour voir la première escarmouche lancée par le leader du RND, Ahmed Ouyahia, en direction de son rival Djamel Ould Abbès.

Exaspéré par le fait que le SG du FLN s’approprie totalement l’image du président Bouteflika ainsi que son programme, allant jusqu’à dire que le FLN n’a pas de programme autre celui du chef de l’Etat, Ouyahia a répliqué par cette tirade : « Certains prétendent défendre le programme du président Bouteflika. Le président est au- dessus des partis, il nous appartient à tous ! ».

Ouyahia et le syndrome des années 80

En plus d’Ouyahia, un autre chef de parti n’aime pas la suffisance de Djamel Ould Abbès, Amara Benyounès. De passage hier à Tizi Ouzou, il a répondu du tac au tac au SG du FLN qui a déclaré que le FLN « aura une majorité absolue des sièges » aux législatives : « Certains disent qu’ils vont avoir une majorité absolue. Mais il n’y a personne qui peut avoir 234 sièges à l’APN. Il va y avoir des alliances.

Nous sommes obligés d’aller vers des alliances pour former le nouveau gouvernement parce qu’il faut une majorité parlementaire pour former le gouvernement et aucun parti politique ne peut, seul, disposer d’une majorité parlementaire et faire ce qu’il veut du gouvernement », a affirmé Amara Benyounès. 

Les deux chefs de parti ont atteint leur cible. Celui qui était visé, Djamel Ould Abbès, a répondu à ses laudateurs hier à Médéa où il a appelé les formations politiques « à s’éloigner du discours vindicatif » et à « éviter tout dérapage verbal » à l’encontre des autres candidats. Ould Abbès a indiqué que son parti « refuse d’être entraîné dans des débats violents et vindicatifs, comme il refuse de sortir du cadre civilisé qui doit primer ».

Le SG du RND, Ahmed Ouyahia, a peur que l’Algérie retombe dans ses travers. Le syndrome des années 80, quand l’Algérie a connu une crise financière sans précédent, fait toujours peur à l’ex-chef du gouvernement. Avant-hier, il a appelé à la nécessité de sortir de la crise financière « sans recourir à l’endettement extérieur ».

Il a indiqué que l’Algérie « doit éviter de retomber dans l’erreur commise dans les années 1980 en recourant à l’endettement extérieur », car cela lui occasionnerait, selon lui, des « problèmes plus grands » sans pour autant dire lesquels.
Ouyahia a ajouté que « l’Etat doit dépasser cette crise, la troisième de son histoire après celles de 1986 et 1998 », par le bais de la rationalisation des dépenses, mais pas au détriment de l’investissement.

Lui emboîtant le pas, le président du parti El Moustakbal, Abdelaziz Belaïd, a appelé à l’ouverture d’une « concertation nationale constante » associant l’ensemble des partenaires de la scène nationale pour trouver des « solutions à la crise actuelle du pays ».

Belaïd a estimé que la concertation politique « doit être poursuivie et ne doit pas reculer » en associant les cadres, les experts et les spécialistes pour « comprendre d’une manière approfondie ce dont souffre le pays ». A l’inverse des propositions des deux partis cités plus haut, Louisa Hanoune propose de protéger la production nationale par « l’annulation de tout partenariat avec des étrangers » qui irait à l’encontre des intérêts du pays.

Le PT s’engage, selon elle, à rétablir « le monopole de l’Etat sur le commerce extérieur » et à « combattre toute hégémonie étrangère sur le foncier agricole » afin de garantir la sécurité alimentaire. Le rétablissement de « l’impôt sur la richesse » compte parmi les mesures que le PT envisage de mettre en œuvre. Le RCD s’est attaqué à la politique d’austérité : « C’est la pire des solutions surtout quand elle est appliquée aux seuls citoyens », dit-il. 

A Tipasa où il a animé un meeting vendredi dernier, Mohcine Belabbas a suggéré au gouvernement d’appliquer cette règle à la gestion du Club des pins : « Au lieu de prélever 50 milliards de DA chaque année pour l’entretien de ce complexe, il ferait mieux de le reverser dans son secteur originel du tourisme. Ainsi, il pourrait faire entrer dans les caisses de l’Etat des milliards de DA tout en créant de nombreux postes de travail ». Et ce n’est pas tout.

Le premier responsable du RCD a proposé au gouvernement de « contraindre » toutes les structures administratives et autres de l’Etat « à utiliser, pour leurs besoins en énergie, des énergies renouvelables, et pour leurs besoins en carburant le sirghaz ». 

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