une hypthèse aurait des effets collatéraux sur le marché informel algérien de la devise

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Une banque américaine agite le scénario d’un retrait des billets de 500 euros

Les «cambistes» du square Port-Saïd et des autres «bourses» algériennes du change parallèle n’en ont pas encore entendu parler. Mais l’idée -- si elle venait à se concrétiser – provoquerait des effets collatéraux sur le marché informel des devises.



Interpellée par le débat sur l’évasion fiscale, la France – et, au-delà, l’Europe – s’interroge sur l’opportunité de supprimer le billet de 500 euros. La banque d’investissement américaine Merrill Lynch vient de remettre cette hypothèse au goût du jour. Cet établissement financier, qui a pignon sur rue à Manhattan, y voit une solution idoine pour juguler l’évasion fiscale et assécher une source potentielle du blanchiment. Pour l’heure, rien d’officiel n’a été prévu par la Banque centrale européenne (BCE), l’institution en charge de l’émission de la monnaie unique. «Bien que la BCE n’ait pas prévu de supprimer les billets de 500 euros, nous pensons qu’elle le devrait», plaide l’expert bancaire croate Athanasios Vamvakidis cité par Le Monde.
Le billet de 500 euro est très prisé sur le marché informel algérien de la devise. Les «cambistes» du square Port-Saïd et des autres places de «change» en raffolent. Selon les familiers de ces marchés, le cours n’est pas le même suivant que la transaction se décline en billet de 500 euros ou en coupures de moindre valeur. Ces derniers jours, le cours pour un billet de 500 euros se serait négocié à hauteur de 148,5 dinars pour 148 dinars dans le cas de coupures de 10, 20, 50 ou 100 euros. Une telle valeur-ajoutée s’observe à l’achat comme à la vente.
Nul doute que la disparition de la coupure de 500 euros du marché informel algérien de la devise aurait des retombées sur les cours. Si la Banque centrale européenne venait à faire sien le scénario émis dans l’étude de la banque Merrill Lynch, le marché (national) informel de change s’en trouvera affecté. Le retrait du billet violet tant prisé assécherait à coup sûr les «cambistes» ambulants de Port-Saïd et des autres bourses informelles de la devise. Au-delà de sa teneur qui ne manquera pas d’être diversement appréciée par les milieux économiques et financiers européens, l’étude de la banque Merrill Lynch est intéressante à plus d’un titre. A coup d’indicateurs, elle permet d’avoir une idée sur le volume du billet de 500 euros par rapport aux autres billets en circulation. Les billets de 500 euros représentent un tiers de la valeur des billets en circulation, soit l’équivalent de quelque 300 milliards d’euros, selon l’estimation de la banque américaine. Autre observation de l’étude résumée par Le Monde : les coupures de 500 euros sont très peu utilisés, deux tiers finissant dans les coffres et sous les matelas.
De tous les pays de l’Union européenne, l’Espagne est la contrée européenne de prédilection du billet de 500 euros. A en croire l’étude de la banque Merrill Lynch, un quart des réserves européennes des billets de 500 euros circulerait dans les villes espagnoles. «Tout le monde nie en avoir vu, mais ces coupures sont en partie liées à l’économie souterraine et criminelle», note Le Monde.
Désignés par les Espagnols sous l’appellation des «Ben Laden», les billets de 500 euros avaient suscité l’intérêt des autorités monétaires espagnoles. «En 2006, la Banque centrale espagnole avait enquêté sur le grand nombre de billets de 500 euros en circulation, explique Roberto Saviano, l’auteur de l’ouvrage sur la mafia Gomorra. Les organisations criminelles les aiment, car ils ne prennent pas beaucoup de place. Un petit coffre-fort de 45 centimètres de long peut accueillir jusqu’à 10 millions d’euros».
M. K.

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