Quand le «premier flic de France» supporte le Barça contre le PSG
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- Créé le samedi 6 avril 2013 07:12
- Écrit par M. K.
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La droite dure crie au scandale et dénonce Valls «le catalan»
La venue de Messi et des siens à Paris pour en découdre avec le PSG version Qatar a donné à la tribune présidentielle du parc des Princes des allures d’hémicycle politique.
De l’ancien président UMP, Nicolas Sarkozy, aux deux prétendantes à la mairie de Paris, la socialiste Anne Hidalgo et Nathalie Koscuisko-Morizet de l’UMP, plusieurs «politiques» de tous bords ont pris place, mardi soir, pour assister à la rencontre. Tous étaient venus supporter le PSG et le soutenir face aux offensives du «Messie» Lionel. Tous sauf un, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Passionné de foot, dont il consomme les matches au stade et à la télé, Manuel Valls a joué, pour la circonstance, la carte du Barça. Le «premier flic de France» – selon l’expression de l’ancien ministre français de l’Intérieur, George Clemenceau – n’a pas attendu mardi soir pour préciser la couleur de son cœur : «Blaugrana», ou bleu et rouge du Barça.
Dès dimanche, le ministre s’est chargé d’annoncer la couleur. A la question de savoir lequel des deux clubs supportera-t-il, il répondait sans ambages : «Barcelone. C’est mon club, un club qui dépasse les frontières. Qui n’est pas supporter du jeu du Barça, de Messi, Iniesta… ? Malgré les titres, il y a dans cette équipe une joie de jouer et de gagner qu’on ne retrouve pas partout».
A l’heure de la mondialisation du foot-spectacle et de la disparition des frontières nationales du «supportérisme», le Barça et son «Messie» de Lionel recrutent sous tous les cieux. Dans les faubourgs d’Oran où un tube «raï» vante les Blaugrana, à Gaza et dans la lointaine Asie. La «meilleure équipe du monde» charme tous azimuts. Mais c’est la première fois qu’un ministre affirme supporter un club dont l’adversaire du jour est détenteur du même supporter que le sien.
Dans le vivier politique français, où certains sont toujours prompts à dégainer contre l’adversaire, le coup de cœur de Manuel Valls pour le Barça a fait polémique. Le «premier flic de France» a commis un crime de lèse-majesté. Supporter un onze venu de la voisine péninsule Ibérique au détriment du onze parisien, voilà qui n’a pas été au goût de certains représentants de la droite extrémiste ou dure. D’autant que le coup de cœur est celui d’un homme, Manuel Valls, Catalan ; natif de Barcelone et naturalisé Français au sortir de l’adolescence. Peu avant le coup d’envoi, Lionel Lucas – un député émargeant à droite de la droite – criait au scandale (politique). «M. Valls soutient le FC Barcelone contre le PSG et oublie qu’il est ministre, au profit de ses origines ! C’est son droit, mais il devait se taire», a-t-il chargé sur son compte twitter.
Le coup de cœur (catalan) n’a pas échappé au Front national. Toujours aux aguets dans ce genre de circonstances, le parti extrémiste s’est fait entendre par la voix de deux soldats de la troupe lépéniste. Florian Philippot, vice-président du parti, et Eric Domard, conseiller spécial de Marine Le Pen sur les questions sportives, ont chargé Manuel Valls, non sans lui rappeler ses origines espagnoles. «Il est regrettable qu’un ministre français supporte un club espagnol face à un club français. Manuel Valls est catalan, on peut comprendre son choix du cœur. Mais il n’avait pas besoin d’étaler ce choix sur la place publique», a déploré le second sur France TV Info. Quant au premier, il a été jusqu’à s’interroger sur le nationalisme de Manuel Valls. «Le ministre français de l’Intérieur qui soutient le Barça face au PSG : insupportable ! Où est le patriotisme ?».


