Attaque du complexe gazier de Tigentourine (In Aménas)

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L’effet boomerang

Les terroristes qui ont attaqué le 16 janvier dernier le complexe gazier de Tigentourine, à In Aménas, après avoir fait irruption sur le territoire algérien muni d’un arsenal de guerre très important, étaient originaires d’Egypte, du Canada, du Mali, du Niger,de Mauritanie et de Tunisie. Nos compatriotes, ainsi que des citoyens des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France, du Japon, de Norvège, d’Irlande et d’autres pays se sont retrouvés parmi les otages.

Suite à l’opération menée par l’armée algérienne, avec un très haut niveau de professionnalisme, la plupart des otages ont été libérés, la destruction projetée du complexe par les assaillants a été avortée et les terroristes ont été neutralisés.

En tentant d’analyser les racines et les raisons de la tragédie de janvier à Tiguentourine, le tableau suivant se présenterait. Des membres d’Al-Qaïda impliqués dans ces événements, comme dans nombre d’autres actes de terreur dans le monde entier. Une organisation qualifiée par tous de mal universel, de source de tous les malheurs.
Mais qu’est-ce que Al-Qaïda ? Cette organisation terroriste a été créée dans les années 1980 sur le territoire pakistanais, avec l’argent de certains pays du Golfe persique et le soutien d’organisations militaires de la CIA et d’autres services secret occidentaux.
Mission principale assignée : le recrutement de jeunes hommes parmi les musulmans du monde entier pour une participation ultérieure à la lutte contre les troupes soviétiques en Afghanistan.
Ces jeunes islamistes recevaient une préparation militaire spéciale, auprès d’instructeurs américains et de services secrets qui leur apprenaient les techniques de sabotage et de maniement d’explosifs et de missiles sol-air comme les Stinger. Quand les troupes soviétiques ont quitté l’Afghanistan, en 1989, les membres d’Al-Qaïda, avec le mouvement taliban, ont continué la lutte avec le régime de Nadjiboulla, les concurrents de l’Alliance du Nord (le leader des Tadjiks Ahmad Schah Massoud, l’Uzbek Doustom, le gouverneur de la région de Gerat Ismaïl Khan).
Plus tard, leur guerre s’est poursuivie avec les troupes de la coalition occidentale en Afghanistan. Le quartier général d’Al-Qaïda au Pakistan et ses nombreuses ramifications dans le monde entier se sont alors soustraits au contrôle des Etat-Unis, et le leader de cette organisation, Oussama Ben Laden, a proclamé le djihad contre les Etat de l’Ouest. Le seuil de violence et de nuisance était puissamment développé au point que ses «créateurs» ne se représentaient pas la possibilité de le stopper.
Les milliards de dollars US des banques arabes et islamiques, l’arme la plus moderne, les acquisitions avancées de la science, les technologies informatiques et les méthodes de travail des services secrets se sont retrouvés entre les mains de dizaines de milliers d’extrémistes islamistes, dont nombre ont reçu une formation dans les écoles supérieures des pays occidentaux. La probabilité de voir Al-Qaïda accéder aux armes de destruction massive devenait même élevée.
L’attaque contre les Etats-Unis le 11 septembre 2011 a été perpétrée par des citoyens migrants américains issus de pays arabes, entrés aux Etats-Unis et en Allemagne pour des études portant sur des techniques complexes, comme la navigation sur des avions de type Boeing. Les ressources humaines et financières d’Al-Qaïda et des Talibans sont inépuisables.
A la frontière pakistano-afghane, sous le couvert des écoles primaires islamiques, chaque année des jeunes prêts à servir l’idéologie de l’islam radical sont formés. Parmi ces promus, il en est qui sont originaires de pays d’Asie centrale, du Caucase du Nord, du Tatarstan.
Les uns venant compléter les détachements armés des Talibans, les plus doués étant orientés vers des pays occidentaux pour des études et, pour les plus fanatiques, vers des détachements de kamikazes.
La lutte contre Al-Qaïda est très difficile. Ses cellules créées dans divers pays sont autonomes et fonctionnent sans une direction commune centralisée. Ses membres sont unis par la même idée totalitariste. L’une des sources principales de financement de leur lutte contre la civilisation occidentale est l’héroïne et l’opium qui, selon les estimations des spécialistes, génère des dizaines de milliards de dollars US.
Dans le même temps, les Etats-Unis et leurs partenaires occidentaux, qui ont commencé formellement la lutte contre Al-Qaïda et les organisations similaires, ont également besoin de leurs services et les utilisent de temps à autre dans des buts intéressés, présentés comme des «intérêts nationaux».
En général, les actions des terroristes résultent de lobbying par des services secrets, des groupements pétroliers et de vente d’armes dans des cercles du pouvoir des pays occidentaux. Par exemple, les membres d’Al-Qaïda ont contribué aux hostilités contre le régime de Kaddhafi en Libye, et maintenant beaucoup de ces islamistes font la guerre contre le régime de Bachar Al Assad en Syrie ainsi que dans le nord du Mali contre les troupes de ce pays.
L’opération combinée des troupes françaises et des forces de pays africains pour rétablir l’ordre constitutionnel au Mali a provoqué l’attaque des terroristes contre le complexe gazier d’In Aménas. Son but principal était de prendre des otages, notamment des citoyens des Etats occidentaux. Il est évident que «le djinn de la violence produit pendant la guerre d’Afghanistan et le «printemps arabe» a rejailli sur ses sponsors comme un effet boomerang.
Après le début de l’opération de l’OTAN en Libye, on pouvait voir souvent à la télévision des Libyens embrassant le drapeau américain et avouant leur sympathie envers le président américain Obama.
Mais peu après, le monde a été le témoin d’une attaque à Benghazi ayant ciblé l’ambassadeur américain et quelques collaborateurs de la mission diplomatique, d’une tentative d’attaque sur la capitale du Mali et, enfin, de la prise d’otage en Algérie. Il est difficile de prévoir où des faits similaires pourraient avoir lieu. Et tant que la pratique de standards doubles et de division des terroristes sur les amis et les ennemis persistera, le monde continuera de dormir sur un volcan. Ainsi, dans des territoires comme celui de la Somalie où l’anarchie et le régime d’illégalité règnent et où des pirates attaquent des navires civils, le phénomène peut prendre de l’ampleur, s’étendre.
Les islamistes radicaux raffermissent partout leurs positions. De la guerre civile fratricide en Syrie et à la situation très anxieuse en Iraq et en Afghanistan, jusqu’au Yémen où les groupes d’Al-Qaïda prolongent leurs actions. Le boomerang lancé par les pays de l’Ouest en Afghanistan est revenu vingt ans après sur leur territoire, lancé en Libye a trouvé son but déjà dans un an. Quand et où reviendra «le syrien ?»

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