Paris procède à un mouvement diplomatique inhabituel au Sahel
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- Créé le samedi 23 mars 2013 20:27
- Écrit par M. K.
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Un spécialiste de la sécurité hérite de l’ambassade de Bamako
La situation au Mali et au Sahel provoque un bouleversement dans le réseau dispositif diplomatique français dédié à l’Afrique subsaharienne. Paris a procédé à un changement de son ambassadeur à Bamako et s’apprêterait à en faire de même pour le Sénégal et le Tchad, rapporte le quotidien français Le Monde.
Contre toute attente, le ministère des Affaires étrangères a annoncé, ce jeudi, un mouvement diplomatique «concernant plusieurs postes africains». Premier à être touchée, la mission diplomatique de Bamako sera dirigée par un diplomate doublé d’un sécuritaire. La France a lancé la classique procédure d’agrément au profit de Gilles Huberson. Il devrait remplacer Christian Rouyer, dont le séjour à Bamako n’aura pas dépassé deux ans. «Cela ressemble à un rappel prématuré», note un diplomate du Quai d’Orsay cité par Le Monde.
Ancien sous-directeur chargé de la sécurité des personnes au Quai d’Orsay, Gilles Huberson avait également exercé à l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI), une institution de formation qui a accueilli, ces dernières années, de nombreux Algériens (DGSN, commandement de la Gendarmerie nationale et Protection civile).
Gilles Huberson était, jusque-là, le patron de la «Mission Mali Sahel» au Quai d’Orsay. Il s’agit d’une sorte de «task force» mise sur pied dans la foulée de l’irruption de la crise malienne. Composée de spécialistes issus de secteurs divers - politique, diplomatie, sécurité, développement -, cette structure a vocation à «répondre plus efficacement à des situations de crise grâce à une approche globale», selon Le Monde. Gilles Huberson parti à Dakar, son poste sera confié à une dame, Véronique Roger-Lacan, sous-directrice Asie du Sud au Quai d’Orsay, une fonctionnaire venue du ministère de la Défense.
A Dakar, c’est Jean Félix-Paganon, un spécialiste de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, qui devrait représenter la France. Il était, jusque-là, envoyé spécial pour le Sahel auprès du ministre des Affaires étrangères.
Officiellement, ce jeu de chaises musicales dans le dispositif diplomatique africain de Paris est présenté comme un «mouvement normal dans la vie du Quai d’Orsay».
Mais le Monde y voit un «mouvement inhabituel par son ampleur» qui touche une «même zone géographique».
Citée par le même journal, une source du Quai d’Orsay justifie ces changements par le contexte régional. «Nous entrons dans une nouvelle phase. La phase intensive de combats s’achève. Nous entrons dans un processus de stabilisation de la sécurité qui sera assuré par les forces africaines puis les casques bleus de l’ONU. La France passant progressivement le relais. Il faudra parallèlement gérer les processus politiques, avec des élections à venir, de réconciliation nationale et de développement.»


