Damas en appelle aux BRICS, Paris et Londres veulent armer l’opposition
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- Créé le lundi 18 mars 2013 18:49
- Écrit par M. K. et Agences
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Les organisations internationales favorisent le dialogue
Seule une solution diplomatique concertée prévaudra pour une sortie de crise dans le conflit syrien s’accordent à dire les diplomates arabes et européens au Caire et à Bruxelles. Ces positions reflètent le désarroi du camp anti-Assad qui a misé, semble-t-il, sur le mauvais cheval pour renverser le gouvernement syrien légitime. Cette évolution signifie également que Damas a réussi à tenir en échec toute une coalition qui ne sait plus à quel saint se vouer.
La solution diplomatique reste défendue par l’envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, qui a rencontré hier au Caire le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al Arabi, afin de faire le point de la situation en Syrie en conflit depuis deux ans. Les discussions interviennent à une semaine du sommet des chefs de la diplomatie arabes qui se tiendra la semaine prochaine à Doha au Qatar.
Par ailleurs, les ministres européens des Affaires étrangères réunis récemment à Bruxelles en Belgique, avaient réitéré leur attachement à une solution politique concertée, prônée par les Nations unies.
Cet attachement semble officiellement partagé par le président syrien Bachar el Assad qui a appelé dans une missive transmise hier au président sud africain Jacob Zuma, par une de ses conseillères à la communication, Mme Chaabane Boutheina, les BRICS (Brésil, Russie, Inde Chine et Afrique du Sud), dont le sommet est prévu le 26 mars à Johannesburg, à favoriser et soutenir une solution politique.
Par ailleurs, à Istanbul en Turquie, plusieurs dizaines de membres de l’opposition syrienne se sont réunis hier pour tenter de désigner un Premier ministre qui aura à choisir les membres de son cabinet provisoire afin d’administrer les régions de Syrie contrôlées par les rebelles, ce qui augure, selon les observateurs, d’un statu quo qui enfoncera la Syrie et les pays limitrophes voire la région toute entière dans une situation explosive.
Douze personnalités sont candidates au poste de chef du gouvernement, a indiqué hier un membre de la coalition, Khaled al-Saleh, précisant que l’élection aurait lieu sous la forme d’un scrutin majoritaire à deux tours. Les 73 membres de la coalition doivent d’abord se mettre d’accord sur la nécessité de former un gouvernement intérimaire ou de se limiter à mettre sur pied un organe exécutif aux pouvoirs plus limités.
Autre élément qui risque d’exacerber le conflit, la décision de la France, cette semaine, qui s’est comme la Grande-Bretagne, prononcée pour une levée de l’embargo européen sur les armes à la Syrie, demandant aux 27 pays membres de l’UE de prendre rapidement une décision en ce sens. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a justifié ce choix par le fait que le réseau terroriste d’Al-Qaïda pourrait «prendre le dessus» sur le terrain. Un contre-sens, puisque les éléments terroristes que craint Paris opèrent déjà en Syrie, armés et embrigadés par les services européens, arabes et turc.
La représentante de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, avait réagi samedi dernier avec beaucoup de prudence à l’idée avancée par Paris et Londres d’armer l’opposition syrienne, estimant qu’il faut en examiner «très soigneusement» toutes les conséquences.
Les réserves de Mme Ashton sont soutenues par des experts qui tous ont estimé que la livraison d’armes à l’opposition syrienne demandée par la France sort du cadre de la légalité internationale.
L’un d’entre eux, un Français, Alain Chouet, ancien chef de poste de la DGSE à Damas, puis cadre supérieur des services secrets, s’est dit «confondu» par cette affaire, dans un entretien à l’hebdomadaire français Le Point dans sa version web.
«On se trouverait complètement en dehors de la légalité internationale, dans une situation sans précédent», a-t-il déclaré, précisant que son pays n’avait pas de mandat de l’ONU pour renverser le président Assad quels que soient ses torts. «Ce n’est pas aux Français ni aux Anglais de le faire, mais aux Syriens», a-t-il déclaré.


