Siderurgistes et lafarge s’affrontent à arcelormittal Annaba

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Renationalisation vs concession 

Nouveau rebondissement au complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Le communiqué diffusé la semaine dernière par la direction générale d’ArcelorMittal niant l’application de la formule 51/49 en faveur de Sider, actuellement détenteur de 30%, ou encore la renationalisation du complexe sidérurgique a été un véritable coup de tonnerre chez les travailleurs.

Jeudi dernier, plus de 3 000 d’entre eux ont assisté à une assemblée générale organisée par le conseil syndical du complexe sidérurgique le comité de participation d’ArcelorMittal Annaba. Les représentants des travailleurs ont scandé l’application des accords collectifs signés entre la direction générale d’AMA et le partenaire social. Ces accords ont été conclus en 2011 quand Smaïl Kouadria était à la tête du syndicat d’entreprise. D’ailleurs, ce dernier a assisté à la réunion d’avant-hier en tant que député venu apporter sa solidarité aux sidérurgistes. Il faut signaler que les revendications des travailleurs contenues dans les accords de 2011 concernent surtout la revalorisation des salaires, les régimes indemnitaires, les primes de poste, les primes de nuisances et d’astreinte, le dossier de recrutement et surtout les organigrammes. Critiquant la politique de gestion d’ArcelorMittal, les syndicalistes ont dénoncé que la « multinationale de sidérurgie n’a jamais été à la hauteur de ses promesses depuis son installation en Algérie (…). Des 2 millions de tonnes de liquide promis par Ispat, devenu après ArcelorMittal pour atteindre ces objectifs, le complexe sidérurgique n’a jamais dépassé un million de tonne/an ». Pis encore, AMA n’a jamais injecté des fonds sérieux pour le renouvellement des installations industrielles du complexe. Les syndicalistes étaient avant-hier très en colère, jusqu’à réclamer la renationalisation de l’usine d’El-Hadjar. Ovation des sidérurgistes devant cette réclamation, qui semble importante à leurs yeux. Mais, revenons au jeudi 7 février dernier où Arnaud Poupart-Lafarge, directeur général des «produits longs Europe», a effectué une visite de travail au complexe d’El-Hadjar, déclarant à la presse : « ArcelorMittal va rester en Algérie et son groupe va travailler sur le long terme pour augmenter la production de l’acier.» Et de poursuivre pour mettre fin à toutes les rumeurs concernant des changements à AMA : « Le contrat signé en 2001 entre le gouvernement algérien et ArcelorMittal n’est pas une simple feuille de papier dont les dispositions peuvent être transformées au gré de l’humeur de l’une ou de l’autre partie (…). L’accord a été passé sous forme de concession à hauteur de 70 % des actifs et permet au groupe leader mondial de l’acier de gérer comme il l’entend et durant 99 ans toutes les unités anciennement propriétés des entreprises du groupe Sider ». Enfin, lors de l’assemblée générale avec les travailleurs, ont est longuement revenu sur le renouvellement des sections syndicales et du conseil syndical d’entreprise ArcelorMittal qui devront avoir lieu après l’obtention des revendications et sous surveillance de la centrale syndicale, et non sous celle des deux instances locales qui, selon leurs propos, ne représentent rien pour raison qu’ils ne «sont pas travailleurs». Il y a risque de pourrissement dans les prochains jours. 

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