Proposition de formation d’un gouvernement de technocrates
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- Créé le vendredi 15 février 2013 20:27
- Écrit par Hocine Adryen
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Jebali met la pression sur les partis
La Tunisie est en attente aujourd’hui d’un accouchement à la césarienne. En effet, toute la classe politique attend impatiemment ce que va donner la proposition soumise hier aux députés de l’assemblée nationale constituante par le chef du gouvernement Hamadi Jebali, qui consiste à former un gouvernement de technocrates sans appartenance politique.
Le chef du gouvernement avait annoncé la couleur avant-hier, en signalant l’absence d’un accord politique sur sa proposition de former un nouveau gouvernement de compétences nationales, attribuant aux partis la responsabilité de l’échec ou de la réussite de son initiative : «S’il y avait consensus autour de cette initiative, j’aurais annoncé aujourd’hui- même (jeudi dernier) la formation d’un gouvernement de technocrates», a-t-il-dit. Une majorité de députés dont ceux d’Ennahda, le parti auquel appartient Jebali refuse cette proposition, appuyé par le mouvement Nida Tounes du leader Caid Essebsi, et aussi par l’armée qui veut éviter un chaos politique aux conséquences dramatiques. La crise politique aigüe semble ainsi s’installer dans la durée au grand dam des Tunisiens, qui vivent dans l’angoisse des mauvais jours. Même si la rue donne cette nette impression que la vie continue malgré les promesses restées sans lendemain, il n’en demeure pas moins qu’elle continue d’être attentive aux derniers développements. En cas de refus de l’assemblée constituante, le chef du gouvernement devra présenter sa démission aujourd’hui pour ouvrir la voie aux consultations élargies que devra faire le président par intérim Moncef Marzouki, selon l’ articile15 de la petite Constitution qui stipule que le président Marzouki procédera à des consultations avec les différents partis et groupes parlementaires en vue de nommer la personnalité la plus apte a former le nouveau gouvernement, selon les procédures et les délais précisés dans cet article. Le nouveau chef du gouvernement pressenti sera chargé ainsi de constituer un nouveau gouvernement et de présenter le résultat de ses consultations dans un délai de 15 jours au président de la République, qui en informera le président de l’ANC. Laquelle se réunira en plénière dans les trois jours qui suivent pour voter la confiance ou le rejet du nouveau gouvernement et ce, à la majorité absolue. Si l’ANC rejette le gouvernement, la situation sera bloquée car la Constitution n’a pas prévu ce cas précis. Ces derniers jours le chef du gouvernement n’a pas arrêté de consulter les personnalités politiques parmi les plus sages d’entre elles et il avait même associé à ces discussions le chef d’Etat-major de l’armée Rachid Amar, qui demeure une caution morale pour l’ensemble des partis politiques pour son rôle joué dans la destitution de Benali. Le chef des armées Amar Habib a assisté à deux reprises aux discussions élargies, avec l’approbation de Hamadi Jebali, qui commence à prendre ses distances avec son parti. Il a engagé un bras de fer avec son mentor Ghannouchi. Si ce dernier n’en démord pas, le parti Ennahda n’avance pas, lui en rangs serrés puisqu’il est divisé et c’est cette carte que Jebali compte jouer. Il a pour cela la caution de plus d’un tiers des membres influents d’Ennahda. Le mouvement Ennahda, qui avait d’ailleurs prévu pour hier une manifestation devant l’ambassade française, a reporté cette initiative pour aujourd’hui, soit au lendemain. Cette enceinte est totalement quadrillée par l’armée tunisienne ainsi que tous les édifices publics. De notre envoyé spécial à Tunis.


