Tunisie

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La veuve de Chokri Bélaïd demande une protection

La veuve de Chokri Belaïd, un opposant assassiné mercredi en Tunisie, a demandé le 9 février au ministère de l’Intérieur du pays d’assurer la protection de sa famille, rapporte dimanche la chaîne de télévision Al-Arabiya. 

«Après l’assassinat de Chokri, je me suis adressée au ministère de l’Intérieur pour demander une protection officielle à moi et à mes deux filles. Si quoi que ce soit arrive à ma famille, j’en tiendrai le ministère de l’Intérieur pour responsable », a déclaré Basma Belaïd qui avait auparavant accusé le parti Ennahda au pouvoir d’avoir assassiné son époux. Le meurtre du leader de l’opposition laïque Chokri Belaïd, assassiné de quatre balles devant son domicile, a provoqué une vague de manifestations à Tunis et dans d’autres villes du pays. Selon les observateurs, ce meurtre serait l’œuvre de « services étrangers », « probablement occidentaux », et ce pour créer l’instabilité en Tunisie et amener Ennahda, un parti élu démocratiquement, « à se tenir sur la défensive ». Mercredi soir, le premier ministre Hamadi Jebali a décidé de dissoudre le gouvernement pour former un cabinet d’unité nationale comprenant des technocrates affiliés à aucun parti. Tenues vendredi, les funérailles de Chokri Belaïd ont rassemblé des dizaines de milliers de Tunisiens. Les tunisiens soutenant la légalité, sont sortis à leur tour pour « contre l’ingérence de la France » dans les affaires de la Tunisie. Des centaines de milliers de tunisiens sont sortis spontanément samedi manifester dans le centre de Tunis, sur l’avenue Habib-Bourguiba. Désigné comme responsable des violences politiques par les laïques qui défilaient derrière le cercueil de Chokri Belaïd, le leader de gauche assassiné mercredi, Ennahdha entend répliquer sur le même terrain : la dénonciation du désordre. Le parti veut aussi protester publiquement contre les propos de Manuel Valls, ministre français de l’Intérieur, qui a stigmatisé le « fascisme islamique ». L’ambassadeur de France à Tunis, François Gouyette, a eu un entretien à ce sujet avec le Premier ministre, Hamadi Jebali. Le parti défend également les pouvoirs de l’Assemblée nationale constituante, désignée par les urnes en octobre 2011. Il y détient une majorité relative. Jebali est entré en conflit avec la ligne politique définie par les « durs » d’Ennahdha en se prononçant à nouveau hier pour un large remaniement gouvernemental qui verrait l’arrivée de technocrates apolitiques aux postes clés, en attendant la tenue d’élections générales. 

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