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Ould Abbes poussé à la sortie

14 novembre 2018 | 22:57
Ould Abbes FLN M.Kouini


C’est exactement le même scénario qu’a vécu son prédécesseur Amar Saidani, à la tête du vieux parti dont la cuisine interne est des plus spéciales. Djamel Ould Abbès a démissionné ce mercredi en fin de matinée de son poste de secrétaire général du Front de libération nationale. Il occupait ce poste depuis octobre 2016 et a dirigé le parti dans des circonstances particulières sur le plan politique et économique, notamment avec des victoires électorales controversées lors des législatives et des communales de 2017.


Officiellement, Ould Abbès, qui se prévalait d’être parmi les plus proches de l’entourage présidentiel, a prétexté des raisons de santé, un malaise cardiaque à l’aube qui l’a poussé à son évacuation vers l’hôpital militaire d’Ain Naadja. Selon des sources officielles du parti, Ould Abbès a déposé un congé de maladie de longue durée et aurait reçu des consignes strictes de la part de ses médecins traitants. Selon les mêmes sources, sa convalescence nécessiterait donc un repos complet et un retrait de la vie politique et des charges lourdes que lui imposent la gestion d’un parti et de ses appareils comme le FLN, alors qu’il s’apprêtait à batailler férocement pour gagner les prochaines sénatoriales.


L’intérim au poste de secrétaire général du parti sera assuré par Moad Bouchareb, l’actuel président de la Chambre basse du parlement, nouvellement installé suite à un long bras de fer entre les députés de la coalition présidentielle et Said Bouhadja, victime d’un retrait de confiance inédit dans les annales parlementaires.


Pour le moment, c’est cette personnalité de la région de Sétif qui va diriger le FLN, mais dans un système collégial. Selon nos informations, il s’agirait d’une direction collégiale qui a été installé à la va vite, et dont la mission première est de préparer rapidement une feuille de route. Si pour le moment aucun nom n’a été divulgué sur la composante de cette direction collégiale, il est sûr que la durée de vie de celle-ci est courte et ne pourrait dépasser le mois de janvier. Les échéances des présidentielles, prévues en principe vers la mi-avril, ainsi que les sénatoriales de fin décembre, imposent de nouvelles urgences politiques et organiques pour le parti, appelé à jouer un rôle majeur.


C’est ainsi que nos sources révèlent que cette direction va s’atteler à convoquer une session extraordinaire du Comité central. C’est cet organe qui va ensuite entériner les préparatifs du Congrès extraordinaire, qui pourrait se tenir fin janvier ou début février. C’est cette instance qui va élire un nouveau secrétaire général pour un mandat de quatre ans. Le règlement intérieur du parti stipule que le président du parti, qui n’est autre que le président de la République Abdelaziz Bouteflika, a les prérogatives de convoquer la tenue d’un Congrès, ou de désigner un SG intérimaire lors de la prochaine session extraordinaire du Comité central, sans passer par les urnes, comme cela s’est déroulé avec la nomination de Saidani en aout 2014, alors que le FLN vivait une crise interne des plus aigües. Même le plébiscite d’Ould Abbès a eu lieu de la même manière, avec une simple déclaration de Saidani, qui prétexta des soucis de santé pour démissionner de son poste, et proposa son successeur sans passer par un processus normal, comme le dépôt des candidatures et les urnes au suffrage direct parmi les quelques centaines de membres du Comité central.


Cependant, pour beaucoup d’analystes et d’observateurs de la scène nationale, Ould Abbès a été poussé vers la sortie. « On lui a signifié sa fin de mission » nous dit-on, en raison non pas du conflit naissant avec l’influent Tayeb Louh, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, qui a eu des mots très durs avec la gestion passée de Ahmed Ouyahia à la tête de l’exécutif, mais plutôt avec le flot des critiques émanant du cercle présidentiel.


Selon nos sources, le président Bouteflika aurait été mécontent de la démarche d’Ould Abbès, qui a échoué dans sa première mission, à savoir mettre en place les mécanismes pour une réconciliation historique avec tous les cadres du FLN et l’unification des rangs. En deux ans, Ould Abbès n’a pas réuni le CC, alors que les statuts su parti et la conjoncture le lui imposait. Sa gestion quotidienne du parti n’a pas été du gout de beaucoup de hauts cadres chevronnés, qui lui reprochaient des décisions unilatérales et des déclarations intempestives qui ont fait la risée des réseaux sociaux et des médias.


 


D’ailleurs, lors des premiers mois de son intronisation, Ould Abbès n’a pas cessé de nouer des contacts avec les rebelles et les mécontents qui étaient contre Belkhadem ou contre Saidani, voire même contre le virevoltant coordinateur de l’instance provisoire. Ce beau monde du FLN a complètement atomisé le vieux parti majoritaire, le vidant de sa substance et le rendant presque imperméable à sa modernisation, vivant encore de discours obsolète, faite de légitimité et gavé d’histoire, loin des préoccupations des générations actuelles. Or, selon nos sources, ces changements au sein du FLN sont intimement liés aux premières secousses qu’a connues l’Assemblée populaire nationale et les perspectives d’un changement important dans le gouvernement, en prévision des élections présidentielles.

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