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Vers un gouvernement de large consensus

10 mai 2017 | 21:08
H. Rabah

Alors que c’était juste des hypothèses, voilà que le président Abdelaziz Bouteflika vient de proposer officiellement au parti islamiste modéré, le MSP, une participation au gouvernement qui sera formé dans les prochains jours.

Le président du mouvement islamiste, Abderrezak Mokri, a confirmé à plusieurs médias cette proposition. Hier en fin de matinée, c’est le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui a invité Mokri à une réunion de travail, durant laquelle il lui a transmis cette proposition d’intégrer le prochain exécutif. Sellal lui aurait confié également que cette offre émanait du chef de l’Etat en personne.

Si Mokri a évité de répondre rapidement à cette sollicitation, il n’a pas manqué de noter qu’au sein de son parti, il existe des tendances politiques assez fortes qui veulent intégrer le futur gouvernement, et dont le chef de file n’est autre que l’ancien président du MSP Aboudjerra Soltani.

Or, Mokri en personne est le leader du courant « radical » qui veut arrimer le mouvement dans un pôle de l’opposition au pouvoir. Il a d’ailleurs dévoilé ses positions récemment, expliquant toutefois qu’il posera ses propres conditions en cas de constitution d’un exécutif de large coalition.

C’est ce week-end que le majlis echoura du MSP se réunira pour débattre de cette question, bien que certaines sources évoquent plutôt un assouplissement de la part du MSP en attendant le début des négociations réelles.

Selon nos informations, le Premier ministre sera certainement reconduit jusqu’à la fin des élections municipales qui auront lieu, en principe, au mois de novembre.

Ce sera lui qui formera son gouvernement, dont l’assise politique sera connue dès l’annonce officielle du Conseil constitutionnel, après examen des recours et le rapport de synthèse finale que devra déposer Abdelwahab Derbal, le président de la Haute instance indépendante de supervision des élections, dont certains échos donnent déjà la date du 21 mai prochain.

On sait que plusieurs partis politiques ont déposé des recours, certains sont apparemment solides, et attendent d’être examinés par l’institution de Mourad Medelci et celle de Derbal, afin de mesurer la crédibilité du pouvoir et la justesse des assertions des uns et des autres. Il s’agira certainement d’un grand test politique qui déterminera la future feuille de route du gouvernement.

Reste une énigme, celle du chef de cabinet du chef de l’Etat qui garde le silence en dépit de l’annonce des scores. Il est le seul chef de parti qui n’a pas réagi après le vote et surtout l’annonce des résultats.

On ne sait rien sur les raisons de cette attitude, sauf que certains observateurs pensent qu’Ouyahia serait mécontent de certaines irrégularités observées dans des circonscriptions électorales notamment à l’Est, et que son score à l’Ouest, où il a fait une campagne agressive serait plus élevé que celui annoncé, accusant l’administration de lui avoir confisqué des sièges.

Toutefois, de là à penser que le RND va refuser d’intégrer un gouvernement dirigé par Sellal serait un pas que beaucoup ne franchiront pas.

Toujours selon nos informations, le Premier ministre va entamer dès les prochains jours des consultations et des pourparlers avec sept ou huit partis politiques sur instigation et recommandation du président Bouteflika.

On en ce qui concerne avance que des portefeuilles seront accordés à des partis comme TAJ de Amar Ghoul, le MPA de Amara Benyounès, l’ANR de Belkacem Sahli et du Moustakbal de Belkacem Belaid...

Il semble que les trois-quarts des ministres actuels ne seront pas reconduits, sauf certains qui font partie d’un cercle assez réduit autour de la mouvance présidentielle comme le ministre de l’Habitat Abdelmadjd Tebboune, qui doit justifier son plan de charge avec la réception de la Grande Mosquée ou le ministre de l’Energie Noureddine Boutarfa.

Il est également prévu, à cette occasion, de remodeler la configuration actuelle du gouvernement où existent déjà des départements « bicéphales » ( Messahel et Lamamra) et de revoir la charpente de l’exécutif.

Si la reconfiguration de cette charpente sur le plan administratif n’est pas une urgence, celle de la constitution d’une large coalition gouvernementale l’est politiquement et stratégiquement.

Bien que Bouteflika ne veuille pas reconduire l’ancien scénario de la mise en place d’une Alliance présidentielle comme celle qui a existé en 2004, il préconise cependant l’ancienne expérience qu’il a mise en pratique en 1999, quand il constitua son premier gouvernement sous Benbitour Ahmed, après près de 8 mois.

Ce premier exécutif de Bouteflika était constitué de sept partis politiques, dont certains étaient inimaginables à l’époque, comme le RCD de Said Sadi. Cette large coalition avait volé en éclats deux ans plus tard, avec les événements violents de la Kabylie et les ambitions naissantes de Benflis, alors SG du FLN. 

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