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6003

Une querelle inédite

12 mai 2015 | 02:03
Amar Ferdi.


Le feuilleton Hanoun-Labidi est bien parti pour meubler un bon moment l’actualité politico-judiciaire des Algériens. Déjà « soigneusement » garnie de procès dont l’un qualifié du siècle, la justice algérienne pourrait encore se voir cette année solliciter pour un cas d’espèce inédit. Voir Louisa Hanoun, l’inamovible patronne du PT, sur les bancs des accusés ne sera pas un fait anodin. Mais pour cela, il est évident que la concernée devrait faire preuve de courage en renonçant à la précieuse immunité parlementaire.

La plaignante, la ministre de la Culture, n’a pas trop tergiversé pour mettre à exécution « sa menace ». Moins d’une semaine après les tirs à boulets rouges de Hanoune, l’accusant de « trafic d’influence » et de « gaspillage de deniers publics », Mme Labidi est passée à l’acte en chargeant ses avocats de porter l’affaire devant les juges au moment au sein de l’hémicycle les troupes de Hanoune assurent détenir les preuves qui feront plier la chef du département de la Culture.

Il est clair que si la très jeune vie politique de Mme Nadia Labidi ne lui a guère laissé le temps de se forger, celle de Hanoun, semble plus étoffée tant elle est aussi rompue à ce genre de combat y compris dans les tribunaux. La dirigeante trostkyste gravite depuis plus de deux décennies autour des cercles restreints du pouvoir politique pour avoir été candidate au poste de premier magistrat du pays trois fois de suite (2004, 2009 et 2014). Face à Labidi, elle endosse l’habit de la comptable et de la protectrice des deniers publics comme il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’une manœuvre lui permettant de se maintenir en course, si course il y aura, pour un poste qui la rapprocherait d’avantage du sérail.

Hanoune surfe sur la vague des scandales qui alimentent les chroniques judicaires et font couler beaucoup d’encre tant des ministres et hauts fonctionnaires sont montrés du doigt. Les révélations dans les affaires Sonatrach 1 et 2, autoroute Est-ouest, sont autant d’atouts croustillants pour l’opposition pour brocarder les autorités.
En tout cas au dépôt de plainte de la ministre, la députée, première à avoir dégainer, se replace sur la défensive mettant en haleine tout le monde. Hanoun renoncera-t-elle à son immunité parlementaire ?

C’est à ce détail que dépendra la suite de ce feuilleton et de la bataille judiciaire qui s’annonce et qui fera date dans les annales de la justice algérienne. Cette bataille inédite aux effluves féminins s’annonce palpitante et pourrait ouvrir aux autres ministres chargés par leurs détracteurs a suivre le pas de Labidi. Mais en attendant, la balle est dans le camp de celle qui a « osé » tirer la première...

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