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Un test de diagnostic de la maladie intestinale chez l’enfant

3 juin 2017 | 21:44
Rédaction JI

Un nouveau test génétique pour apprécier la sévérité de la maladie inflammatoire de l’intestin chez les enfants, c’est la proposition de cette équipe de de l’hôpital universitaire d’Akershus d’Oslo lors de la Réunion annuelle de l’European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology and Nutrition (ESPGHAN) de Prague.

L’étude norvégienne montre que ce nouveau test génétique de caractérisation du microbiote intestinal peut aider à diagnostiquer la maladie intestinale inflammatoire chez les enfants et prédire quels enfants développeront la forme la plus sévère et auront besoin d’une intervention plus précoce et plus agressive.

Les chercheurs d’Oslo présentent les scores de ce test via un essai qui a évalué les profils du microbiote fécale chez des enfants récemment diagnostiqués de maladie inflammatoire intestinale vs chez un groupe témoin d’enfants en bonne santé : les chercheurs ont analysé des échantillons de matières fécales de 235 enfants et adolescents (80 atteints de la maladie de Crohn, 27 de colite ulcéreuse, 3 de syndrome du côlon irritable, 50 présentant des symptômes mais sans diagnostic de maladie inflammatoire de l’intestin et 75 enfants en bonne santé).

L’analyse via le nouveau test « GA-map™ IBD Dysbiosis » ou test GA-map™ de dysbiose intestinale utilise un profilahe avancé ADN permettant d’identifier jusqu’à 300 bactéries différentes sur différents niveaux taxonomiques.

Les profils microbiotiques ont ensuite été comparés entre le groupe des enfants atteints de maladie inflammatoire intestinale, de ceux présentant des symptômes, et des enfants en bonne santé.

Les chercheurs constatent des différences dans les profils des microbiotes entre les 2 groupes et associent les profils de microbiote les plus perturbés (dysbiose) avec les formes de maladie intestinale inflammatoire les plus sévères et justifiant une thérapie biologique.

L’équipe constate notamment que l’intensité du signal du test qui indique l’abondance de différentes espèces bactériennes est considérablement réduite chez les enfants atteints de maladie intestinale et ceux présentant des symptômes, par rapport aux enfants en bonne santé. Une maladie intestinale plus étendue et plus sévère est associée à des niveaux élevés de bactéries Clostridiales, une maladie de Crohn étendue à plus de protéobactéries.

Un type profilage utile en pratique clinique pédiatrique : en effet, les maladies inflammatoires intestinales sont souvent beaucoup plus agressives chez les enfants -vs les adultes- et plus difficiles aussi à diagnostiquer.

Des enfants traités avec des inhibiteurs du TNF présentaient avant leur traitement une plus faible diversité de Firmicutes, Tenericutes et de Bacteroidetes et de plus faibles niveaux d’Actinobactéries vs ceux qui ont finalement été traités avec des médicaments standards. Bref, ce test de profilage génétique du microbiote fécal va permettre de mieux diagnostiquer et gérer ces maladies chez les enfants.

C’est aussi une nouvelle démonstration de la responsabilité de la dysbiose microbienne intestinale dans la pathogenèse des maladies inflammatoires intestinales chez l’Enfant.

Les résultats suggèrent que les profils de microbiote fécal peuvent être utilisés pour identifier quels sont les enfants à risque de forme plus sévère de maladie intestinale et qui nécessitent donc un suivi plus intensif et éventuellement un traitement plus précoce et plus agressif.
2e papier

Le MICROBIOTE a son propre système de sécurité en cas de dysbiose

Un régime malsain modifie la composition de la flore intestinale et cette « dysbiose » peut déclencher la maladie la maladie métabolique. 

Cette équipe française de l’Université Paul Sabatier (Toulouse) précise voire infirme ce processus. Sur des souris modèles d’obésité, les chercheurs montrent, dans la revue Molecular Systems Biology, que la dysbiose peut aussi avoir des effets bénéfiques sur le métabolisme du foie et que finalement, le microbiote possède son propre système de sécurité contre les maladies métaboliques. Jusqu’à certaines limites.

On sait que l’intestin « fourmille » de micro-organismes, et cette flore ou microbiote intestinal joue un rôle important dans la régulation du métabolisme et le fonctionnement du système immunitaire.

De nombreuses études ont montré qu’un microbiote intestinal équilibré favorise la santé métabolique (et la santé mentale) mais que l’excès de communautés bactériennes « dysbiótiques » peut être cause de maladies.

Cependant, toutes ces études, expliquent ici les auteurs, suivent des méthodologies similaires qui peuvent avoir un impact sur leurs conclusions : en effet, dans la majorité des études, c’est par transplantation de bactéries dysbiotiques à des souris axéniques privées de microbiote, que les « démontrent » les effets microbiotiques. Par exemple, des souris axéniques vont recevoir le microbiote intestinal de souris obèses et…devenir obèses.

L’approche adoptée est foncièrement différente car les chercheurs estiment que des souris privées de microbiote, ont du coup, une barrière intestinale altérée, subissent une prolifération incontrôlée des bactéries, et dans tout le corps, mettant ainsi à dure épreuve un système immunitaire d’ailleurs incomplètement développé.

Alors, plutôt que d’utiliser des souris axéniques comme receveurs, l’équipe a décidé d’utiliser des souris saines, non traitées auparavant par antibiotiques (pour l’élimination du microbiote).

Et, chez ces souris saines, l’équipe aboutit à une conclusion toute autre : une dysbiose n’est pas nécessairement nocive, elle peut même conduire à des adaptations métaboliques qui protègent le corps contre la maladie !

La dysbiose intestinale n’est pas nécessairement nocive : ainsi, lorsque l’équipe transplante du microbiote « malsain » de souris obèses à des souris saines, ils constatent que la production de glucose dans le foie est réduite et non accrue.

Le microbiote a donc son propre système de protection, qui lui permet de contrer l’effet métabolique néfaste d’un régime riche en graisses. Et ce système permet de protéger l’hôte des conséquences. Lorsque dans un second temps, les chercheurs donnent à ces souris transplantées un régime alimentaire riche en graisses, ces souris sont comme protégées contre l’obésité.

Leur masse corporelle n’est pas modifiée et leur tissu adipeux est formé de cellules adipeuses plus petites, en accord avec l’augmentation des acides gras libres dans le plasma. En conclusion, ce phénomène de dysbiose après un régime alimentaire riche en matières grasses n’est pas forcément préjudiciable.

Tant que la barrière intestinale est intacte et le système immunitaire fonctionnel, la dysbiose peut même aider le corps à développer ses défenses contre les effets métaboliques d’un régime malsain. C’est donc un nouveau débat d’experts qui s’ouvre sur le rôle de la dysbiose microbienne intestinale dans l’induction des maladies métaboliques.

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