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Un remaniement et des questions

11 juin 2016 | 21:37
H. Rabah

Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a procédé aujourd’hui à un remaniement partiel de son gouvernement dirigé par le Premier ministre Abdelmalek Sellal.

Attendu depuis des mois et réclamé surtout par des forces politiques, ce léger lifting n’aura pas été « brusque » et n’a pas touché le cercle restreint de la mouvance présidentielle.

Commenté différemment et apprécié par d’autres forces politiques, le remaniement est venu à un moment ou les observateurs ne cessent de s’interroger sur les tenants et les aboutissants de cette décision, les réelles raisons du limogeage d’un où de plusieurs ministres ou la permutation d’un autre vers un autre département.

Pour la présidence, il s’agit à travers ce remaniement de donner plus d’efficacité, d’intégrité, de cohésion et d’engagement au gouvernement, sans en préciser les profondes motivations et sans donner d’autres détails, fidèle à la vieille tradition et aux pratiques du pouvoir depuis l’indépendance. Or, ce remaniement, même s’il est léger, comporte quelques décisions majeures et importantes.

D’abord, le départ de Amar Ghoul, l’inamovible ministre du Tourisme, qui était toujours présent depuis 15 ans, en gérant des départements aussi importants que les travaux publics et les transports et en faisant partie des multiples gouvernements.

Ghoul aura été de tous les mandats de Bouteflika, un fidèle défenseur du chef de l’Etat, celui qui décida de ne pas rejoindre Abderezak Mokri, le patron du MSP, quand il quitta l’alliance présidentielle. Il alla jusqu’à créer son propre parti politique, le TAJ, et resta dans le giron du pouvoir. Son limogeage reste énigmatique pour cet homme, qui était au cœur des scandales de l’autoroute Est-Ouest, mais qui ne fut jamais inquiété.

On disait qu’il est l’un des rares protégés du président Bouteflika et qu’il était « impressionné » par son volume de travail et son dynamisme. Son départ est interprété comme un message qui rappelle celui du limogeage de Benyounès, l’ex-ministre du Commerce : pas de chef de parti au sein du gouvernement, un principe que veut consacrer Sellal.

Ghoul est remplacé par Abdelwahab Nouri qui était dans les ressources en eau. L’autre départ qui laisse interrogateur est celui de Tahar Khaoua, ministre chargé des relations avec le Parlement. Il est remplacé par une députée du FLN, vice-présidente à l’APN, Ghania Idalia. Ce départ semble bien être lié au récent conflit qui opposait le groupe parlementaire du FLN, mené par Djemai, un proche fidèle de Saâdani, à Khaoua.

Ce dernier a été même empêché de pénétrer à l’hémicycle par des députés en colère. Par contre, le départ d’Abderrahmane Benkhalfa s’explique par les deux échecs cuisants de ses deux opérations phares qu’il a lancés en grande pompe dès son intronisation au ministère des Finances.

L’emprunt obligataire aura été une déroute, faute d’études préalables et suffisantes sur l’impact et la portée populaire d’une telle opération, tout comme son action de l’année dernière, quand il invita les détenteurs de fonds informels à déposer leurs capitaux dans les banques, sans risque d’être interrogé sur l’origine de ses fonds ( en payant une taxe minime).

Cette action fut même interprétée comme une amnistie fiscale « déguisée ». D’autre part, certains observateurs lient le départ de Benkhalfa au le limogeage de Laksaci, l’ex-gouverneur de la Banque d’Algérie, en mettant en relief l’ambiguïté des réformes financières et du marché des changes, le retard criard dans la modernisation de notre système bancaire, financier et boursier et les thèses favorables à l’endettement extérieur. Il est remplacé par le ministre délégué au Budget, Hadji Baba Ami.

L’autre victime de ce remaniement est Salah Khebri, qui vient de quitter le ministère de l’Energie pour être remplacé par le PDG de Sonelgaz Nouredine Bouterfa. Selon nos informations, ce serait les dernières décisions de Khebri au sein de son département qui sont à l’origine de son départ. Des décisions qui n’ont pas plu en haut lieu, puisqu’il créa un fort malaise au siège du ministère et a failli même provoquer des conflits délicats.

Cependant, on croit savoir que le plan de Khebri et son programme dans le domaine énergétique n’ont pas obtenu l’aval de tous et n’ont pas donné les résultats escomptés par le gouvernement. Toutefois, la venue de Bouterfa à ce département pourrait bien être tout à fait à l’opposé de son prédécesseur. Le PDG de Sonelgaz est connu pour être favorable à une orthodoxie des prix dans la gestion du secteur des énergies.

Sid Ahmed Ferroukhi est remplacé par le technocrate Abdeslam Chelghoum à la tête du ministère de l’Agriculture, et qui fut longtemps le secrétaire général de ce ministère qu’il connaît très bien, alors que le département des ressources en eau a été confié à Abdelkader Ouali qui quitterait les Travaux publics.
Ce secteur a été unifié avec celui des Transports dans un seul ministère dirigé par Boudjemaâ Talaï.

Dans la foulée, il faut signaler que Ferroukhi a été ciblé récemment par le SG du FLN dans l’une de ses sorties médiatiques, en le critiquant sévèrement et en lui imputant les problèmes du secteur, sans doute suite aux rapport de Alioui, le patron de l’organisation UNPA (syndicat des paysans) affilié au vieux parti. Signalons qu’un nouveau poste a été créé ; il s’agirait d’un ministère délégué à la Recherche scientifique et l’économie numérique, confié à Mouatassam Boudiaf.

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