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Un phénomène accru durant l’été

25 juillet 2016 | 18:48
R. N./APS

Les services obstétriques des grands hôpitaux et cliniques de la majorité des régions du pays enregistrent une surcharge stressante durant la période estivale qui coïncide avec les départs en congé de nombreux professionnels de la santé.

Ce phénomène s’explique notamment par la hausse du taux de natalité en cette période de l’année. A titre d’exemple, 28,4% des naissances (prés de 300 000) ont été enregistrées durant le troisième trimestre de l’année 2015, selon les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) qui relève parallèlement une hausse de mariages (113 000) durant la même période.

Le directeur de la population au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Amar Ouali, a imputé l’augmentation du nombre des naissances (+50 000) pour les seuls mois de juillet et août 2015 en comparaison avec les autres mois de l’année, à la tradition de la société algérienne de célébrer les cérémonies de mariage durant la saison estivale.

Si la situation « difficile » que connaissent certains services obstétriques à travers le pays est due, pour le même responsable, au « manque flagrant » des personnels médical et paramédical, d’autres professionnels de la santé l’expliquent plutôt par l’absence d’une couverture sanitaire de proximité, ce qui pousse le citoyen à s’orienter vers un service équipé en quête d’une bonne prise en charge notamment en cas de grossesse à risque.

Le directeur de la santé de la wilaya d’Alger, Dr Mohamed Miraoui, a indiqué que les naissances enregistrées dans 17 établissements hospitaliers et de proximité avaient atteint un point culminant en été 2015 avec près de 30 000 nouveaux-nés, dont 21% issues d’autres wilayas.

Evoquant le nombre de cliniques et services obstétriques, il a précisé qu’il y a un service pour 61 167 femmes en âge de procréation entre établissements publics et privés avec une capacité d’un lit pour 447 femmes dans les établissements publics et une sage-femme pour 1 171 femmes.

Grande affluence des localités est de la capitale sur l’hôpital Parnet

Au Centre hospitalier Nafissa-Hammoud (ex-Parnet), la sage-femme coordonnatrice du service, Aichouche Messaoud, a affirmé que cette affluence était due à la réputation de cet l’hôpital, connu pour ses prestations de qualité au niveau des services des urgences médicales, de pédiatrie et de néonatologie ainsi que le service obstétrique.

Elle a précisé que le service prend en charge entre 30 et 50 accouchements par jour et plus de 1 000 par mois dont la plupart en dehors de la wilaya d’Alger, relevant que certains hôpitaux à l’est de la capitale transféraient vers Parnet tous les accouchements à risque (hypertension, diabète, maladies cardiaques, anémies...).

D’une capacité de 24 lits, le pavillon de gynécologie obstétrique se voit souvent dans l’obligation de redoubler sa capacité d’accueil avec un lit pour deux femmes et leurs nouveaux-nés.

De ce fait, le service se transforme en une véritable ruche humaine qui s’emploie sans relâche à cerner la situation. « Cette profession est humaine et éprouvante à la fois », a confié une infirmière qui s’empressait d’aller prêter main forte à une femme sur le point d’accoucher, réitérant toutefois sa totale disposition à assumer cette noble mission quelle que soit la situation.

A ce propos, le personnel médical et paramédical a estimé qu’en dépit des grands moyens mis à la disposition de cette structure, il est impossible de prendre en charge le nombre croissant d’accouchements notamment en cette période de l’année.

Le manque sensible des personnels médical et paramédical s’explique par le gel ces dernières années de la formation et le passage des sages-femmes au secteur de l’Enseignement supérieur, chose qui a entravé en grande partie, le bon fonctionnement du service en question, a-t-il souligné.

Le même son de cloche résonne au sein du service gynécologie obstétrique du centre hospitalier de Annaba (est du pays), selon le directeur général, Pr Abdelaziz Lankar ce dernier a déclaré que 4 000 accouchements ont été pris en charge durant le troisième trimestre 2015, soit 40 naissances par jour dont 70% venues des wilayas avoisinantes et 50% de la seule wilaya d’El-Taref.

Il a relevé que le service d’une capacité de 135 lits était encadré par sept médecins et 55 sages-femmes, estimant que ces compétences qui travaillent sans répit aucun, n’étaient pas en mesure de faire face à la situation.

Organisation et mobilisation, seuls critères pour s’en sortir

Si les hôpitaux de Parnet et d’Annaba doivent gérer au quotidien cette pression pesante au niveau des services obstétriques durant l’été, la situation est tout autre à l’hôpital de Kouba et les services hospitaliers d’Oran qui sont parvenus à prendre les choses en main grâce à l’organisation et à la mobilisation de leurs personnels.

Le directeur général de l’hôpital Bachir Mentouri (Kouba), Abdelkader Ghouila, a affirmé que conformément aux instructions du ministre de la Santé liées à la prise en charge des services maternité durant l’été, l’hôpital a de suite mobilisé une équipe médicale et paramédicale pour assurer les prestations au niveau de cette structure qui dispose de 56 lits entre les services obstétrique et grossesses à risque.

Outre la mise en place de 14 autres lits supplémentaires pour éviter la situation « catastrophique » vécue les précédentes années, le même responsable a mis en avant l’organisation et l’orientation des femmes enceintes au cas par cas vers les cliniques de Gué-de-Constantine et d’El-Mouradia.

Pour une meilleure prise en charge, le directeur de la santé de la wilaya d’Alger a annoncé l’ouverture en septembre prochain, d’un nouvel hôpital maternité pédiatrie à Douira (ouest de la capitale) et un autre complexe à Baba Hassen et à Bir Khadem dans l’attente du coup d’envoi pour la réalisation de trois hôpitaux similaires à Rouiba, Aïn Benian et Hussein-Dey d’une capacité de 150 lits chacun.

D’autre part, la situation dans les services obstétriques d’Oran (ouest du pays) est totalement différente de celles du centre et l’est du pays. Le directeur de la santé de wilaya, Abdelkader Kaceb, a indiqué que sa direction avait résolu définitivement le problème de surcharge et de pression au niveau des services obstétriques par la mise en place d’une cellule qui veille à organiser le transfert des femmes enceintes entre les différents services de la wilaya en fonction des lits disponibles, avant de rappeler qu’une moyenne de 50 naissances sont recensées chaque jour.

Par ailleurs, le chef du service gynécologie de l’hôpital de Zeralda, Pr Arab Boudriche, a confié que le transfert des malades d’une région à une autre était du en premier lieu, à l’exploitation irrationnelle des structures de proximité existantes et à l’absence de garde et de spécialistes.

Ce qui contraint le citoyen à aller chercher une meilleure prestation dans les grands établissements hospitaliers. De son côté, le président du Conseil de l’Ordre des médecins, Dr Mohamed Bekkat Berkani, affirme que le phénomène est dû à la répartition inégalée des spécialistes à travers les différentes régions du pays, ce qui amène le citoyen se diriger vers les grands établissements hospitaliers pour la sécurité et la qualité des prestations.

Il a prôné, dans ce contexte, l’encouragement de l’installation des spécialistes dans les régions reculées, tout en renforçant le rôle des établissements et centres de santé de proximité, estimant que la prise en charge de la grossesse fait partie des prestations médicales « particulières » car nécessitant beaucoup de vigilance pour préserve la vie de la mère et du nouveau-né. 

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