Culture

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529

Tilyuna Su : de la différence à la singularité

16 janvier 2018 | 21:12
Mohand-Lyazid Chibout


Du pressentiment naissait l’empathie, de l’empathie une douleur, et de la douleur une compassion, une larme sous la paupière et un cri comme un tonnerre. À chaque silence, son langage ; à chaque langage, un message.
D’un chapelet de mots peint de notes de musique adaptées à ses thèmes, la sensibilité émouvait et avertissait en se réceptionnant dans son ensemble cousu de soins attentifs telle qu’elle était inspirée, évoquée et invoquée par son auteure, Tilyuna Su (Souad Chibout, de son vrai nom).
En tant que témoin et victime des excès et injustices qui se perpétuaient, elle demeurait, néanmoins, là, tapie dans l’ombre, réceptive, la blessure dans l’âme, prompte à agir discrètement face à ce qui l’entourait et l’harassait, ses doigts sur les cordes de son mandole, lui à acquiescer, et elle à se révéler.
Elle veillait en accompagnant les étoiles de son univers comme elle se levait tôt en restant fidèle aux aurores qui perçaient de ses horizons.
Soutenue par la force de son verbe et sa bonne volonté, elle dénonçait les injustices comme elle frayait des chemins lumineux à ses semblables, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, nomades du désert ou sédentaires à l’intérieur ou à l’extérieur de la Kabylie et de toute l’Algérie.


Ceux-là livrés à eux-mêmes dans des pérégrinations équivoques. Ceux-là enfermés dans leurs cercles de pauvreté, sociale et morale. Ces générations qui se succédaient en renouvelant par naïveté leurs espoirs à mesure que les mentalités évoluaient car elles aimaient profondément leur pays, mais à chaque fois, elles se heurtaient au même obstacle en se sentant perdues dans un brouillard imposé.


Tilyuna Su en sait des choses.
Elle les vit dans sa Kabylie. Elle les subit comme son Algérie. Jamais elle ne se laissait berner par les aléas imposés de la vie et de ce que celle-ci lui refusait, au contraire elle s’abandonnait en s’aventurant au-delà de ses rêveries, sa conscience en alerte face aux débordements tous genres que causaient l’égoïsme politique et l’erreur idéologique.
En s’accrochant à l’espoir, elle renvoyait l’image et le courage d’une femme sortant ses griffes. En chantant l’éducation, l’égalité et la tradition dans leur modernité par la beauté de son art, elle se propulsait en gardant le cap, celui de demeurer maîtresse de son destin. Ainsi exigeait d’elle l’amour qu’elle témoignait intrinsèquement à son art, la passion dans l’âme et le corps comme le sujet qui suivait en épithète, parfois dans l’harmonie, parfois dans le conflit.


De l’art dans l’art dans ses gestes créatifs et dans cette façon de deviner nos pensées en les exprimant comme nous souhaitions qu’elles soient.
La catharsis au degré voulu apporte ses fruits, l’émotion extériorisée et la pensée libérée. L’écriture et la musique sont dans son âme, elles continuent à lui faire aimer la vie comme elle nous invite à aimer la nôtre.


La nouvelle « Asikel » parue en 2016 aux éditions Achab a frayé le chemin à d’autres projets, et l’écho encourageant renvoyant des ondes positives est là dans l’espoir qu’elle nourrissait par son espoir. Ses deux albums, « Igugem nnaqus » et « Lfusi lfusi », sortis récemment aux éditions Ifri Music, sont une invitation à la délectation où sont convoqués poésie et mélodie, bonté et altérité, amour et paix pour tous les continents.
 

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