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305

Théâtre régional de Béjaïa : Dialogue algéro-allemand

16 décembre 2017 | 19:16
R. C

Le Théâtre régional Abdelmalek-Bouguermouh de Béjaïa a ouvert ses portes, dans la soirée de ce vendredi 15 décembre, pour la générale de La peur doit changer de camp, une co-production algéro-allemande.

Ecrite par Lydia Ziemke du Théâtre Suite 42 de Berlin et le dramaturge Omar Fetmouche du Théâtre régional Abdelmalek-Bouguermouh de Béjaïa, la pièce a résonné comme un appel à la conjuration du grand mal du moment, celui du terrorisme, et son exorcisme par la thérapie de l’amour de l’autre, la compréhension et de la solidarité humaine.

Les comédiennes Lydia Larini et Lucie Zelger, incarnant les personnages, se retrouvent dans la zone de transit internationale, obligées d’attendre en raison d’un retard d’avion. L’une doit embarquer pour Berlin, et l’autre pour Béjaïa. Elles supportent difficilement leur mise en attente, elles s’engagent dans une conversation décousue mais absolument pas vaine.

Le prétexte est bon pour ces deux femmes, que tout sépare à l’origine, mais qui à force de récits et de rapprochement se découvrent des points communs et des similitudes, notamment dans leur expérience de vie. Elles finissent par converger sur une seule identité. Au fil de l’échange, elles se rendent compte effectivement que les pays dont elles sont originaires ne sont pas si éloignés qu’ils paraissent.

Le tableau mis en évidence est notamment inhérent à l’ex-Allemagne de l’Est, pays qui a partagé avec l’Algérie l’expérience du « socialisme » et qui a donné lieu à une coopération dense et étroite.

Tout au long de leur dialogue, elles découvrent, à chaque fois, des raisons de sceller davantage leur liaison. Elles seront surprises de savoir que leurs grands-pères respectifs se sont fait la guerre, en 1945, mais qui ont fini par fraterniser.

Elles s’arrêtent longuement aussi sur les parcours difficiles de leurs mamans et les violences qu’elles ont subies de part et d’autre, ce qui leur donne le motif d’aborder la question de la violence en général et celle du terrorisme en particulier. L’espace de l’aéroport, où la hantise des colis piégés est omniprésente, constitue en soi une source de crainte et de méfiance. Et la discussion sur les auteurs ou les forfaits n’en est que naturelle.

Les deux femmes, s’en sont donné à cœur ouvert, en particulier l’Algérienne Lydia Larini, qui en a profité pour démystifier les aprioris et rappeler le tribut payé par le commun des Algériens pour exorciser le phénomène.

Le mouvement des femmes, les résistances multiformes des citoyens et la mobilisation générale ont fini par parvenir à bout de cette violence, selon Lydia, toute heureuse de pouvoir renouer avec sa passion de chorégraphe.

Une pièce dont le texte est manifestement consistant. Elle est magistralement servie par deux comédiennes performantes et un fond musical suave, distillée par la chanteuse Rahima Khalfaoui, brillante à la guitare.

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