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Tebboune promet de la sueur et des larmes

21 juin 2017 | 19:44
Hocine Adryen

Le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune s’est prêté ce mardi à un exercice d’équilibriste lors de la présentation de son programme d’action devant les députés de la nouvelle Assemblée nationale élue le 4 mai dernier.

En effet, il a appelé d’un côté à une baisse significative du volume des transferts sociaux et de l’autre à maintenir vaille que vaille les acquis sociaux dans une période de vaches maigres qu’il a lui-même évoquée dans son discours.

Dans la foulée, il a annoncé que son gouvernement compte lancer une « large concertation » avec la classe politique, la société civile et les partenaires sociaux (patronat, syndicats, etc.) en vue de l’adaptation progressive de la politique des transferts sociaux et des subventions aux produits et services de base.

Ces transferts sociaux (aides au logement, subventions par l’Etat de certains produits de base notamment la semoule, le lait et l’huile et de la fourniture de l’eau, de l’électricité et du gaz) seront ainsi touchés ainsi que les soins gratuits qui, pourraient, si la réforme passe, être modulés en fonction des revenus.

Le gouvernement entend mettre en place progressivement un rééquilibrage tarifaire de la fourniture d’eau, de gaz, d’électricité ou de fioul, pour rapprocher le prix payé par les usagers du coût réel. Tebboune a assuré que seraient préservés « des tarifs appropriés aux ménages à bas revenu ». 

Le gouvernement est « conscient des limites d’une stratégie de croissance assise principalement sur la seule dépense publique », a expliqué Tebboune, se disant déterminé à développer « les secteurs productifs de richesses, de valeur ajoutée et d’emploi, gage de diversification de l’économie nationale fortement dépendante des hydrocarbures ».

Il a, de ce fait, appelé au renforcement du « climat des affaires » et à la poursuite des « réformes du système bancaire » -notamment en améliorant les possibilités de financement des micros-, petites et moyennes entreprises qui sont, selon lui, des « objectifs phares » du gouvernement, a-t-il assuré.

Pour ce faire, le gouvernement entend attirer les investissements directs étrangers (IDE) -notamment ceux permettant des transferts de technologie ou le développement des exportations hors hydrocarbures – « mais n’envisage pas de remettre en cause la règle 51/49 », a-t-il indiqué : « La réforme de l’administration et la lutte contre la bureaucratie demeurent une préoccupation permanente » du gouvernement, a assuré M. Tebboune, annonçant une future « loi relative aux relations de l’administration avec les usagers ».

Le Premier ministre a également évoqué le renforcement de la moralisation de la vie publique avec l’élimination souhaitée des « situations de conflit d’intérêt et d’incompatibilité dans l’exercice des mandats et fonctions ».

Tebboune a fait état d’un « effort particulier » de la part du gouvernement dans le cadre de son plan afin de « moraliser davantage la vie publique » en se basant sur de nouvelles règles pour « encadrer » les cas de trafic d’influence à des fins personnelles, les cas d’incompatibilité au sein des instances élues et d’imbrication entre les domaines politique, économique et associatif.

« Nous allons œuvrer à la séparation entre l’argent et le pouvoir »

« L’Algérie est un pays de libertés et le demeurera ; chaque citoyen est libre de s’engager dans les affaires, la politique ou même les deux mais pas à la fois », a indiqué le Premier ministre, et d’ajouter : « Nous allons œuvrer à la séparation entre l’argent et le pouvoir. »

Selon Tebboune, cette démarche « ne se veut nullement une confrontation » avec le patronat, les hommes d’affaires et l’argent : « L’argent ne doit pas s’immiscer dans les rouages de l’Etat. Nous n’allons jamais nous confronter aux hommes d’affaires car les limites entre le pouvoir politique et le pouvoir de l’argent sont claires.

Nous allons veiller à séparer entre le pouvoir de l’argent et le pouvoir politique et que chacun nage dans son monde. Les affaires sont la base de l’argent et l’Etat s’éloignera d’une telle situation », tempère-t-il. Les députés débattront jusqu’à vendredi de ce plan d’action gouvernemental, qui sera ensuite soumis au vote. Le FLN et le RND détiennent la majorité absolue, avec 261 sièges à eux deux sur les 462 de l’APN.

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