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TIZI OUZOU : La journée du 19 mai 1956 revisitée

17 mai 2017 | 01:38
Saïd Tissegouine


QUEL a été le rôle des étudiants algériens durant la guerre d’indépendance ? Que s’est-il passé durant cette journée du 19 mai 1956 ? Pourquoi l’étudiant algérien s’est-il impliqué dans cette guerre pour le recouvrement de l’indépendance nationale ?


Quelle est la corrélation existante entre l’étudiant d’aujourd’hui et son aîné ? Quels sont les obligations et devoirs de l’étudiant d’aujourd’hui ? Telles ont été les questions abordées et explicitées hier, à l’issue d’une conférence organisée par l’Association des moudjahidine (AEM) de la wilaya de Tizi Ouzou que préside Rabah Mouloudj et qui a été animée par des moudjahidine et des universitaires. 


Le premier à monter à la tribune, après la récitation d’un verset coranique et l’écou- te de l’hymne national, suivi de l’observa- tion d’une minute de silence à la mémoire des martyrs, a été le moudjahid Moh-Saïd Oulhadj, qui n’est autre que le fils du défunt colonel de l’ALN, Mohand Oul- hadj.


Moh-Saïd Oulhadj mettra d’abord l’accent sur le sacrifice consenti par les hommes et les femmes algériens pour arracher cette liberté tant recherchée par les peuples. Ensuite, il plaidera pour la réconciliation entre l’administré et l’admi- nistrateur algériens.


Le moudjahid Moh- Saïd Oulhadj dira ensuite que le dévelop- pement du pays dépend fondamentale- ment et uniquement de ses enfants. Et d’ajouter : « Les autres nations ne s’inté- ressent qu’à nos ressources naturelles.


Il ne cherchent que leurs propres intérêts. » Avec un euphémisme intelligent, l’intervenant a considéré qu’il est grand temps que les forces patriotiques se mobilisent pour mettre un terme définitif à la gabegie qui règne dans le pays , car faute d’une initiative courageuse et honnête, les conséquences seront lourdes pour l’Algérie. 


Pour sa part, le moudjahid Mokrane Ben Youcef, l’homme qui a rejoint le maquis en tant qu’étudiant, a apporté un éclairage sur le rôle des étudiants algé- riens durant cette guerre sanglante entre le FLN et la France coloniale. Mokrane Ben Youcef, cadre du RND a, par la même occasion, levé le voile sur la réalité politique et sociologique de l’Algérie à l’ère coloniale.


Concernant le seul créneau por- tant sur les études, il dira : « A l’université d’Alger, en ce début de la décennie 1950, il y avait en tout 5 000 étudiants dont seulement 500 Algériens. 


Et lorsqu’on sait que la population algérienne était consti- tuée de 10 millions d’individus environ et que les Européens n’étaient seulement qu’un million, il est facile de deviner le degré de ségrégation dont l’ordre colonial était responsable. » Mokrane Ben Youcef informera l’assistance que les enfants algériens, c’est-à-dire ceux qui avaient la chance de rejoindre les bancs d’école, étaient empêchés de continuer leurs études.


Le conférencier résumera le systè- me d’apartheid dont ont été victimes les Algériens au cours de cette période colo- niale à travers l’anecdote que voici : « Quand j’étais lycéen à Tizi Ouzou, je me souviens qu’un jour où je tenais, dans la cour du lycée, un livre de Victor Hugo intitulé les misérables, le secrétaire géné- ral du lycée m’a interpellé. Il voulait savoir ce que je lisais.


Quand je l’ai infor- mé qu’il s’agissait des Misérables de Vic- tor Hugo, il m’a donné une gifle qui m’a fait voir des chandelles et m’a dit : Un Algérien qui lit Victor Hugo ! » Moi, avec mon innocence, je m’attendais de la part de ce responsable à des félicitations. Mais selon ce secrétaire général du lycée, étant Algérien, je n’étais pas digne de lire Vic- tor Hugo. »


Ce secrétaire général, selon Mokrane Ben Youcef, était d’origine corse et s’appelait Versiguin et le Proviseur s’appelait Pobra. Ce fait criminel dont a été victime Mokrane Ben Youcef s’est produit au cours de l’année 1955 au lycée de Tizi Ouzou.


Cette simple anecdote, à elle seule, renseigne sur le fait que les Algériens qui pensent que leur sort serait meilleur si l’Algérie venait à être à nou- veau sous la tutelle française se trompent énormément. « On n’est mieux servi que par soi-même », dit également le vieux proverbe. Autrement dit, le citoyen algé- rien ne peut vivre dans la dignité que s’il est sous l’autorité d’un autre Algérien.

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