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La Russie en médiateur pour la stabilité de la Syrie

Syrie : L’agression turque brouille les cartes d’un confit complexe

11 octobre 2019 | 13:45
SyrieRussie M’hamed Khodja



L’agression turque contre la Syrie est une nouvelle donne qui risque bouleverser la carte de la région. Les opérations de l’armée turque contre ce qu’Ankara qualifie de « terroristes », en fait, les organisations kurdes syriennes et turques, peuvent déboucher sur une reconfiguration éthique et géopolitique de la Syrie et de son environnement immédiat. Si les Etats-Unis entretiennent des positions contradictoires, la Russie elle, se pose plus que jamais comme un arbitre, mieux un garant de la stabilisation de la région.

Les différents formats des pourparlers autour de la Syrie ont raffermis les liens entre la Russie, l’Iran et la Turquie. Si les deux premiers pays ont soutenu la République arabe syrienne depuis le début de l’agression contre ce pays en 2011, la Turquie s’est rangée, dès le début, dans le camp des agresseurs. Mais en dépit de ces divergences, les trois partenaires ont réussis à piloter les stratégies de désescalade en Syrie. La dernière en date, la réunion d’Ankara le 16 septembre dernier, où la Russie a proposé une mouture de constitution nouvelle pour la Syrie avec comme fondement le principe de la fédération culturelle au lieu de la fédération administrative (selon le modèle soviétique). Cette solution aurait pris en considération la question kurde.
Les développements surgis depuis mercredi dernier remettent en question ce fragile équilibre entre les trois partenaires. Cependant, Moscou entend maintenir une position équilibrée, de facilitateur de dialogue et de négociation entre les belligérants. Quelques heures avant l’agression turque, Vladimir Poutine a appelé son homologue turc l’invitant à « bien réfléchir » avant de passer à l’action. Hier, le président russe a mis en garde Ankara contre les retombées de cette opération dans le grossissement des rangs de DAECH dans la région. D’où sa promesse de « mobiliser les ressources des services spéciaux russes pour contrer l’émergence de cette nouvelle menace ».
Cette position russe tranche avec celle des Etats-Unis, ambivalente à plus d’un titre. Le retrait des soldats américains du Nord de la Syrie a été interprété par Ankara comme le feu vert à l’opération contre les Kurdes. La position de Trump mercredi a été très tiède. Avant-hier, le président américain a été très violent dans un twitt, menaçant Ankara de grandes représailles économiques à défaut de l’envoi de milliers de soldats.
A Moscou, la perception de la question syrienne est toute autre. La doctrine eurasiatique de Poutine l’enjoint à appréhender la situation autrement que Trump ou des dirigeants européens. Outre la sécurité de l’allié syrien, la Russie veut offrir une porte de sortie honorable à son partenaire turc. D’où la proposition russe de faciliter le dialogue entre Damas et Ankara. « Nous allons désormais défendre la nécessité d’établir un dialogue entre la Turquie et la Syrie », a affirmé jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en marge d’une visite au Turkménistan.


Ankara exarcebe la tension en Syrie

L’absence de contacts directs entre Syriens et Turcs ne facilite pas, en effet, l’apaisement ni la concertation autour de problèmes pratiques, notamment la question des terroristes et celle des Kurdes. Concernant ces derniers, un accord historique existait depuis la fin des années 1990, l’ancien président syrien Hafed Al-Assad, avait autorisé la Turquie à procéder à des bombardements contre les groupes du PKK dans une bande large de 30 km tout au long de la frontière entre les deux pays. Et c’est au nom de ce droit de poursuite que les Turcs ont justifié leur agression.
Contournant certaines appréhensions, la Russie a même offert de faciliter le dialogue entre Damas et certains groupes kurdes, l’idée est de saper les arguments des Occidentaux qui tendent à présenter les Kurdes comme d’éternelles victimes de l’histoire du XXème siècle.
L’essentiel dans la vision russe est également de déconnecter Turcs et Américains. En affirmant « comprendre l’inquiétude de la Turquie concernant la sécurité de ses frontières », Lavrov a chargé Washington, l’accusant d’être responsable de la situation actuelle. Cette situation critique qui découle, selon lui, des « contradictions » de la politique des Etats-Unis dans la région. Lavrov a en effet dénoncé l’« incapacité à parvenir à des compromis » de Washington, notant en outre que les Américains avaient « enfreint leurs promesses de nombreuses fois ». Selon lui, le soutien des Etats-Unis aux Kurdes en Syrie ces dernières années a par ailleurs « provoqué la colère des populations arabes habitant traditionnellement sur ces territoires ». « C’est un jeu dangereux », a-t-il estimé.
Et l’intervention turque n’est pas pour arranger les choses sur ce point précis. Erdogan entend installer des centaines de milliers de réfugiés syriens dans ces régions visées par ses troupes, créant ainsi un nouveau déséquilibre ethnique défavorable cette fois-ci aux Kurdes.
Pour le moment, l’agression turque se poursuit et les Syriens optent pour les voies diplomatiques, tout en se donnant le droit d’utiliser la force armée pour repousser l’armée turque. Moscou qui observe avec attention a déjà actionné ses relais pour arriver à l’apaisement. La question est de savoir quand les Russes réussiront leur mission.
 

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