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Sykes-Picot : Cent ans après

27 mai 2016 | 19:52
R. I.

La commémoration du centenaire de la signature de l’accord Sykes-Picot s’est avérée plus importante que prévu. Des documentaires en langue arabe et anglaise, des chapitres ou des livres volumineux, des conférences et des ateliers, et des dizaines d’articles et de commentaires ont été publiés et organisés au cours des semaines qui ont précédé le 16 mai.

Dans la région arabe, l’anniversaire a pris cette fois-ci une note plus sombre. L’autocritique sévère qui accompagne habituellement la commémoration d’événements historiques odieux a disparu. 

Certaines parties de ce qui a été publié au sujet de la découverte de la relation entre l’héritage du régime régional qui est né de la Première Guerre mondiale et ce que connaît l’Orient islamique arabe contiennent des erreurs graves.

Certaines ont en effet apporté des preuves solides de la nécessité de revoir ce qui s’est précipité dans la conscience des peuples de la région à cette époque extrêmement importante. En ce moment critique, un certain nombre de questions méritent notre attention, que ce soit pour les experts ou pour l’ensemble des Arabes.

Premièrement, Sykes-Picot était un accord qui portait sur la répartition des possessions ottomanes, dont les provinces à majorité arabe, comme il n’y avait pas d’États arabes à l’époque. En outre, Sykes-Picot n’a pas été le seul accord signé sur la répartition des pays ottomans entre les pays alliés pendant la Première Guerre mondiale.

Mais il s’agissait en effet du plus important. En mars 1915, avant Sykes-Picot, la Grande-Bretagne, la France et la Russie ont conclu l’accord dit « de Constantinople » lors d’une rencontre dans la capitale russe, Petrograd.

Il a été convenu de donner à la Russie les détroits ottomans et les territoires adjacents, dont Istanbul même. On peut dire que l’insistance des Russes pour obtenir l’approbation des deux autres alliés de guerre était la principale raison pour laquelle Londres a commencé à étudier quels étaient les intérêts britanniques en Orient, mais aussi la raison des demandes insistantes de Paris pour qu’un accord soit conclu entre la Grande-Bretagne et la France afin de déterminer les intérêts des deux pays.

Deuxièmement, les discussions entre le Britannique Mark Sykes et le Français François Georges-Picot ont effectivement abouti à un accord le 3 janvier 1916. Toutefois, la signature officielle a été retardée jusqu’au 16 mai 1916 dans l’attente de l’approbation du ministère de la Guerre et des ministères britanniques concernés par le Moyen-Orient.

L’accord prévoyait la division de ce qui est aujourd’hui connu comme l’Orient arabe et le sud de la Turquie en régions sous administration britannique ou française directe et en zones d’influence pour chacun des deux États, tandis que « Jérusalem » et ses territoires voisins allaient devenir internationaux.

Moins d’un an plus tard, au milieu de l’année 1917, lors d’une rencontre dans la station de Saint-Jean-de-Maurienne, la France et la Grande-Bretagne ont convenu d’accorder à l’Italie le sud-ouest de l’Anatolie, région connue aujourd’hui sous le nom d’Antalya.

Ainsi, les trois accords ont présenté pour le sultanat ottoman un schéma qui a confiné l’indépendance arabe à la péninsule arabique et l’indépendance de la Turquie au cœur de l’Anatolie. Tous les autres territoires ottomans ont été répartis entre la Russie, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie.

L’arrivée des sionistes sur la scène a eu lieu après la fin des négociations entre Sykes et Picot et après la conclusion de l’accord. Leur entrée s’est produite par la volonté de la Grande-Bretagne et en raison d’un effort purement britannique.

Elle n’était pas le fruit des compétences ou de l’influence d’un des dirigeants sionistes, comme Chaim Weizmann, qui était en charge de l’Organisation sioniste (qui était encore de portée réduite à l’époque) en Grande-Bretagne. 

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