Nationale

#TITRE

324

Sommet arabe : Messahel appelle à une réforme radicale de la Ligue

26 mars 2017 | 19:59
Amine B.

La réunion ministérielle préparatoire du 28e sommet de la Ligue des pays arabes prévue mercredi a donné un petit aperçu sur la teneur des débats entre les dirigeants arabes.

Outre le processus de réformes et le développement de l’action arabe commune, chers au chef de la délégation ministérielle algérienne Abdelkader Messahel, d’autres sujets incontournables seront vraisemblablement abordés par les chefs d’Etat arabes, notamment le terrorisme, la pensée extrémiste, l’évolution des groupes terroristes et le crime organisé, en sus du volet relatif à la coopération économique qui reste aussi d’actualité.

S’il est effectivement admis que parmi les fléaux auxquels font face plusieurs pays arabes la pensée extrémiste - génératrice d’acte terroriste - reste peu maîtrisée par nombre de gouvernements, ou encore le crime organisé et autres trafics transfrontaliers – contrôlés dans beaucoup de cas par les groupes terroristes eux-mêmes -, il n’en demeure pas moins que la lutte contre ces fléaux fait, pour des raisons souvent stratégiques, cruellement défaut.

Autre point qui sera abordé par les dirigeants arabes : l’action économique commune jusque-là « molle « et qui, il faut le reconnaître, a fini par montrer ses limites.

Nombre de pays arabes préfèrent, en effet, coopérer avec les puissances économiques mondiales au détriment d’un développement régional, et les timides tentatives de révision des procédures douanières entre pays arabes, pour ne citer que celles-là, reflètent on ne peut mieux cet état de fait.

Le secrétaire général de l’organisation panarabe l’a d’ailleurs explicitement dit hier à l’ouverture de la réunion ministérielle. Ahmed Aboul Gheit a affirmé qu’en dépit des réalisations accomplies sur la voie de l’intégration régionale et économique, « le résultat demeure en deçà des aspirations « , précisant que le commerce interarabe oscille entre 8 et 10%.

« Le commerce interarabe représente entre 8 et 10% du commerce arabe avec le monde, et le monde arabe compte parmi les régions du monde marquées par le durcissement des politiques protectionnistes et des contraintes douanières « , a indiqué Aboul Gheit dans son allocution lors de la réunion du Conseil économique et social au niveau ministériel, préparatoire à la réunion du Conseil de la Ligue arabe au niveau du sommet.
Toutefois, si l’Egyptien Aboul Gheit accorde un « intérêt particulier aux défis socio-économiques dans l’agenda arabe « , pour Abdelkader Messahel, une réforme profonde et globale de la Ligue reste une priorité dans la mesure où « les crises graves que connaît la région arabe et résultant de conjonctures difficiles et de problèmes inextricables ont démontré l’incapacité de la Ligue arabe de traiter, résoudre les conflits, voire de gérer des crises sans précédent dans l’histoire de la région, désormais menacée d’ingérence étrangère « .

Pour le chef de la diplomatie algérienne au Maghreb et dans le monde arabe, cette situation a influé négativement sur la performance du système de la Ligue arabe, qui s’est traduit par un recul de son rôle et de son poids dans les cercles de prise de décision.

Une « revendication « sans laquelle parler de développement économique ou autre socioculturel serait faire preuve de démagogie à en croire les observateurs.

C’est pourquoi l’Algérie appelle à une accélération de la réforme de l’organisation panarabe. « Une accélération d’une réforme radicale et globale s’impose en opérant des changements pertinents sur l’action arabe commune afin de concrétiser la solidarité et l’entraide dans le but d’avancer, à pas sûrs, vers une intégration économique arabe susceptible de permettre aux peuples arabes d’atteindre leurs objectifs en matière de développement, de progrès et de prospérité « , restent donc les maitre-mots des appels de la diplomatie algérienne qui préside, depuis début mars et jusqu’à septembre 2017, le Conseil des ministres de la Ligue arabe.

Alger dispose donc de six mois pour convaincre les nations arabes de procéder au plus tôt à une réforme « globale et radicale « de la Ligue.

L’occasion lui est donnée à Amman, capitale des Hachémites, pour faire valoir ses raisons, et surtout les atouts à même de permettre une telle réforme, avait laissé entendre au début du mois en cours à partir du Caire même, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel.

Un appel qui ne date pas d’aujourd’hui mais qui semble devenir impérieux au vu des développements de la situation dans certains pays arabes, aussi bien dans son volet sécuritaire, économique que social.

Si la revendication principale n’a cessé de cibler l’hégémonie « stérile » de certains pays sur l’organisation panarabe -revendication partagée de surcroît mais à mi-voix par nombre de pays arabes-, est restée lettre morte, les crises auxquelles est confrontée depuis six ans la région arabe, (dont les conflits internes en Libye, Syrie, Yemen) et qui ont prouvé l’incapacité de l’organisation à s’imposer en tant que « régulateur », obligent à l’engagement de réformes en profondeur au sein de la Ligue afin de l’adapter aux nouvelles donnes. Ce à quoi aspire justement l’Algérie, et le plus tôt sera le mieux.

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

caricature

caricature

SONDAGE

Le Hezbollah libanais est-il un mouvement de résistance ?

Facebook

Twitter