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6451

Sexes opposés

6 mars 2015 | 20:11
N. M.

Lors du débat expéditif qui a précédé l’adoption du projet de loi amendant et complétant le code pénal par l’Assemblée populaire nationale, les parlementaires favorables au texte ont voulu nous faire croire que la question opposait les islamistes aux démocrates, voire les progressistes aux conservateurs.

Or, tout le monde sait que le forcing habituel a été possible dans l’hémicycle grâce à la majorité FLN dont le chef de groupe parlementaire a mis fin au débat contradictoire qui s’installait au sein même de l’ex-parti unique.

Ainsi Tahar Khaoua a-t-il su rappeler à l’ordre les récalcitrants en déclarant qu’il s’agissait « de mettre en œuvre le programme présidentiel de réformes. » Sentence qui mit surtout fin à la bagarre d’idées entre les députés du Front. Si bien qu’on aurait pu penser que ce sont les courants antagonistes qui traversent le vieux parti qui ont provoqué la cacophonie pendant quelques heures.

Mais, à vrai dire, en revenant à la rue, en écoutant les avis qui fusent sur les réseaux sociaux, on s’aperçoit rapidement que le sujet divise à l’intérieur des partis, chez les démocrates comme chez les autres, dans les chaumières et parmi les femmes. Les divergences ne concernant pas seulement la conformité de la loi par rapport aux préceptes de l’Islam, mais les impacts d’un certain zèle politicien à amender le code pénal pour des effets d’annonce sans réalité sociale.

Parce que le législateur devrait savoir que la protection de la femme ne se garantit pas par la répression de l’homme, mais grâce à l’éducation et à la promotion de valeurs que ce système de gouvernance a mises en faillite. C’est d’ailleurs ce qui a laissé penser que ce sont des pressions extérieures qui ont conduit le gouvernement à un tel empressement à amender les articles existants.

Du coup, un sentiment largement partagé s’exprime sur la toile : « Le pouvoir veut opposer dangereusement les sexes après avoir su opposer les partis et menace l’unité de la famille. » Inquiétude légitime ou amertume réactionnaire, personne ne peut s’autoriser de jugement de valeur contre l’opinion publique.

Ni le ministre Tayeb Louh, ni l’APN. Des sujets aussi sensibles méritent un débat de société plus sérieux qu’une simple parodie de modernité, par mimétisme ou en écrasant les avis contraires.

Car il se pourrait bien qu’en prétendant combattre les « islamistes radicaux » on s’applique paradoxalement à assermenter leur thèse. En ce 8 mars, il paraît donc urgent de cesser d’utiliser les droits de la femme pour des visées politiques, au risque d’un retour de manivelle que nos sœurs, épouses, mères et filles, voisines ou chéries n’ont pas demandé !

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