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Scandale à la BADR : Détournement de plusieurs comptes d’attente d’imputation

27 février 2017 | 20:24
Sofiane Abi


La Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) fait l’objet d’une vaste enquête de la Sûreté nationale après la découverte de plusieurs détournements de sommes d’argent des clients qui possèdent des comptes d’attente d’imputation. Un autre scandale financier.


Le directeur central de la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), aujourd’hui placé sous contrôle judiciaire, a été entendu il y a quelques jours par les enquêteurs de la Sûreté nationale et par le juge d’instruction du tribunal de Bab Ezzouar dans une affaire de détournement de grosses sommes d’argent faites par le sous-directeur central de ladite banque, qui est actuellement recherché, apprend-on d’une source judiciaire proche du dossier.


Le sous-directeur central de la BADR, Mustapha K., âgé de 60 ans et accusé de détournement de plusieurs sommes d’argent à la BADR, est actuellement en fuite à l’étranger, plus exactement en Espagne, selon nos sources judiciaires.


Ce cadre supérieur à la BADR a en effet détourné plusieurs comptes bancaires appelés comptes d’attente d’imputation, c’est-à-dire un compte particulier où le titulaire n’a pas effectué d’opération de retrait depuis plus de cinq ans.


Mustapha K., a, durant sa carrière professionnelle, exercé dans plusieurs postes à la BADR. Il a été notamment le directeur d’une agence de la BADR, à Alger, avant d’être nommé sous-directeur central de ladite banque publique. Profitant de son poste, l’homme recherché a détourné plusieurs comptes bancaires appartenant à des clients particuliers.


Durant son forfait, le sous-directeur central a utilisé les noms de ses amis et de ses proches afin d’arriver à ses fins.
Selon une source judiciaire proche du dossier, Mustapha K. a utilisé le nom de son oncle, de son épouse, de deux de ses amis ainsi que celui de l’épouse de son frère.


Durant ces opérations d’escroquerie et de faux et usage de faux, ce cadre supérieur de la BADR a volé plus de 1,2 milliard de centimes. Les enquêteurs de la police poursuivent leurs investigations. Mais comment ce cadre supérieur de la BADR a-t-il pu être démasqué après plusieurs années de détournement d’argent ?


L’affaire a commencé lorsque l’une de ses amies s’est rapprochée de lui, le 5 janvier 2015, pour lui demander un petit « service ». Ce jour-là, cette femme a sollicité le sous-directeur central de la BADR, lui demandant de lui faire un prêt de 10 millions de centimes. Profitant de son poste à la BADR, le sous-directeur central a alors appelé l’un de ses amis qui travaille dans une agence de cette banque à Alger pour lui demander de préparer 202 millions de centimes au profit d’un client qui détient un compte d’attente d’imputation à ladite banque.


En d’autres termes, Mustapha K. s’est servi de l’un des comptes d’attente d’imputation dont le propriétaire n’a pas donné signe de vie depuis plusieurs années. Le sous-directeur central a donc pu obtenir la somme demandée dans les « règles », loin d’éveiller les soupçons des employés de l’agence de la BADR d’Alger.


C’est ainsi qu’il a contacté la femme pour lui demander de se rendre à l’agence de la BADR afin de retirer l’argent. Une fois devant le guichet, l’amie du sous-directeur central a, en quelques minutes, récupéré l’argent. Elle fut cependant très surprise par le montant perçu.


Contactant par téléphone le sous-directeur central, la femme en question lui a expliqué qu’elle demandait seulement 10 millions de centimes au lieu des 202 millions qu’elle venait de retirer. Le cadre de la BADR lui a alors affirmé que le reste de l’argent était pour lui.


La plainte qui a dévoilé des années de détournements


Se sentant prise au piège, la femme s’est présentée à la Sûreté nationale pour déposer une plainte contre le sous-directeur central, de peur d’être accusée de vol d’argent. Aux enquêteurs, cette commerçante a tout expliqué.


Dès lors, les investigations ont commencé. Celles-ci ont permis de dévoiler plusieurs détournements de comptes d’attente d’imputation des agences des Eucalyptus, Pins-Maritimes, Chéraga, etc. par le sous-directeur central, Mustapha K.
Le mis en cause est actuellement en fuite en Espagne, son épouse, une avocate, a été entendue dans le cadre de cette affaire.

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