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Santé, une copie à revoir ?

10 mai 2016 | 22:07
Djamel Zerrouk

Accordant un « bon point » à l’Algérie pour ce qui est du système de santé, l’Organisation des Nations unies appelle toutefois à une rationalisation des dépenses de ce secteur névralgique de la politique sociale du pays, autrement dit à revoir à la baisse la facture du secteur.

En effet, c’est par la voie de son rapporteur spécial pour le « droit à la santé », Dainius Pûras, en mission en Algérie, que les Nations unies estiment que le pays devrait revoir la copie. M. Pûras appelle l’Algérie à « une rationalisation des dépenses autant que possible ».

Cette attitude, a-t-il soutenu, est « valable indépendamment de la crise financière, dans le sens où l’Algérie doit notamment renforcer les soins primaires, de sorte à ce que les cas modérés ne soient pas orientés vers le secteur privé ».

Le secteur de la santé en Algérie, qui a réalisé des « avancées impressionnantes », devrait rationaliser ses dépenses et adopter une approche participative impliquant l’ensemble des intervenants, plaide l’expert.

« Toutefois, l’Algérie gagnerait à adopter une nouvelle démarche tendant à rationaliser les dépenses », a expliqué le représentant onusien, lors d’une conférence de presse pour la présentation d’un rapport d’évaluation circonstancié du secteur, réalisé au terme d’une visite de deux semaines dans le pays.

« Il faut une politique de santé publique qui soit intersectorielle », a-t-il encore noté à ce propos, faisant savoir qu’autrement, les efforts du secteur pour l’amélioration de l’accès pour tous à la santé ne pourront aboutir.

La vision du rapporteur spécial suggère ainsi l’ouverture du secteur de la santé aux opérateurs privés. Ces derniers ont déjà investi ce secteur en ouvrant plusieurs cliniques dans différentes spécialités, ainsi que des centres d’imagerie aux prix carrément inaccessibles aux petites bourses.

La « privatisation » de la santé publique est régulièrement dénoncée, notamment par les syndicats de praticiens, qui accusent la tutelle de « démantèlement programmé du secteur public ». En février dernier, le président du SNPSP, Lyès Merabet, affirmait lors d’une conférence de presse que son syndicat était contre la privatisation « hasardeuse » du secteur de la santé, notamment dans les conditions actuelles des choses où le secteur public souffre de sérieux problèmes de dysfonctionnement.

Abondant dans le même sens, des analystes estiment que « l’Algérie ne devrait pas livrer » le secteur de la santé au privé, d’autant plus que l’écrasante majorité de la population ne peut accéder aux cliniques privées.

Des radios, des IRM et autres scanners sont excessivement chers, atteignant parfois une dizaine de millions de centimes pour certains types d’imagerie médicale. Commentant les déclarations du rapporteur spécial de l’ONU, un médecin spécialiste du secteur public estime que les « recommandations » de l’envoyé de Ban Ki-moon laissent entrevoir une « ingérence flagrante » dans notre manière de gérer ce secteur.

« Il est vrai que certains points soulevés par Pûras sont d’une extrême pertinence, mais sa recommandation visant à ‘’rationnaliser’’ les dépenses signifie baisse de budget public, c’est-à-dire qu’il faut s’attendre à plus de précarité pour les démunis ».

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