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Saâdani profite des divisions de ses adversaires

22 avril 2015 | 19:59
Saadani H. Rabah

Sentant la menace d’une offensive de ses adversaires au sein du comité central, le secrétaire controversé du FLN, Amar Saadani, prend les devants et lance sa contre-attaque. En quelques jours, Saadani mobilise les cadres dirigeants du parti et nomme certains d’entre-eux dans des postes importants en prévision de la tenue du Congrès du FLN, dont aucune date n’est encore validée.

C’est ainsi que bien avant la rencontre qu’il prévoit aujourd’hui avec les mouhafedhs du parti, les commissaires régionaux, Saadani a chargé l’ex-ministre Djamel Ould Abbès et le député milliardaire Mohamed Djemai, de superviser les préparatifs du congrès au niveau des wilayas de l’est du pays, notamment l’installation des commissions spécialisées chargées de préparer les rencontres régionales et les scrutins locaux pour désigner les délégués au Congrès.

Il nomma également dans la foulée le chef du bloc parlementaire, Tahar Khaoua et Zahali Abdelkader, un puissant dignitaire du parti dans la wilaya de Tipasa et membre du bureau politique, pour prendre en charge la coordination entre les députés de l’APN et les « sénateurs » du Conseil de la nation, dont le but est d’unifier les rangs et les voix.

Concernant l’étranger, Saadani s’est rabattu sur Yahia Hassani, un autre homme d’affaires (qui fut il y a quelques années président du club de football, le CRB), dont la mission principale est la supervision de l’installation des mouhafadhas en France, mais aussi dans toute l’Europe, notamment les pays à forte concentration de notre émigration, comme la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne et l’Angleterre. D’autres membres du bureau politique ont été également chargés par le SG du parti de la même mission à l’intérieur du pays.

Ces opérations organiques entrent dans le cadre de la guerre d’initiative qui se joue entre Saadani et ses adversaires, eux-mêmes divisés en trois et quatre clans. Des adversaires qui n’arrivent pas à s’organiser autour d’un front uni ou dans le cadre d’une coordination politique pour destituer Saâdani, dont ils contestent fortement la légitimité.

D’abord, il y a Belayat et ses partisans, qui cherchent depuis des mois une hypothétique autorisation de la part des services de la wilaya d’Alger pour tenir une session extraordinaire du comité central.

Ensuite, il y a les amis de Abada, ceux qui brandissent la revendication du retour à l’authenticité du parti et à son redressement, et après avoir scellé une alliance « contre-nature » avec Saâdani lors de la session controversée du CC du juin de l’année dernière, crient aujourd’hui à la trahison.

Ils viennent de revendiquer récemment d’un « bayane » virulent dans lequel ils dénoncent les « dérives » de Saâdani et les « risques d’implosion organique et politique » du parti. Puis, il y a eu le réveil de Belkhadem, l’ex-SG dont tout le monde pensait être entré dans une profonde hibernation. Depuis une semaine, on ne cesse dans le milieu du FLN d’évoquer son retour, d’autant qu’il jouit encore d’un bon soutien au sein du CC.

D’ailleurs, il revendiqua lors d’une rencontre privée de son soutien à une action concertée de la part des adversaires à Saâdani et la tenue d’un vote secret pour la désignation d’un SG légitime. Enfin, il existe cette nouvelle tendance, baptisée médiatiquement comme la troisième ligne du CC, qui vient de pondre une pétition beaucoup plus morale que politique. Un clan qui se dit « neutre et autonome », loin des querelles de clochers et au-dessus des « batailles d’intérêt ou d’idéologie ».

Avec ce maelström organique, avec ces clivages qui se creusent davantage, il semble bien que Saâdani nage à l’aise. Bien qu’il a du souci sur ces flancs, notamment avec la menace « secrète » du nouveau parti de Ali Benflis, l’ancien SG du FLN et qui a gardé des sympathies, Saâdani semble jouer sur du velours. Il mise cette fois sur les préparatifs du Congrès pour asseoir définitivement son pouvoir et arracher une légitimité politique et une légalité morale. 

La création de nouvelles mouhafadhas devrait lui octroyer au moins les trois tiers de voix lors du vote pour la désignation d’un nouveau SG, notamment lorsqu’on sait que les délégués votants du congrès doivent être issus eux-mêmes de ces mouhafadhas. De plus, ce sont ces délégués qui seront nommés au sein du nouveau comité central, l’instance stratégique du FLN.

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