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Rupture de médicaments : Le Snapo met en cause l’agence de veille

28 janvier 2019 | 21:11
médecins Lynda Louifi

Pharmacies et hôpitaux sont davantage frappés par la pénurie de médicaments. En dépit de l’existence d’une Agence nationale du médicament et d’une cellule de veille, doublée d’un Comité de concertation, le problème persiste.

La persistance de ruptures et de tensions sur certains médicaments continue à inquiéter les malades et leurs familles, a indiqué le président du Syndicat national des pharmaciens d’officines, Messaoud Belambri. S’exprimant hier lors de son passage sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, Belambri constate qu’en dépit de la présence de l’Agence nationale du médicament et d’une cellule de veille doublée d’un Comité de concertation, le problème posé par les pénuries de médicaments est resté en l’état. A propos plus précisément de la cellule de veille « censée, déclare-t-il, être un organe d’urgence », il considère qu’elle « n’a pas travaillé de la manière qu’il fallait ». De l’Agence nationale du médicament, il se demande, en outre, si elle dispose de suffisamment de moyens « pour fonctionner de manière efficace » pour pouvoir régler « la crise du médicament ».

Rappelant que ces ruptures « ne datent pas d’aujourd’hui », il note que les raisons à l’origine de cet état de fait ont été maintes fois identifiées, dont celle, dit-il, relative à la signature des programmes d’importation des produits de soins, faite cette année encore, de « manière tardive » et repoussant d’autant les délais de réception de ces derniers. « La crise », signale-t-il encore, touche également plusieurs autres médicaments produits localement soit, explique-t-il, en raison de l’abandon de leur fabrication « par des entreprises publiques et privées », soit par suite d’une production insuffisante. C’est le cas, précise-t-il, d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires, et de vitamines injectables, « indispensables ». Evoquant l’enveloppe financière, de quelques 2 milliards d’euros servant au financement des importations de produits de soins, l’invité se demande si elle est suffisante. D’un autre côté, il s’interroge si les importateurs « ont honoré les programmes d’importation en quantité et en qualité pour lesquels ils se sont engagés ». Selon lui, c’est tout cet ensemble de situations qui est à l’origine des tensions et autres ruptures affectant pas moins de 70 produits élaborés localement et 80 autres importés.

Pour mettre un terme à la pénurie de médicaments, le Dr Belambri estime indispensable de revoir tous les outils de suivi de cette filière, tout comme ceux relatifs à l’organisation d’une meilleure distribution. Il relève, par ailleurs, qu’il existe quelque 600 grossistes-distributeurs du médicament en Algérie, contre seulement quatre à dix dans des pays développés avec lesquels, souligne-t-il, les pharmaciens éprouvent des difficultés à travailler, en raison du problème d’indisponibilité de traitements.

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