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Réunion ministérielle : L’après Skhirat en question

18 décembre 2017 | 21:10
Hocine Adryen

Le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel prend part, depuis hier à Tunis, à la réunion ministérielle tripartite
(Algérie- Egypte-Tunisie).

Cette réunion, qui fait suite à celles tenues à Alger en juin 2017 et au Caire en novembre 2017, a été l’occasion pour les trois ministres d’examiner les derniers développements de la situation dans ce pays ainsi que les voies et moyens à même de permettre aux trois pays de soutenir les efforts de règlement que conduisent les Nations unies.

Dans ce cadre, les trois ministres ont souligné que l’arrivée à échéance de l’accord politique libyen de Skhirat, au Maroc, qui a montré ses limites, ne doit en aucun cas signifier l’abandon de cette base juridique qui reste le seul cadre pour la recherche d’une solution politique à la crise libyenne, d’autant plus que le Conseil de sécurité des Nations unies a réaffirmé la continuité de cet accord.

Les trois ministres ont relevé la gravité de la situation dans la région avec notamment « le retour des combattants terroristes » étrangers et l’expansion de la menace terroriste et du crime organisé. 

La réunion a été sanctionnée par un communiqué conjoint qui dégage une convergence de vue entre les trois pays quant au soutien au processus de règlement de la crise dans le cadre de l’accord politique libyen. La nécessité de poursuivre la consultation régulière entre les trois pays a également été mise en exergue.

Le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen d’union nationale, Faïz Sarraj, attend de l’Algérie qu’elle joue un plus grand rôle dans le règlement de la crise libyenne. Lors de sa visite dimanche à Alger, il a demandé à son homologue algérien, Ahmed Ouyahia, d’être plus entreprenant dans la région.

Selon des sources diplomatiques citées par un média arabe paraissant à Londres, Sarraj compte surtout sur les Algériens pour qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour convaincre l’Egypte de soutenir le plan de règlement de l’ONU. Les mêmes sources diplomatiques soutiennent que le responsable libyen a été d’une grande franchise avec ses interlocuteurs algériens.

Il a ainsi accusé notamment certains pays de la région de tenir un double discours à l’égard de la Libye et de chercher à imposer leur propre agenda aux Libyens. Selon lui, il y a une volonté claire d’empêcher les Libyens de se rendre aux urnes ainsi que le propose l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé.

Faïz Sarraj a également attiré l’attention du gouvernement algérien sur le fait que la question du terrorisme en Libye est actuellement instrumentalisée par certaines parties pour empêcher toute possibilité de réconciliation interlibyenne à moyen terme. Le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort du pays, a déclaré à la télévision lors de la célébration du deuxième anniversaire de l’accord politique de Skhirat que ses accords « n’avaient plus lieu d’être ».

Un accord de Skhirat qui n’est plus que « de l’encre sur du papier », un gouvernement d’union nationale dont « la légitimité a été remise en cause dès le premier jour ».

L’accord de Skhirat donnait deux ans au gouvernement d’union nationale pour mettre fin à la division politique. Constatant l’échec, l’officier militaire a donc annoncé sa mort à la télévision. Khalifa Haftar prône une politique de la table rase, dans laquelle son armée serait la seule institution capable de répondre à « la volonté du peuple libyen libre ».

L’ONU, elle, ne fait pas le même constat. Ghassan Salamé, le chef de la mission des Nations unies en Libye, a de nouveau martelé dimanche dernier que le processus politique était « la seule voie pour la stabilité et l’unité du pays ».

Pour le diplomate, l’objectif demeure la tenue d’élections, notamment présidentielle, en 2018.
Khalifa Haftar s’est dit prêt à participer à ces élections. Mais à ses conditions. Il ainsi exigé que la commission électorale s’installe ailleurs qu’à Tripoli. Une ville qu’il juge sous la mouvance islamiste.

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