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Réunion de la tripartite : Comment sortir de la crise ?

4 juin 2016 | 18:53
Z. M.

La 19e tripartite, qui réunit le gouvernement, la centrale syndicale (UGTA) et le patronat, se déroule aujourd’hui à Alger dans un contexte marqué par le raffermissement des cours du pétrole sur le marché mondial qui ont franchi la barre de 50 dollars le baril, après une chute qui a lourdement pesé sur le budget de l’Etat.

Le nouveau modèle économique pour sortir le pays de l’économie de rente sera au cœur de cette rencontre. Le gouvernement et ses partenaires économiques et sociaux traiteront également deux grands dossiers d’actualité.

Il s’agit bien entendu de l’évaluation du pacte économique et social dans les volets investissement et emploi et du réajustement du système des retraites.

Le nouveau modèle de croissance économique annoncé par le gouvernement depuis plusieurs mois devra être décortiqué, des recommandations pour diversifier l’économie nationale et sortir l’Algérie de son statut de monoexportateurs seront proposées par les experts économiques qui ont pris part à cette rencontre.

Le vice-président du Cnes, Mustapha Mekideche, a affirmé dans ce contexte que le concept d’un modèle économique, tel qu’il avait été perçu par le Conseil national économique et social, se base sur six fondamentaux : la réindustrialisation, la rigueur budgétaire, la liquidation progressive des rentes et des activités informelles, la mise à plat du système des subventions, l’amélioration du climat des affaires et l’émergence d’un secteur privé national productif.

« L’essentiel de ces fondamentaux a été pris en considération par le comité de rédaction du texte portant sur le modèle économique de croissance et endossé par les pouvoirs publics », a-t-il affirmé hier dans une déclaration à l’APS, en soulignant la nécessité de la mise en œuvre effective de ce nouveau modèle, même si les prévisions sur la place financière évoquent une remontée des prix de l’or noir.

« Les enjeux de la prochaine tripartite sont existentiels pour le pays et toute sous-estimation de l’ampleur et de la durée de la crise relève de l’irresponsabilité, car les prévisions d’une remontée des cours autour de 70 à 80 dollars pour la fin 2016 ne relèvent, pour sa part, que de spéculations non fondées », a-t-il averti.

La dynamisation de la production nationale permet la réévaluation du dinar

Pour l’économiste Mohamed-Chérif Belmihoub, l’Algérie est en crise. Et dans une telle situation, une politique économique doit s’articuler autour d’une stabilisation financière par la rationalisation des dépenses et la maîtrise de la dérive du taux de change du dinar, et d’une dynamisation de la production nationale.

Pour réaliser ces objectifs, cet économiste a préconisé la limitation du déficit budgétaire à travers la rationalisation de la dépense et la diversification des sources de financement.

Il a également mis en garde contre la détérioration continue de la balance commerciale en évitant les dépenses inutiles et évitables qu’il qualifie de dépense de « prestige ».

Sur le plan monétaire, il a relevé la nécessité de freiner la dévaluation continue de la monnaie nationale. « Notre économie n’est pas compétitive, et si nous poursuivons cette dévaluation du dinar, nous allons encore réduire cette compétitivité car notre production, qui dépend des matières premières importées, sera plus chère », a-t-il prévenu.

Quant à la mise en place d’une industrie performante, elle devrait, selon lui, passer par une liberté totale de l’investissement productif mais accompagnée de contrats de performance exigeant de l’investisseur la réalisation d’un certain nombre d’objectifs en contrepartie des facilitations accordées.

Cet économiste recommande aussi une flexibilité du marché de l’emploi. « Il faut permettre aux entreprises de recruter pour trois mois, pour six mois, une année. Car si l’on continue à leur imposer des contrats indéterminés, elles iront vers l’informel et c’est l’économie qui en sera la perdante. »

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