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Retour des « tacots » européens sur nos routes

19 septembre 2016 | 19:55
Amine B.

Si au temps de la grâce financière, et lorsque les comptes de la Banque centrale n’affichaient que du vert, on pouvait se permettre le luxe d’exiger du neuf, les temps des vaches maigres ont bien fini par faire raviser les décideurs : désormais l’Algérie pourrait redevenir la « poubelle des fabricants de véhicules » installés de l’autre côté de la grande bleue. Et pour cause ! Les sombres perspectives du marché de l’automobile en 2017 font craindre le pire.

Au moment où des dizaines de concessionnaires sont dans l’expectative, dans l’attente du sort que l’on veut leur réserver après les balises placées à l’importation de véhicules neufs, voilà que le gouvernement est sur le point de leur offrir « un cadeau » qui, curieusement, risque fort bien de ressembler à un coli piégé.

A la place d’un cahier des charges règlementant l’importation du neuf, l’on mijote un document pour « l’organisation » d’un retour du négoce du vieux.

Le projet de loi de finances pour 2017 pourrait en effet « ré autoriser » l’importation de ce type de véhicules. C’est le ministre du Commerce lui-même qui l’a laissé entendre hier à Alger.
Bakhti Belaïb a annoncé que le gouvernement a décidé, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2017, de lever l’interdiction d’importation de véhicules d’occasion mais sous certaines conditions.

« On va lever cette interdiction et élaborer un cahier des charges bien précis qui permet de ne pas importer des véhicules représentant des dangers à la circulation. C’est-à-dire que nous allons autoriser l’importation de ces véhicules sous conditions », a-t-il souligné.

Même si l’on avance d’ores et déjà que des conditions seront exigées pour les postulants à ce commerce dont l’aspect juteux est un secret de Polichinelle, l’absence d’offres suffisantes de véhicules neufs fera, à n’en point douter, exploser en un temps record un « souk « institutionnalisé.

Sachant que seuls quelques privilégiés s’offriront le luxe d’investir le créneau du neuf qui désormais, est tributaire des capacités des postulants à développer en parallèle un créneau industriel -condition sine qua non pour espérer décrocher le fameux sésame d’importation de véhicules fraîchement sortis d’usine-.

Est-ce aussi faire preuve de naïveté que de croire que le marché de l’occasion ne puisse pas être récupéré par des réseaux déjà bien rodés depuis des lustres aux manœuvres et « trafic » de ce type de véhicules.

Le ministre veut paraître rassurant. Il fait savoir que les pouvoirs publics examinent actuellement les formules à travers lesquelles ce souk de « vieux carrosses « sera organisé, en avançant que ce marché sera soit laissé au distributeur et au concessionnaire uniquement, soit il sera ouvert également à d’autres intervenants. Pour Bakhti Belaïd, le marché d’occasion pourrait permettre d’importer des véhicules plus performants et beaucoup moins chers que certains véhicules neufs importés.

Ailleurs, si le marché est bien contrôlé, c’est qu’aussi les fabricants de véhicules eux-même se sont mis de la partie. Des milliers de véhicules sont récupérés par les grandes firmes, retapés et leur moteur, apport technologique aidant, révisé. Et certains ne manquent pas de soumettre leurs « vieilles-neuves » machines à des certifications reconnues.

La perspective de remettre sur le marché algérien ce type d’automobiles pourrait aussi échapper à tout contrôle nonobstant les balises prévues, dont l’âge qui sera, à n’en pas douter, limité à trois ans au plus, ou encore la condition, attendue au demeurant, que les postulantes à l’entrée sur les routes cabossées, cahotées et autres bosselées du réseau routier algérien soient soumises à un contrôle technique spécial.

Sous d’autres cieux, seuls les véhicules vendus neufs in situ sont candidats à l’entrée dans le circuit du marché de l’occasion, rares en effet sont les pays qui autorisent l’importation de vieux carrosses.

Reste que l’annonce du ministre fera tache d’huile en attendant sa concrétisation. Mais, d’ici là, beaucoup d’encre aura coulé et, en attendant, concessionnaires et professionnels et même particuliers resteront sur le qui-vive, dans l’attente de ce que leur réservera le fameux cahier des charges.

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